De la dévotion et des idoles

De la dévotion et des idoles

Pourquoi elle reste ?

Parce qu’elle ressent ça :

https://www.youtube.com/watch?v=jgPMYQTINNk

 

Pourquoi il fait n’importe quoi ?

Parce qu’il veut qu’on le regarde comme ça :

https://www.youtube.com/watch?v=ZqN9aS2S3L0

 

Voire pourquoi pas, tout ça:

https://www.youtube.com/watch?v=L6Jnw2dpLW4

Le film Sister Act (1992) a démontré que la dévotion avait le même goût, qu’elle soit chantée dans l’espace du sacré ou du profane, en convertissant pour l’église catholique une chanson initialement chantée par une adolescente (de 15 ans) hypersexualisée (diplomatiquement), en 1963, soit l’année de l’assassinat de JFK.

https://www.youtube.com/watch?v=pFSCVfDpdZQ

Avec I Will Follow Him, le clou du show, Sister Act montrait le visage de la dévotion, et expliquait à la fois pourquoi des sœurs ont semble-t-il perdu leur cœur en commentant des atrocités « au nom de l’Église », comment des frères ont été embarqués dans des relations odieuses, depuis Dieu seul sait combien de générations suivant le Christ, et comment des mères et des pères se sont convaincus que leurs élans incestueux pour leur progéniture, laquelle les regardait avec la dévotion caractéristique de l’amour d’un enfant envers ses parents, étaient à l’image de l’amour fraternel que Jésus partageait avec ses disciples.

 

La dévotion est la dévotion est la dévotion.

Peggy March (1963)

Wendy Makkena (1992)

&

The Disciple Whom Jesus Loved (c. A.D. 85-95)

L’ont incarné.

 

La dévotion est un sentiment puissant, and that’s an understatement.

John, ou The Disciple Whom Jesus Loved, peint dans un élan de dévotion

 

[x]

Marie, incarnation de la dévotion maternelle

 

[x]

Christine de Pizan, poétesse de la dévotion de la veuve bien-aimée

Qui a la fois et qui sait que son bien-aimé l'attend de l'autre côté

 

[x]

Julian of Norwich, poétesse de la dévotion qui a tout perdu, et a vu

La lumière en mort imminente, comme l'image de Jésus avec une noisette

Souriant, bienveillant

Assez pour retourner vers la vie et la passer, cloitrée, à méditer sur le sacré

 

[x]

Etty Hilesum, juriste dévouée à son thérapeute, jusqu'à lui vouer 

Une dévotion radicale, pour ne pas dire complètement chtarbée

 

 

[x]

Sainte Thérèse de Lisieux, incarnation de la dévotion pour l'amour de Dieu

 

Embarkation of the Pilgrims, by Robert Walter Weir (1857)

Aseptiser les relations d’affaires et de travail, et prétendre que la foi et l’amour n’y ont pas droit de cité, c’est d’une aberration semblable à celle qui prône la sécularité sans offrir d’alternative au sacré.

Faites société !

Oui, mais au nom de quoi ? Si ce n’est pas Dieu que l’on suit, on suit qui ?

Sans la foi, on sert à quoi ? Sans la foi, on vit pour quoi ? Sans la foi, on défend quoi ?

Kronk, de The Emperor's New Groove,
Archétype d'un employé dévoué, accompagné d'un écureuil

 

***

 

La dévotion, c’est agréable, à susciter comme à ressentir.

Qui le dirait ?

N’importe quelle personne qui a aimé et été aimée en retour.

Peut-on ressentir trop de dévotion ?

Si on en vient à commettre l’irréparable en son nom, probablement.

Peut-on susciter trop de dévotion ?

Si l’on en croit les artistes et gestionnaires, assurément.

 

Comme George Washington partageant, en confidence, “that [his] movements to the chair of [text is crossed out] government will be accompanied by feelings not unlike those of a culprit who is going to the place of his execution; so unwilling [is he], in the evening of a life [text is crossed out] nearly consumed in public cares, to quit a peaceful abode for [text is crossed out] an Ocean of difficulties, without that competency of political skill, abilities & inclination which is necessary to manage the helm.”[1]

Comme Elvis Presley esquissant un sourire forcé après avoir récupéré sa main, dans une violence qui semblait passer au-dessus de toutes ces femmes qui l’adulaient, notamment à Honolulu, en 1973, soit quatre ans avant sa mort à 42 ans : https://www.youtube.com/watch?v=GSaxhqJG1Mw


Comme Daniel Balavoine, démontrant par son interprétation, sa composition, et l’écriture de sa chanson Le Chanteur en 1978, à 26 ans (seulement), la futilité des mouvements de groupies à son effigie, soit une dévotion exacerbée rendant sa vie pas jolie-jolie, soit une dévotion généralisée lui laissant le désir de « mourir malheureux », ce qui arrivera pour lui comme pour le Christ, à 33 ans (seulement). Un jeune âge, selon certaines échelles, pour partir après avoir compris et cerné la vanité qui poursuit l’homme qui sait lever les foules, à commencer par le désir des adolescentes et des femmes, trompant leurs maris « dans leurs rêves maudits » :

https://www.youtube.com/watch?v=0aWzn5DISm0

 

Pourquoi abolir les idoles ? Pour éviter ce phénomène.

Pourquoi Mahomet refusait l’idolâtrie de sa personne, notamment son image ?

Car les sagesses de son message étaient dans la poésie du Coran, lequel est autosuffisant pour qu’un musulman entende la voix de Dieu dans ses récitations.

Pour les Chrétiens, il en va autrement.

Comme tout messie, Jésus était philosophe et poète lui aussi. Il usait d’analogies et faisait des sermons. Mais Jésus n’a laissé aucun écrit, ni aucune chanson. Pour entendre son message, il faut passer par le truchement des récits de ses apôtres, lesquels ont écrit leurs lettres et évangiles composant le Nouveau Testament plusieurs dizaines d’années après la crucifixion, dans plusieurs langues, pour différents publics, dans différents contextes, en pleine persécution. Même une fois compilées, ces écritures ne restaient à la portée que de ceux qui savaient lire, dans des langues savantes, et celles qu’on instruisait, au même titre que leurs frères.

Les opportunités de détournement du message du Christ, en permettant l’idolâtrie et les abus de pouvoir, sont ainsi consubstantielles au fait que Jésus n’a pas écrit ni récité, et que ce qui a été compilé comme sacré et reflétant son message n’a pas été écrit comme la Torah et le Coran, i.e. en poésie, soit d’une façon permettant la récitation.

Aux barrières d’entrée dans les sagesses du texte, par l’analphabétisme ou l’écrémage du message, notamment, s’ajoute le traitement de l’amour et de l’affection à travers le Nouveau Testament, puisque Jésus, d’après la Bible, avait une panoplie d’amis, mais aucun amant, ni aucune amante, et que ses amis s’écrivent en s’envoyant des « holy kisses », lesquels ont certainement contribué à la perplexité de parents, d’enfants, de fidèles, et de croyants, quant à la gestion du phénomène de la dévotion suscitée par l’amour, à commencer par l’amour pour Dieu, lequel ricoche et se reflète sur les personnes en position d’incarner le pouvoir de Dieu, notamment les parents, les enseignants, les membres du clergé, et, dans une société sécularisée, les dirigeants, tout simplement.



[1]Letter Signed (“G. Washington”), as President-Elect, being a draft; 1 page, quarto, Mount Vernon, April 1, 1789. To Major General Henry Knox : https://www.shapell.org/manuscript/george-washington-letter-presidency-death-sentence/

 

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Sarah Catherine Megas

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