Le bruit du silence sonne comme ça, chez Sarcasme Limitée
Sarcasme Ltée.
La bombe à retardement est là.
Prions pour que cela fasse WOW ! smiley face, et non WOW ! hangry face.
Du monde qui parle français, du monde qui parle pas français.
Une population vieillissante qui a connu l’humiliation, en mode smiley face :
Le sarcasme était jadis de mise.
De moins en moins de bébés, de plus en plus de bébelles
De plus en plus de bébelles, de moins en moins de bébés
De plus en plus de bébelles pour les nouveaux bébés
Un rapport bébé/bébelles en chute libre, une ribambelle
De bébelles pour les bébés, et toujours moins de bébés
Toujours moins de bébés, toute une ribambelle de bébelles
Le sarcasme = « Check ta bébelle ! Check ma bébelle ! Check sa bébelle ! »
Une immigration de masse avec des réfugiés comme jamais
Une population vieillissante qui a connu l’humiliation, en mode smiley face
Mille quelques clochers, des églises vidées
Des prières interdites, des eucharisties refusées
« T’as pas fait ceci, t’as fait cela, pas d’hostie pour toi !
Ah ! Ah ! Ah ! LOL ! Smiley face !
Et j’te fais l’coup devant tout l’quartier, histoire de bien t’humilier »
Une population qui a connu une fracture spirituelle
L’humiliation passant notamment par l’Église, par le travail, et par la famille
Soient trois piliers d’une « identité » et d’une « communauté »
Le sarcasme ne fait pas belle compagnie.
Le sarcasme aime s’en prendre à l’identité.
Le sarcasme aime s’en prendre à la communauté.

Une immigration de masse avec des réfugiés comme jamais
Du monde qui parle français, du monde qui parle pas français
Du monde qui croit, qui y croit, qui a rêvé du jour où enfin ils arriveraient
Du monde qui débarque, qui regarde autour, et qui dit : « WOW ! »
Du monde qui débarque, qui regarde autour, et qui dit : « MERCI ! »
Du monde qui débarque, qui regarde autour, et qui dit : « COMMENT J’PEUX AIDER ?! »
Du monde qui croit, qui y croit, qui a rêvé du jour où enfin ils arriveraient
Du monde qui parle français, du monde qui parle pas français
Une immigration de masse avec des réfugiés comme jamais
La bombe à retardement est là.
Prions pour que cela fasse WOW ! smiley face, et non WOW ! hangry face.

Le sacarsme aime repousser ce qui est différent.
Le sacarsme aime écraser ce qui est séduisant.
Le sacarsme aime se moquer, c’est sa façon d’humilier.
Le sarcasme ne peut pas s’empêcher d’humilier, c’est sa façon d’exister.
La bombe à retardement est là.
Prions pour que cela fasse WOW ! smiley face, et non WOW ! hangry face.

Du monde qui parle français, du monde qui parle pas français
Du monde qui parle de belles langues, notamment le langage de l’amour
Du monde qui arrive la gratitude sur la face, le cœur en avant, la main à l’ouvrage
Une immigration qui arrive des quatre coins du monde, un cocktail de diversité
Du monde qui arrive avec des histoires, des espoirs, et de la bonne volonté
Du monde qui parle français, du monde qui parle pas français
Du monde qui arrive et n’a souvent pas la moindre idée de ce qui lui pend au nez
Avec l’hiver qui s’en vient, lequel est chien, pas peu près, sur les locaux, comme sur les immigrés
Un hiver qui jadis, tuait le monde s’il n’eut été de la collaboration et de l’aide des peuples
Qui n’ont jamais cédé leur territoire, et ont bien souvent aidé, à l’accueil, à l’adaptation
À la compréhension du territoire, à la survie de l’hiver, au tissage des communautés
Du monde qui parlait français, du monde qui parlait pas français
Du monde qui a été trahi, pillé, massacré, et en face, à côté, du monde qui subissait aussi
À l’église, au travail, à la maison
Notamment, quand il y avait tellement de marmots que le père buvait et la mère aussi
Notamment, quand il y avait tellement de marmots que le père criait et la mère aussi
Notamment, quand il y avait tellement de marmots que le père frappait et la mère aussi
À l’église, au travail, à la maison
Du monde qui a été trahi, pillé, massacré, et en face, à côté, du monde qui subissait aussi
Du monde qui parlait français, du monde qui parlait pas français

Le sacarsme aime repousser ce qui est différent.
Le sacarsme aime écraser ce qui est séduisant.
Le sacarsme aime se moquer, c’est sa façon d’humilier.
Le sarcasme ne peut pas s’empêcher d’humilier, c’est sa façon d’exister.
Du monde qui jusqu’à v’la pas si longtemps était maintenu encabané
Du monde qui jusqu’à v’la pas si longtemps n’avait pas tant voyagé
Du monde qui jusqu’à v’la pas si longtemps n’était pas tant qu’ça éduqué
Le sarcasme ne peut pas s’empêcher d’humilier, c’est sa façon d’exister
Des hommes qui arrivent à l’heure du bilan, dont on sait qu’il tire la courbe de leur injustice

« Le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé
Qui aurait pu s'imaginer qu'le temps serait si vite écoulé
On fait l'bilan, calmement, en s'remémorant chaque instant
Parler des histoires d'avant comme si on avait 50 ans »
Le bilan, Les Neg'Marrons (2000)
Le rapport des hommes au suicide devrait soulever l’indignation, et qu’on se serre les coudes
Au lieu, c’est la honte. Ils s’isolent, et quand ils se voient, ils se blessent et se ridiculisent
Car ils ont appris le jeu de l’écrabouillage de la honte, en mode Darth Vador
Plutôt que l’art de l’esquive de la poésie, en mode Zorro, Jiminy Cricket, Robin des Bois, etc.
Le sacarsme aime repousser ce qui est différent.
Le sacarsme aime écraser ce qui est séduisant.
Le sacarsme aime se moquer, c’est sa façon d’humilier.
Le sarcasme ne peut pas s’empêcher d’humilier, c’est sa façon d’exister.
La poésie aime célébrer ce qui est différent.
La poésie aime encenser et trouve la vie séduisante.
La poésie aime sourire du sort de celui qui est foudroyé par la beauté.
La poésie voit la beauté partout, alors elle lui sourit : c’est sa façon d’exister.

La bombe à retardement est là : qui l’emportera ? Le sarcasme ou la poésie ?
Limiter le sarcasme, encourager la poésie ?
Brider la poésie, favoriser le sarcasme ?
S’en sacrer, sacrer, et penser :
À s’acheter des bébelles ?
À faire des bébés ?
À acheter ?
À faire ?
β

Pour donner un coup de pouce
À la poésie qui part avec un cran de retard
Puisque le sarcasme avait jadis droit de cité
Deux maîtresses dans l'art d'exprimer et d'incarner
Le poids qui pèse sur les épaules de celui, comme de celle
Qui voudrait ben aider, mais qui ne sait ni n'oserait imposer
Simone Weil, en date de 1943, à 34 ans, quelques mois seulement
Avant d'être emportée par le poids des trois principaux fardeaux qu'elle traînait

Charlotte Cardin, en deux mille vingt-et-un
Avec Anyone Who Loves Me, écrit et composé en pleine pandémie
Ce qui s'applique fort bien
Aux hommes écrabouillés
Aux femmes, aux immigrés
Aux peuples des territoires jamais cédés

Savato Kiriako, sans sarcasme, promis-juré, croix de bois, croix de fer