Let our Men be Gentlemen

Let our Men be Gentlemen

Les premiers témoins de la dévotion exacerbée ?

Nos chanteurs !

 

On vous amène une demande en poème

Avant de vous l'envoyer, on vous laisse méditer sur la poésie d'un maître qui nous a précédées.

On vous revient avec la suite dans quelques temps.

 

Pour envoyer valser des enjeux sociaux contemporains, quelles leçons pouvons-nous tirer du chef-d'oeuvre de Daniel Balavoine intitulé Le Chanteur, arrivé sur terre en 1979 à travers l'âme d'un homme, lui-même chanteur et terrien en détresse, d'une popularité gigantesque à son époque et d'une importance fondamentale pour la prospérité et la postérité ?

 

En vidéo, l'uppercut est celui-là :

 

Et par la voix seulement, le coup vient comme ça :

Et pour les paroles seulement, histoire de s'faire ses propres histoires

 

J'me présente, je m'appelle Henri
J'voudrais bien réussir ma vie, être aimé


Être beau, gagner de l'argent
Puis surtout être intelligent
Mais pour tout ça il faudrait que j'bosse à plein temps


J'suis chanteur, je chante pour mes copains
J'veux faire des tubes et que ça tourne bien, tourne bien


J'veux écrire une chanson dans le vent
Un air gai, chic et entraînant
Pour faire danser dans les soirées de Monsieur Durand

***

Et partout dans la rue
J'veux qu'on parle de moi
Que les filles soient nues
Qu'elles se jettent sur moi

Qu'elles m'admirent, qu'elles me tuent
Qu'elles s'arrachent ma vertu

Pour les anciennes de l'école
Devenir une idole

J'veux que toutes les nuits
Essoufflées dans leurs lits
Elles trompent leurs maris

Dans leurs rêves maudits

***


Puis après je ferai des galas
Mon public se prosternera devant moi

Des concerts de cent mille personnes
Où même le tout-Paris s'étonne
Et se lève pour prolonger le combat

***

Et partout dans la rue
J'veux qu'on parle de moi
Que les filles soient nues
Qu'elles se jettent sur moi


Qu'elles m'admirent, qu'elles me tuent
Qu'elles s'arrachent ma vertu

***

Puis quand j'en aurai assez
De rester leur idole
Je remonterai sur scène
Comme dans les années folles

Je ferai pleurer mes yeux
Je ferai mes adieux

Et puis l'année d'après
Je recommencerai
Et puis l'année d'après
Je recommencerai

***

Je me prostituerai
Pour la postérité

***

Les nouvelles de l'école
Diront que j'suis pédé
Que mes yeux puent l'alcool
Que j'fais bien d'arrêter

Brûleront mon auréole
Saliront mon passé

Alors je serai vieux
Et je pourrai crever
Je me chercherai un Dieu
Pour tout me pardonner

J'veux mourir malheureux
Pour ne rien regretter

J'veux mourir malheureux

 

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