Lettre explicative accompagnant le formulaire de plainte pour harcèlement

Destinataire : Toi
Autrice : Moi
Objet : Lettre explicative accompagnant le formulaire de plainte pour harcèlement
Date : Aujourd’hui
Lieu : Lettre rédigée à Ottawa, soit le territoire non cédé de la Nation algonquine anishinabe, présente en ces lieux depuis des temps immémoriaux
Toi,
Par cette lettre, j’aimerais préciser les évènements dont j’ai été témoin et les comportements dont j’ai fait l’objet qui m’ont amenée à déposer une plainte pour harcèlement à l’encontre de cette personne.
En espérant le tout conforme, et dans l’attente de votre retour.
Fondement
J’ai déposé cette plainte auprès de vous en application de la Partition de prévention du harcèlement et de réception des doléances (la Partition).
Harcèlement psychologique
À la lumière des termes de la Partition, j’estime subir, depuis 6 mois, un harcèlement d’ordre psychologique exercé à mon encontre par cette personne, haut placée, exerçant au sein de l’équipe spécifique, laquelle est rattachée à la pratique des généraux.
Harcèlement discriminatoire
Puisque certains de ces comportements faisaient explicitement référence à une situation de handicap qui me concerne et que j’ai dévoilée à plusieurs représentants de l’environnement, incluant cette personne, j’estime également faire l’objet, depuis 6 mois, d’un harcèlement discriminatoire, au sens de la Partition.
Situation de handicap dévoilée
En effet, j’ai dévoilé à l’environnement et ses portes-drapeau ma situation de handicap dès l’étape d’entrevues de recrutement, donc avant d’être employée icitte. J’ai ensuite rappelé l’existence de ce handicap à de multiples reprises dans le cadre de mon emploi icitte, notamment chaque fois qu’un formulaire me demandait de déclarer et de préciser la nature d’un handicap dont je serais grevée, tel un formulaire de gestion des humains qu’il m’a été demandé de dûment remplir et signer, si je ne me trompe pas, dès ma première semaine à l’emploi icitte.
Harcèlement discriminatoire concernant les moyens mis en œuvre
Au demeurant, auprès de mes collègues, il m’est arrivé, à un nombre de reprises si vaste que je ne saurais le calculer, de faire référence aux moyens par lesquels j’avais appris et continuais d’apprendre à tourner ce handicap en atout. Notamment, j’ai expliqué, sous plusieurs angles, à la majorité des membres de la famille d’icitte avec lesquels j’ai été amenée à collaborer:
- Les manifestations de ce handicap
- Les limites et les opportunités que ce handicap pouvait présenter
Notamment, j’ai apporté des précisions et attiré l’attention sur mes méthodes de raisonnement et d’interactions avec les autres, incluant la façon dont je collecte et retiens les informations et m’intéresse à un enjeu pour le comprendre.
Si certains pourraient voir dans ces méthodes des formes d’excentricité qu’il conviendrait de recadrer, c’est justement parce que le propre de mon handicap (lequel a été diagnostiqué en bonne et due forme par un médecin expert en la matière[1]) est d’affecter les zones de mon cerveau impliquées dans l’exercice des fonctions dites exécutives : le cortex préfrontal, les ganglions de la base, le système limbique et les réseaux du mode par défaut, entre autres, ainsi que les niveaux de neurotransmetteurs nécessaires à la prise de décision, tels la dopamine et la noradrénaline.
[1] Dr. Unetelle, CEO d’un centre spécialisé et reconnue par ses pairs
Autrement dit : depuis que je suis à l’emploi icitte, je me suis efforcée de chercher à comprendre les manifestations de mon handicap et d’explorer des façons de pallier les enjeux qu’elles peuvent occasionner dans un contexte de travail, en particulier un environnement rigide comme icitte.
Environnement rigide
En effet, puisque j’avais travaillé au sein d’un environnement rigide de renommée internationale avant de considérer joindre mes forces à celles d’icitte, j’étais familière avec la façon dont les manifestations de mon handicap risquaient de se heurter aux manières de faire et aux attentes propres à un système d’organisation du travail qui a été pensé, développé, renforcé et encouragé par des personnes confortables dans un environnement rigide, pour des personnes confortables dans un environnement rigide, depuis des générations.
En clair : j’ai déclaré mon handicap et j’ai expliqué à maintes reprises que ce handicap pouvait occasionner des tensions dans mes relations interpersonnelles (telles que de l’incompréhension et des erreurs de communication), précisément parce que je ne pense pas comme la majorité des gens au sein de la population générale.
Il s’agit d’un handicap parce qu’il en existe un diagnostic, et des chercheurs ont développé les outils de diagnostic de ce handicap puisque le cerveau de la majorité des gens n’est pas fait, structurellement, comme celui des personnes qui, comme moi, répondent aux critères de diagnostic.
A fortiori, il existe un écart significatif entre la structure de mon cerveau et celle d’une grande partie de ceux qui s’orientent dans des carrières pour personnes confortables dans un environnement rigide. La majorité de ces gens ont un rapport à l’attention radicalement opposé au mien.
Concrètement
J’ai prévenu cette personne, à plusieurs reprises, que grâce à cette différence, attribuable en grande partie à mon handicap, j’allais avoir une façon tout à faire originale de comprendre les besoins d’une situation, d’un client, ou d’un prospect, de circonscrire les enjeux, d’évaluer les pistes de solution applicables et de déterminer les actions à entreprendre dans l’exécution de mon travail.
J’ai également prévenu une personne qui travaille pour cette personne et en qui j’avais éperdument confiance, à titre de responsable de mon évaluation, que dans l’exécution de certaines tâches, mon cerveau était si différent de la norme, que la docteure qui a diagnostiqué mon handicap avait attiré mon attention sur cette différence. Je pense en avoir fait par à cette personne en qui j’avais éperdument confiance, à plusieurs reprises, mais je me souviens surtout de lui avoir au moins une fois expressément indiqué la nature de cet enjeu en lui lisant à voix haute l’extrait pertinent du rapport diagnostic, lequel utilisait des termes scientifiques que cette personne en qui j’avais éperdument confiance était en mesure de comprendre puisqu’avant de s’orienter vers un environnement rigide, cette personne en qui j’avais éperdument confiance travaillait dans un domaine qui comprend le fonctionnement des cerveaux.
En lui faisant part de cette information, j’ai décrit à cette personne en qui j’avais éperdument confiance la douleur mentale que m’infligeait le fait d’exécuter certaines tâches, notamment les tâches de nature répétitives et certaines formes de travaux de réconciliation.
Facile
J’ai bien conscience que cela peut sonner complètement fou, ou qu’au mieux, certains puissent y voir une bien belle justification à la fainéantise. C’est précisément parce qu’il se fait souvent confondre avec un flagrant manque de volonté que j’ai dû passer, pendant près d’un an, à travers une batterie de tests avant de recevoir le diagnostic officiel de ce handicap.
Ceux qui seraient tentés de ne voir dans l’invocation de mon handicap et de ses conséquences qu’une apologie de la paresse et de la désobéissance ne seraient, bien tristement, pas les premiers à juger avec conviction les tenants et les aboutissants d’une condition qui les dépasse. Invalider les perspectives de celles et ceux qui vivent avec mon handicap et les réduire à une excuse grotesque et frivole, c’est être aussi bien informé et curieux qu’un point sur une feuille qui se moquerait de l’idée d’un objet en 3D.
En bref : avant même d’intégrer cet environnement, et ensuite, depuis que je suis employée icitte, je me suis efforcée d’expliquer à cette personne que dans le contexte d’icitte, j’étais une source inépuisable d’innovation puisque la probabilité était infinitésimale que les idées qui allaient me venir aient déjà été présentées pour considération.
Je n’ai jamais prétendu être faite du même bois que l’équipe que j’intégrais.
Structure
Est-ce à dire que je refuse la moindre structure et que je m’insubordonne à toutes les consignes ? Bien au contraire ! C’est précisément parce que je connais ma situation de handicap que j’ai choisi d’emblée la transparence et la communication avec mes collègues d’icitte et que j’ai eu le courage d’aborder les enjeux potentiels : car je sais précisément faire la différence entre une structure et un carcan, entre une consigne et une demande insensée.
J’en ai tellement parlé icitte avant de quitter l’organisation qui m’employait avant et d’embarquer dans l’équipe de cette personne que j’avais la conviction d’avoir été comprise. C’est bien pour cela que j’ai débarqué il y a 7 mois avec autant d’entrain, et le cœur en avant.
À ce titre, donc, j’estime faire l’objet, depuis 6 mois, d’un harcèlement discriminatoire, au sens de la Partition, non pas seulement car cette personne s’est permise de ricaner, en ma présence et devant témoin, de mon handicap après que je l’aie nommé, mais aussi, et surtout, car à chaque occasion (ou presque) que je lui ai présentée de saisir l’ensemble des moyens que j’espérais utiliser pour pallier ce handicap et que j’ai interrogé (en sa présence) les lumières de mes collègues, incluant les siennes, pour m’aider à naviguer les eaux d’icitte sans me noyer, cette personne m’a, au mieux, ignorée.
La majeure partie du temps, cette personne m’a interrompue (que ce soit lors de rencontres qui ne rassemblaient qu’elle et moi ou face à mes collègues) et m’a toujours donné l’impression qu’elle prenait plaisir à ridiculiser le point que j’avançais, voire la simple question que je posais.
Plan de restructuration
Puisque j’ai appris, le mois dernier, de la bouche de son supérieur hiérarchique, qu’il existait à mon endroit un « plan de restructuration » qui remontrait, selon ses dires, à voilà plus de 3 mois (un « plan de restructuration » vieux d’au moins trois mois, donc) je ne peux que déduire que cette personne ne s’est pas contentée de se moquer de mon handicap et de m’empêcher de trouver des moyens de pallier à ses conséquences, mais qu’elle utilise aussi contre moi un outil à sa disposition pour sceller mon sort : le « plan de restructuration » auquel je mériterais, selon elle, d’être soumise.
En l’occurrence, je me dois de conjecturer puisque l’existence dudit « plan de restructuration » ne m’a été mentionnée que lors de cette rencontre ne réunissant que le supérieur de cette personne et moi. Ainsi, je ne sais toujours pas si un tel plan me concernant a bel et bien été dressé, il y a trois mois, ni qui a apporté sa pierre à l’édifice, et encore moins la teneur de ce qu’il contiendrait. Je ne peux donc savoir ce qui m’est reproché (et le serait depuis au moins trois mois), et si ce qui m’est reproché mériterait qu’on (je ne sais pas qui) élabore un plan pour me restructurer (je ne sais de quoi).
Peut-être s’agit-il de ce que cette personne a appelé, et je cite « la poutine d’icitte » qu’il était impératif que j’apprenne, selon elle, avant de pouvoir discuter avec elle et celle qui était à l’époque à la fois ma mentor et ma responsable d’évaluation, de mon avenir icitte et de mes aspirations professionnelles, surtout si ces aspirations avaient l’audace d’impliquer mon passage du statut de contributrice individuelle à celui de gestionnaire. Je reviendrai sur cet incident qui a eu lieu il y a 6 mois et a donné lieu, quelques jours plus tard, à l’échange suivant, où cette personne m’écrit : « Merci à toi d’avoir fait le déplacement! J’espère que la journée loin d’ici a été fructueuse et que la route s’est bien passée. T’inquiètes [sic] pas si parfois on te « brasse » un peu dans nos commentaires, gardes [sic] toujours à l’esprit que c’est pour ton bien!! Comme quand on chicane nos enfants, on les aime tout de même [smiley face qui tire la langue] »
Un peu brassée, effectivement.
Intentions
À défaut de mention contraire, je ne relate ici que des faits dont j’ai été personnellement témoin. Lorsqu’une information relève du ouï-dire, je précise le nom de la personne qui me l’a relatée, si vous deviez juger pertinent qu’elle soit directement entendue. En tout état de cause, je ne parle qu’en mon nom. Je me contente de partager mon expérience du terrain : en d’autres termes, je parle du haut des perspectives que j’ai acquises sur le chemin qui m’est propre.
En cela, et quitte à risquer le truisme, je souhaite souligner le fait que ma démarche n’est motivée par aucune intention diffamatoire à l’égard ni de cette personne, ni de son supérieur hiérarchique, ni d’aucune autre personne qui pourrait être amenée à croire que je tente de ternir sa réputation ou de porter atteinte à son nom.
Ma mère m’a inculqué des valeurs beaucoup plus nobles que ça. J’ai peut-être grandi avec les loups, je n’ai pas pour autant pris les plis de barbares.
Indépendance
Je laisserai ainsi d’autres, s’il en est, lesquels seront, il me semble, choisis par vos soins, le pouvoir de caractériser les faits que je soulève comme contrevenant (d’après moi) aux principes protégés par la Charte des droits et libertés de la personne (la Charte), la Loi sur les normes du travail (la Loi), et la Partition.
Si vous voyez un quelconque mérite à cette plainte, j’ai bon espoir que, pour vous aider à démêler cette histoire, vous saurez trouver des personnes qui ne subissent aucune des pressions inhérentes à la situation.
Les organismes où toute la responsabilité est diluée car partagée par plusieurs chefs ont elles aussi le droit d’entendre les perspectives qui ne dépeignent pas sous un angle très glorieux une personne chargée d’un pouvoir d’autorité sur d’autres individus, et qui détient cette autorité sur d’autres personnes de la seule opération de la bannière d’icitte.
Le fait que cette personne soit haut placée icitte ne milite certainement pas en faveur d’une omertà. J’oserais même dire: bien au contraire !
Témoins
Cependant, vous n’êtes pas sans savoir que le dépôt d’une plainte, et avant lui l’expression d’une perspective dissidente dans un rapport de pouvoir aussi hiérarchisé que celui d’un environnement de travail, entraînent souvent dans leur sillage de multiples dommages collatéraux. Les témoins, pas plus que les victimes, n’ont pas demandé à se retrouver coincés dans une quelconque galère.
Que les témoins n’aient pas pu ou su comprendre, qu’ils aient dû ou préféré se taire : là n’est pas la question. Le plus important pour moi, en vous transmettant cette lettre et en précisant les faits que j’entends dénoncer, est de protéger les témoins contre les mesures de représailles.
Mesures de représailles
Puisque j’estime faire l’objet de telles mesures depuis plusieurs mois déjà, je n’ai que peu d’espoir de voir les témoins en être exempts. Je tairai donc les noms et les histoires de celles et ceux qui m’ont partagé des perspectives allant dans le même sens que la teneur de cette lettre, quitte à affaiblir mon argumentation. Les protéger m’est beaucoup plus cher : c’est justement pour eux que je me donne la peine de vous écrire.
Autorité
J’ai la conviction profonde que la personne visée par cette plainte ne se rend pas compte des répercussions de son comportement sur les gens qui l’entourent. Je ressens beaucoup plus de peine pour cette personne en pensant à l’état de son cœur qu'elle ne saura certainement jamais voir. Mais ce n’est pas à moi de parler à son cœur. C’est pour ça que je vous ai donné, la semaine dernière, le nom d’une autre personne pour lui parler et l'aider à se confier pour avancer et passer outre ses démons.
J’espère que vous la considèrerez un jour. Je n’en retirerai aucune commission, mais en ayant mis cette autre personne dans votre champ de vision, je me dis que j’ai fait ma part.
Que tout le monde aille bien, et rien d’autre.
Malheureusement, lorsqu’on est investi du pouvoir le plus sacré, soit celui de contraindre d’autres personnes du seul fait de notre propre volonté (il s’agit ici d’une définition que j’estimerais acceptable du terme « autorité »), alors, le fait que l’intention à l’origine du comportement soit, ou non, de blesser l’autre n’est pas pertinent : c’est un honneur que de disposer d’un tel pouvoir. Et comme tout honneur, le pouvoir se mérite, non pas de quelconques prouesses passées, mais à chaque fois que ce pouvoir est exercé.
Il s’agit là d’un principe fondamental dans l’histoire du droit qui se retrouve dans toutes les traditions juridiques et remonte aux balbutiements de l’histoire de l’humanité. C’est pour savoir comment exercer une quelconque autorité que tous les livres sacrés comportent de multiples exemples de prises de décisions éclairées. On n’a pas dit que c’était facile, et encore moins inné.
Expérience éternelle
S’il devait vous sembler insensé d’oser faire remonter l’origine de l’autorité aux textes sacrés, je me permets de rappeler ici une citation bien connue des juristes et bien souvent oubliée par les milliards d’êtres humains qui jouissent du privilège de vivre dans des sociétés démocratiques. La phrase provient d'un des pères (selon les dires des experts du domaine) de toutes ces démocraties:
« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser : il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le dirait ? La vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir » (Montesquieu, De l’Esprit des lois, Livre XI, Chap. IV).
Ainsi, en plus des souffrances que le comportement de cette personne m’a occasionnées (et continue de me faire vivre), c’est au nom de l’injure au pouvoir qui lui est imparti du simple fait qu’il soit placé, en vertu de ses fonctions icitte, dans une position d’autorité sur plusieurs dizaines de personnes, que je dépose cette plainte.
Le stratège
Si cette personne devait n’avoir aucun intérêt ni aucune curiosité à tenter de comprendre les conséquences de ses comportements sur moi puisqu’il lui est loisible de faire taire la plus petite de ses dissidentes, si je devais être la seule à voir la gravité des conséquences de ses comportements, alors que vaille !
Cette personne a reçu, le mois dernier, en présence de toute l’équipe et à titre de formation officielle et pertinente, une présentation des 5 « Types de joueurs » sur l’échiquier du jeu politique. En ce qui concerne le « sens affirmé de l’éthique », je suis prête à entendre à mon encontre les arguments contraires. L’est-elle ?
Si cette mise en bouche ne suffit pas à démontrer l’existence, à mon encontre, de comportements contraires à la Charte, la Loi, et la Partition exercés par cette personne, je donnerai ci-bas quelques exemples précis de ce que j’avance.
Intimidation
Mais avant de donner ces exemples, j’aimerais m’assurer qu’on s’entende sur les principes, notamment, sur ce qu’on entend par harcèlement psychologique et harcèlement discriminatoire. Pour ce faire, je me permets de citer un extrait du 4e de couverture du livre The Bullied Brain, par Jennifer Fraser, PhD[2] :
« Pourquoi disons-nous que nous avons une tolérance zéro pour l’intimidation, alors que la société adulte en est remplie et qu’elle est une véritable épidémie chez les enfants ?
Parce que les blessures que toutes les formes d’intimidation et d’abus infligent au cerveau sont invisibles. Nous les ignorons, nous ne les soignons pas, et elles deviennent cycliques et systémiques.
L’intimidation et les abus sont à l’origine de nombreuses souffrances dans nos vies. Comme nous ne recevons pas d’éducation sur le fonctionnement de notre cerveau, et encore moins sur l’impact profond que l’intimidation et les abus peuvent avoir sur lui, nous ne savons pas comment éviter cette souffrance, guérir nos blessures ou restaurer notre santé.
Dans The Bullied Brain, les lecteurs découvrent les preuves rassemblées par des médecins, psychiatres, neuropsychologues et neuroscientifiques, qui montrent les dommages causés au cerveau par l’intimidation et les abus, ainsi que les moyens de se protéger et de protéger les autres.
Il est non seulement crucial de comprendre à quel point notre santé mentale dépend de ce qui a façonné notre monde intérieur, mais c’est aussi la première étape vers la guérison. »
[2] https://bulliedbrain.com/the-bullied-brain
Chacun son champ d’expertise
Ainsi, puisqu’il est question de comportements prohibés non seulement parce qu’ils enfreignent les lois les plus sacrées qui accompagnent un quelconque pouvoir d’autorité, mais aussi parce que les conséquences sur la santé des personnes qui en font les frais sont assez graves pour entraîner des arrêts de travail sanctionnés par des médecins (ce qui a été mon cas), voire entraîner une véritable descente aux enfers (c’est-à-dire, pousser les personnes au suicide), il me semble fondamental que nous n’entrions pas dans un débat tournant autour de la gravité des répercussions sur ma personne des comportements que je dénonce.
En effet, si vous deviez en venir à vous demander si l’injure X était grave ou non puisqu’elle était dite avec un sourire, vous feriez insulte à mon humanité : il ne vous revient pas de déterminer si ce que je dis avoir ressenti en étant placée sous l’autorité de cette personne est frivole. Vous n’étiez pas à ma place. Vous ne faisiez pas l’objet de ce traitement. J’espère donc que vous saurez reconnaître si votre jugement devait s’égarer dans des élucubrations indécentes. Je prends la peine de vous écrire comment je me suis sentie : j’espère que vous saurez vous garder de vous en moquer.
Au demeurant, en ce qui concerne la gravité des conditions dans lesquelles je me suis trouvée, si vous deviez vous en faire juge, vous empièteriez sur le jugement professionnel de ma médecin qui m’a placée en arrêt maladie lorsque je lui ai parlé des circonstances que me faisait vivre cette personne, et ce à la lumière notamment des stigmates que présentait déjà mon corps. À moins que vous n’ayez prêté le serment d’Hippocrate, il est peu probable que votre opinion ait un quelconque poids à peser dans cette balance.
De l’importance des qualificatifs
Dans cet ordre d’idées, je tiens à préciser que lorsque j’étais en arrêt maladie, il n’a jamais été question d’un « épuisement professionnel », comme j’ai pu entendre un de mes gestionnaires le dire après mon retour. J’ai oublié s’il s’agissait de cette personne ou de son supérieur hiérarchique, mais au moins l’un d’eux a déduit de mon absence que l’enjeu était au niveau de ma charge de travail. Je n’ai jamais dit ça : ni icitte, ni à l’assureur (lequel ne m’a pas payée, btw).
Finalement, si vous prenez pour acquis que je me suis bel et bien retrouvée dans une situation grave sur le plan de ma santé, et que vous me laisser le loisir de déterminer, parmi les forces que je subissais (et continue de subir), lesquelles m’empêchaient de trouver une harmonie entre toutes les sphères et les demandes de ma vie, alors je vous invite à prendre garde, lorsque vous lirez le récit d’une situation donnée, aux biais que nous avons tous lorsque vient le moment d’estimer si un comportement relève de l’emprise ou du pouvoir discrétionnaire du patron.
« Nous les ignorons, nous ne les soignons pas, et elles deviennent cycliques et systémiques. » Je recommande chaudement le livre de Jennifer Fraser, PhD que je cite ainsi deux fois si vous souhaitez vous faire juge de la légitimité de l’exercice d’un pouvoir, fut-ce t’il aussi banal que le pouvoir exercé chaque jour, dans chacune de leurs décisions, par les milliers de gestionnaires d'icitte. Vous pourriez bien être surpris.
Ma santé continue de se dégrader
J’avance, donc, que depuis 6 mois, le comportement qu’a adopté cette personne à mon égard se situe en contravention de la Charte, de la Loi, et de la Partition. J’ajoute que ce comportement n’a pas cessé malgré mon placement en arrêt maladie, et depuis mon retour (à temps partiel) au travail. Je souligne le fait que ce comportement s’est aggravé depuis mon retour, et qu’à cause de ce comportement, je suis aujourd’hui placée dans une situation qui continue d’être délétère pour ma santé.
[IL Y A 6 MOIS…les détails ne peuvent plus être partagés]
