Quand le soutien devient : va consulter !
La première chose qu’un psy me dirait, c’est de prendre soin de moi.
Been there. Done that. Right there. Doing that.
Ensuite, il dirait que je peux me reposer, soit dans mon cas : arrêter de penser.
Been there. Done that. Right there. Doing that.
À cela, j’interjèterais, qu’en l’espèce, je ne peux pas : « arrêter de penser ».
Mon métier. Mon appel. Ma passion, c’est en plein ça : penser.
Je vais au spa, j’essaie de « décrocher », je n’ai pas d’appareil électronique, la scène est magique :
Faq ça m’fait penser.
Je médite. Je constate. J’apprécie.
Et rien qu’à faire ça, je pense des affaires que je trouve jolies, i.e. me viennent des poèmes
Alors, je les écris, pour les sortir, je n’ai pas le choix.
Si je ne le fais pas : mes pensées ne cessent de s’intensifier.
Ma pensée est foisonnante. Késako ?
Je pense en réseaux. J’associe des idées à des sensations.
Je fais ça, à répétition. Exister, pour moi, cela revient à passer des sensations aux idées.
Je ressens et j’y pense à longueur de journée.
C’est mon fardeau, c’est aussi mon don.
J’essaie de m’extirper de situations difficiles, ou ben j’espère régler des problèmes, et ce, depuis que je suis née. Avant, cela me faisait m’inquiéter régulièrement, et cogiter tous les soirs.
J’avais du chagrin, des soucis, et le cœur gros à chaque soir, jusqu’à ce que je règle l’enjeu dans ma tête, que j’imagine un plan de remédiation, lequel incluait parfois la sortie, mais le plus souvent signifiait : s’en sortir. Devenir. Bâtir. Pour sortir de tous ces tracas.
Alors, dans ma tête, je bâtis depuis toujours.
Cependant, voilà : je suis également ultrasensible.
Cela fait de moi quelqu’un qui se choque facilement, i.e. qui pleure plus souvent que la majorité, ou ben qui pleure « pour rien » comme certains diraient. On dit que je me plains, mais dans les faits, je suis simplement choquée quand la majorité ne l’est pas.
Pendant des décennies, cette pensée en réseaux et cette ultrasensibilité signifiaient anxiété.
Depuis peu, tout à changé !
On m’a dit :
Ton parcours, quand je le vois, je ne vois que de la résilience. T’as de quoi être fière de toi.
Puis on m’a dit :
Si tu voyais la quantité de monde qui veut gouverner qui vient dans ces sessions pour apprendre comment manifester les traits qui te viennent naturellement. C’est un don, ton affaire. T’as de quoi être fière.
Puis on m’a dit :
Ton ultrasensibilité, c’est par elle que tu te sens exister, i.e. c’est par elle que tu existes, faq arrête-donc de t’en faire, pis sois-en fière.
Quand ceci a été dit, j’ai pris des mois à intégrer, car c’était toute une autre façon de penser :
Ma pensée en réseaux et mon ultrasensibilité.

Alors que je tâchais d’intégrer ces nouvelles visions, je continuais de me choquer.
Faq j’m’offusquais de situations qu’autour de moué on continuait de juger « ok ».
J’étais anxieuse à chaque soir de devoir régler toutes ces affaires qui me choquaient
Puisqu’on m’avait dit, et j’y croyais désormais : là est ma destinée. J’ai pas l’choix. Faut ben.
Alors j’y suis allée, à reculons, car rendue là, à force d’être choquée, j’avais le cœur criblé.
Puis, on m’a dit :
Qu’est-ce qu’on a fait pour te perdre ? Pourquoi tu trembles autant, dis-moi ?
Inquiète-toi pas, ça ira. Moi aussi, j’étais comme ça. Ça va se calmer, cré-moa.
Commence par être fière de qui tu es. Pis rebelle-toi, pourquoi pas !
Wait a minute, kessé t’as fait là ? Kossé tu fais ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Autant dire que c’était du gros n’importe quoi, car j’étais là, choquée
Convaincue, comme enorgueillie, que la tempête finirait par passer
Pis que je n’avais pas à avoir honte de qui j’étais
Alors je faisais confiance à mon jugement, et je me choquais différemment
Plutôt que des injustices de partout, je n’avais plus d’yeux que pour les opportunités
Je les voyais partout ! Bien plus encore que les problèmes jadis sources d’anxiété
En d’autres termes, je pouvais, pour la première fois : rêver.
J’ai ainsi compris qu’un seul changement de perspective quant à l’espoir
De jours meilleurs suffisait à repeindre tous les trous, les ciels, les puits du noir
Au moins déjà vers le gris
Un petit rayon d’espoir, c’était une petite opportunité
Comme une fenêtre ouverte sur les possibilités
Je ne voyais plus que cela, ce qui faisait de moi : une personne illuminée.
En d’autres lieux, sous d’autres ciels, en d’autres temps, on m’aurait enfermée, tuée, lobotomisée
Pour oser affirmer que j’étais rendue une illuminée
Oh well, heureusement pour moi, j’étais bien entourée
Alors, on ne m’a (à date), ni enfermée, ni lobotomisée
Et je me suis mise à écrire et parler comme une demeurée
Je demeurais un peu partout. Je suivais « mes idées ». Chaque jour apportait son lot d’opportunités.
Et les opportunités, c’est comme la créativité, i.e. les bonnes idées : elles ne se commandent pas.
Elles viennent quand elles viennent. Elles ne se planifient pas.
Alors, plutôt que de m’assoir pour planifier, j’ai passé mon temps à occuper mes journées
Du mieux que je pouvais, un jour à la fois.
À chaque fin de journée passée comme cela, deux constats :
- - Les structures passées sont rendues toutes brouillées
- - Je ne me suis plus endormie une seule fois dans l’anxiété
Je connais la sensation assez, j’ai fait mon travail de thérapie, je connais.
Mon anxiété, cré-moué, j’lui connais la face. J’lui fais la guerre depuis que je suis née.
Alors si je dis, aujourd’hui, que mon anxiété s’est évaporée, je sais de quoi je parle, je connais.
Ainsi, j’affirme désormais que mon anxiété s’est évaporée, que dès lors le plus grand fardeau
De ma vie a disparu de ma vie, faq entre moué pis moué, chu contente, même satisfaite

L’enjeu, dorénavant, c’est qu’il est temps que je remette les pieds dans le vrai monde
Et que j’apporte mes idées libérées d’anxiété dans des projets qui soient utiles et contribuent
À la paix d’esprit, puisqu’elle m’habite désormais, et qu’il a suffit d’un changement de perspective
Après des années de déconstruction de paradigmes, notamment ceux entourant les notions
De réussite, de fierté, de honte, du sacré
Le tout saupoudré sur mon âme, puis sur celles du monde qui me choque
Pis que j’aime, faq j’y pense, pis me viennent lesdits poèmes, lesdites possibilités
Qui envahissent mes pensées comme jadis les sources d’anxiété métastasaient
C’est la même mécanique, sauf qu’à la fin, il y a de la lumière
Ça parait fou, je sais.
