Retraites stratégiques vs. À la retraite, en fin stratège
En grandissant, deux groupes, distincts, pourtant confondus :
Celles et ceux qui veulent faire au moins aussi bien, et celles et ceux qui veulent faire mieux.
Les premiers connaîtront l’humilité. Les premières la confondront avec la modestie.
Les secondes brandiront la fierté. Les seconds seront pris et se prendront pour des ratés.
Mieux que qui ?
Aussi bien que quoi ?
Mieux comment ?
Aussi bien, à compter de quand ?
Avant les qui, quoi, comment, quand, les pourquoi.
Pourquoi vouloir faire au moins aussi bien, quand on pourrait rêver à mieux ?
Pourquoi vouloir faire mieux, quand on pourrait se contenter d’aussi bien ?
Pourquoi devoir choisir entre le bien et le mieux ?
Pourquoi oser décrire le bien, tout en lui pointant le mieux ?
Pourquoi écouter le mieux, quand on est déjà si bien ?
Avec des pourquoi, on tisserait moultes ribambelles.
Dans l’exaspération du « parce que » point final en réponse au « pourquoi » qui laisse pantois, on voit émerger le visage du : « je l’sais-tu, moa ? ».
Face au pourquoi qui laisse pantois, deux groupes distincts, pourtant confondus :
Celles et ceux qui s’en fâcheront, et celles et ceux qui s’en émerveilleront.
Avec des si, on mettrait Paris en bouteilles.
Pourquoi mettre Paris en bouteilles, quand ici : « On est ben. » ?
Les premiers comme les premières auront le sens du devoir. Pour faire comme il se doit, on comprendra :
- Les contours du patron, sur lequel baser nos coutures
- Les allures du savon, à passer pour protéger nos dorures
- Les schémas et les leçons, d’où émergent nos structures
Faire comme il se doit, pour espérer faire au moins aussi bien, c’est commencer par comprendre comment faire, avant de discerner pourquoi.
Les seconds comme les secondes auront le goût de l’exploration. Faire différemment, on essaiera :
- Les contours d’autres patrons, sur lesquels baser de meilleures coutures
- Les allures de meilleurs savons, à passer pour protéger d’autres dorures
- Les schémas et leçons, d’où émergent de meilleures structures
Faire différemment, pour espérer faire mieux, c’est commencer par le pourquoi, avant d’entrevoir le comment.
Rapidement, celles et ceux qui voudraient faire mieux se retrouvent à faire n’importe quoi.

On voit de quoi, on aime ou on n’aime pas, on passe à autre chose, on garde quelques bouts de ça, on s’en va, on ne conserve plus que l’essentiel, alors on en vient à ne voir l’essentiel que dans le baluchon, lequel est de plus en plus maigre, à force de se résoudre à ne se farder que du mieux.
Les seconds comme les secondes finissent par voir la fioriture partout.
Les seconds comme les secondes finissent par dire : Allez hop, on s’en fout.
Lentement, mais sûrement, celles et ceux qui voudraient faire au moins aussi bien se retrouvent à reproduire le pire.

On voit de quoi, on encourage ce qu’on aime, on corrige ce qu’on n’aime pas, on continue tout droit, on accumule par-ci par-là, on reste là, on conserve plus que l’essentiel, alors on en vient à voir l’essentiel dans nos traditions, lesquelles sont de plus en plus nébuleuses, à force de se résoudre à ne faire qu’au moins aussi bien.
Les premiers comme les premières finissent par badigeonner la fioriture partout.
Les premiers comme les premières finissent par dire : ce qui ne nous ressemble pas est fou.
Pour aller plus loin : La haine à ton égard, tu la navigues comment ?

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Savato Kiriako