Pas de quoi en faire un plat

Pas de quoi en faire un plat

Voilà longtemps que je ne prends plus la grosse auto.

J'ai essayé, j'aurais voulu, mais je ne peux plus. Je suis vaincue.

J'ai fermé les yeux et la bouche. Elle me déclenche et c'est pas beau.

À chaque fois que j'y rentre je me retrouve à faire comme WOW !

 

Les affaires de mes filles s'empilent, on ne peut plus rien retrouver.

 

Mais ce matin, sans la chercher, je suis tombée sur la goutte de trop.

 Cellle qui m'fait déborder. Celle qui m'fait dire : non mais là oh !

C'est la saison des OH OH OH, et me voilà en mode NON MAIS OH !

Alors je le répète, j'irai jusqu'à trois. Après ça, ce sera trop : non mais oh !

 

Je suis allée à Paris, j'ai ramené Ratatouille, en version livre sacré.

De belles reliures. Une grosse affaire. Le livre est lourd en tabarouette !

J'étais à Paris sans mes filles. J'me sentais mal. Elles me manquaient.

Je suis allée acheter de quoi de beau pour montrer Paris à mes chouettes.

 

Le prix a été caché. Un petit autocollant discret.

C'est dans une librairie de haut calibre que je m'suis retrouvée.

Rien à vendre pour moins de 10 €. Du matos de grande qualité.

Je ne sais plus combien j'ai payé pour ce livre, mais il n'était pas donné.

 

L'acheter n'est pas sorti que de ma poche. L'acheter sortait tout droit de mon coeur.

 

Alors voilà, quel que soit l'angle, je suis désabusée de le retrouver

Tout magané, par terre dans l'auto, sous une montagne de débris.

Mes filles empilent de la chnoute, comme tout le monde dans la vie

Mais dans l'auto, et sur mon livre... ça, j'ai du mal à l'encaisser.

 

***

C’est rien qu’un livre

C’est rien qu’un oubli

***

 

Si on fait pas gaffe, avec nos baffes
La Megas elle aussi, se lasse et s'casse

À tendre l’autre joue, encore et encore
Se faire crier après que c’est fou
Qu’elle nous achale et qu’elle a tord
Son enthousiasme agite nos courroux !

Sarah se tannera. Si elle n’est pas la bienvenue
Elle ira voir ailleurs. Elle nous aura prévenues

Et on se demandera : l’innovation, ça r'ssemble à quoi ?
Et on se lamentera : Y’a-tu du monde pour se soucier de moi ?

Mon sort ! Mon triste sort ! Mon pauvre sort ! Pauvre de moi !
Pourquoi personne ne s'y intéresse ? Je ne comprends pas !

Tiens, voilà quelqu’un qui s’en vient !
Tiens, voilà quelqu’un qui me sourit !
Mais quel adon ! Ça adonne bien !
Tiens, voilà quelqu’un qui me dit :

"Salut toi ! Je t’aime déjà, tu n’as rien à prouver.
Salut toi ! Je t’aime déjà, et je voudrais bien aider."

L’ingratitude ne consiste pas à ne pas savoir dire merci.
L’ingratitude, c’est d'envoyer valser celle qui nous sourit.

Et qu’on lui prête les pires intentions du monde

Sans lui avoir posé de question. On sait déjà
Rien qu'à sa face, on ragotte : On peut pas la truster !
L'ingratitude, c'est en plein ça. Il faut quand même oser
Se permettre de lui dire : T’es bien sympa, mais tu restes là


Y’a pas de place pour toi dans notre ronde.

 

***

Poèmes et photo lancés par Sarah Catherine Megas et Savato Kiriako

En souvenir de temps plus chauds

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