Contre-attaque : Lettre à Thémis face à un avocat véreux
Le mec a pourri ma cause, et ose me poursuivre aux tites créances
De sa propre juridiction, qui plus-est ! Le type est une véreux de haut calibre
Je balance ma riposte, et libre à lui de poursuivre ses démarches
J'ai hâte de le croiser dans l'arène, s'il veut continuer de faire le polisson
J'ai d'autres chats à fouetter, mais bon !
Un garçon polisson restera un garçon polisson !
Némésis ira toujours au combat
Pour défendre Thémis d'un avocat véreux
Lettre écrite après avoir entendu les premières sagesses de Victoire
Et ainsi avoir pu l'imaginer à mes côtés en écrivant ces lignes

***
Lettre de défense
Mère Justice,
Je m’adresse à toi, directement, mais en toute humilité. Tu es Thémis. Je ne te prends certainement pas à la légère. Tu me pardonneras si je t’offense par manque de délicatesse procédurale. Je ne connais pas la minutie qui régit le théâtre dans lequel on me demande aujourd’hui de te parler.
Dans cette affaire, nous aurons à débattre de tes grands principes, et de la difficulté de les mettre en œuvre pour les gens qui empruntent des chemins similaires aux miens.
Interroger ma crédibilité ouvrira la porte d’épiques histoires, car tous ces chemins, je m’y suis aventurée en ton nom. Quand l’essence du droit est détournée au profit de ceux qui gouvernent ou de la lâcheté, beaucoup trop de lumière s’évapore. Ceux qui t’offensent noircissent le cœur de leurs contemporains. Ça m’est insupportable.
Ces histoires seront rocambolesques et ridicules pour celui qui a oublié le sens et la gravité de tes symboles. Mais à l’œil et au cœur du magistrat qui parle en ton nom et n’a pas perdu la foi en toi, ces histoires seront pittoresques, peut-être même émouvantes. Je les raconterai, puisque ce sont des histoires comme les miennes qui font regagner du terrain à ta sagesse.
Quel que soit le visage que prend l’humain qui lit ces lignes en ton nom, j’ai confiance en nos institutions. Je sais que mon message finira par rejoindre le cœur de ceux qui portent ton voile dans la plus grande des révérences.
J’espère que cela arrivera tôt : j’ai peu de temps à consacrer à répondre à l’insolence.
J’aimerais que l’homme qui me traîne devant toi aujourd’hui me laisse partir. J’ai du monde qui compte sur moi et qui ne voudrait pas que j’aie à consacrer mon temps libre à riposter pour me défendre. S’il tient malgré tout à s’accrocher, j’espère qu’il ouvrira, plus tôt que tard, son cœur aux perspectives valides et pertinentes aux débats qui ne servent pas son narratif et ne flattent pas son égo.
Je ne cèderai pas à l’impertinence de l’ignorance, même s’il nous faut des années pour faire comprendre à cet homme que non, il n’a pas été chevalier, et que oui, il a selon moi manqué à plusieurs de ses devoirs, notamment à l’Article 2.1-1 du Code de déontologie qui lui confère ses privilèges. S’il faut ouvrir cette porte pour qu’il comprenne, nous commenterons extensivement sur l’application à mon cas du premier commentaire que son Barreau fournit sous cet article.
En tant que représentant d’un rôle fondamental dans ton « administration », s’il devait s’obstiner à me réclamer encore plus d’argent pour tout l’air qu’il a brassé, il faudra bien qu’il rende comptes de chaque minute qu’il dit avoir passée à « défendre ma cause ».
Si, chère Justice, son chemin vers la sagesse est encore long, et qu’il m’oblige à t’écrire à nouveau dans une autre missive procédurale, je t’invite à sauver ton temps (je sais combien il est précieux) et à ne pas prendre connaissance du texte qui suit et des annexes.
J’y mets tous les détails que je crains de me faire reprocher plus tard de ne pas avoir invoqués dès aujourd’hui. S’il m’y force, je t’écrirai une meilleure version de mon message au prochain formulaire.

I) Demandes reconventionnelles :
Considérant le rapport de pouvoir évident entre le plaideur qui m’assigne en justice et moi, s’il devait y avoir une suite à cette procédure :
a. Je souhaiterais pouvoir m’adresser à la Cour dans ma langue maternelle, le français
b. J’aimerais que la juridiction applicable soit celle d’Ottawa, où je réside, pour que je puisse me défendre sans avoir à encourir les frais et désagréments qu’occasionnerait une procédure à Toronto, où se situent les bureaux du cabinet d’avocat dont le demandeur est propriétaire
c. Je demanderais qu’un jugement soit ordonné contre le demandeur et le condamne à payer :
i. Les frais de justice, de représentation, et d’experts que je devrai encourir pour me défendre, à compter du 6 février 20X2, date de service de sa demande, assortis des intérêts applicables prévus par la Loi sur les tribunaux judiciaires; et
ii. 1 dollar symbolique à remettre au Ministère de la Justice de l’Ontario à titre d’injure à la profession d’avocat causée par son comportement à mon égard et son utilisation abusive du système judiciaire.
II) Réponse à la demande :
A. Que s’est-t-il passé, où et quand ?
1. J’ai retenu les services d’un avocat véreux le 9 février 20X1 à titre d’avocat spécialisé en droit du travail pour qu’il défende mes intérêts et mes droits à la suite d’un licenciement dont j’ai fait l’objet le JJ MM 20X0.
2. L'avocat véreux m’avait été recommandé par une avocate américaine spécialisée dans la défense des droits des lanceurs d’alerte. L'avocat véreux m’avait alors été présenté comme un avocat ayant une expertise, tant en Ontario qu’au Canada, dans la défense des droits des travailleurs et, plus spécifiquement, des lanceurs d’alerte.
3. J’ai contacté l'avocat véreux par courriel le 22 janvier 20X1. Dans ce courriel, intitulé « Looking to retain counsel », j’expliquais à l'avocat véreux que je recherchais un avocat apte à m’aider à comprendre les éléments qui s’appliqueraient à mon dossier et qui relèveraient, spécifiquement, du régime de protection des lanceurs d’alerte, s’il en est un, ainsi que du régime de protection des droits des travailleurs en situation de handicap qui sont licenciés en invoquant des motifs tenant aux manifestations de leur handicap dans le milieu du travail.
Ces deux questions de droit, critiques, étaient ainsi au cœur de ma demande, au cœur de ma démarche de contestation des termes offerts par mon ancien employeur dans sa lettre de licenciement, et au cœur du fait que je m’adressais à l'avocat véreux pour m’aider à comprendre et à défendre mes droits.
4. L'avocat véreux m’a répondu dans la foulée en me proposant de l’appeler le même jour pour une conversation exploratoire. Nous nous sommes ainsi parlé au téléphone le 22 janvier 20X1. Lors de cet appel, j’ai résumé à l'avocat véreux l’état de la procédure depuis mon licenciement, notamment, l’étendue des pourparlers qui avaient déjà été entrepris, et le positionnement de mon ancien employeur.
J’ai précisé à l'avocat véreux, à plusieurs reprises, que je souhaitais mettre l’emphase sur le caractère abusif de mon licenciement et le fait qu’il s’agissait, selon moi, d’une mesure de représailles après que j’aie découvert, dans le cadre de mes fonctions, une situation de conflit d’intérêts et d’abus de pouvoir impliquant du monde de l’équipe exécutive d'une organisation importante.
Durant cette conversation, l'avocat véreux m’a paru sympathique et m’a donné l’impression qu’il avait déjà accompagné des personnes dans ma situation.
Lorsque j’ai mentionné, par exemple, le fait que l’avocat représentant mon ancien employeur avait envoyé, juste avant Noël, une lettre dans laquelle il attaquait ma crédibilité, l'avocat véreux m’a répondu, sur un ton rassurant, qu’il s’agissait de techniques d’intimidation courantes dans mes circonstances, utilisées pour faire peur et pour faire taire.
Je n’avais alors aucune raison de douter de la bonne volonté de l'avocat véreux, ni du fait qu’il avait bien compris les raisons de ma demande. J’ai eu confiance en lui, et en sa capacité à faire valoir mes droits.
5. Le 9 février 20X1, j’ai retenu les services de son cabinet, Nom de famille du Véreux, pour me représenter dans mon dossier contre mon ancien employeur.
4. Entre le 9 février 20X1 et le 2 septembre 20X1, les agissements de l'avocat véreux à l’égard de mon dossier ont été une farandole de pétards mouillés.
Sur cette période, l'avocat véreux :
5.1. N’a pas répondu aux deux questions légales pourtant précises et sans équivoque que je lui avais posées dès mon courriel de prise de contact, et que je lui ai répété à plusieurs reprises durant la période;
5.2. A pris des libertés contraires à mes intérêts et à mes instructions quant à la détermination d’une « stratégie juridique » pour mon dossier;
5.3. M’a représentée, à mon insu et dans un esprit qui semble contraire à mes intérêts et qui est en tout point contraire à mes instructions, dans le cadre de « négociations » auxquelles il indique avoir pris part avec l’avocat représentant mon ancien employeur;
5.4. A ignoré, à plusieurs reprises, mes demandes et l’information que je lui avais transmises par écrit;
5.5. M’a laissée, pour la majeure partie de cette période, dans l’ignorance quant :
5.5.1. Au temps qu’il avait consacré à mon dossier (je n’ai vu sa facture que plus de quatre (4) mois après avoir payé le retainer et lui avoir transmis toute l’information nécessaire au début de ses travaux, et plus d’un mois après qu’il eut accumulé assez d’honoraires à mon compte pour dépasser le niveau de ce retainer);
5.5.2. Aux membres de son équipe listés dans son Retainer Agreement pour lesquels son cabinet demande un taux horaire bien moindre que celui de l'avocat véreux et les raisons pour lesquelles il a choisi de ne pas les impliquer dans mon dossier, après pourtant m’avoir laissée entendre le contraire, tant à l’oral durant notre discussion exploratoire (qui précédait la conclusion du Retainer Agreement), que par écrit, dans les termes du 6e paragraphe du Retainer Agreement ;
5.5.3. À l’avancée de mon dossier (j’ai dû lui envoyer plusieurs courriels de relance durant la période, à la majorité desquels il n’a pas répondu) ;
4.5.4. À l’étendue et à la forme des démarches de « négociations » qu’il entreprenait en mon nom auprès de mon ancien employeur, et au contenu de l’argumentaire juridique, s’il en fût, qu’il présentait durant ces « négociations » ;
4.5.5. Aux résultats de ses « calculs[3] », de sa « revue de mon dossier[4] », de sa « planification d’une stratégie juridique[5] », de son « travail sur [ma] cause[6] » et de son « opinion juridique[7] » en réponse aux deux questions de droit que je lui posais concernant l’applicabilité à mon dossier des régimes de protection des lanceurs d’alerte et des travailleurs en situation de handicap.
5.6. A démontré, à plusieurs reprises, qu’il n’avait pris connaissance de mon dossier qu’en diagonale, notamment en semblant tomber de sa chaise lorsque je lui répétais que j’avais débuté un nouvel emploi à la fin du mois 20X1, ou que j’avais déployé des efforts soutenus de mitigation de mon dommage durant la saison suivant le licenciement, notamment en cherchant activement un autre emploi, informations qui étaient en sa possession dès le début de la période, notamment par écrit dès le 11 février 20X1.
5.7. S’est écouté parler lorsqu’il me rencontrait, toujours par téléphone, sans caméra, en me mettant à plusieurs reprises en attente pendant les appels, temps d’attente qu’il ne semble pas avoir déduit du temps facturé pour ces appels, en étant plusieurs fois manifestement distrait pendant l’appel, en me parlant ad nauseam de son analogie des meat and potato, dont il est très fier, sans jamais répondre à mes questions de droit, pourtant très claires, concernant le régime de protection des lanceurs d’alerte et le régime de protection des employés en situation de handicap applicables à mon dossier, et ayant même l’audace d’utiliser de nombreuses minutes de notre ultime appel, le 10 juin 20X1, pour me raconter qu’il avait entendu à la radio un témoignage d’une femme qui avait reçu un diagnostic de TDAH[8] tardif, de comment elle expliquait que c’était vraiment terrible, car tout ce temps, avant son diagnostic, elle avait été bien incomprise et en avait beaucoup souffert, et de combien il avait trouvé ça très intéressant, et qu’il était certain que je trouverais moi aussi cette histoire drôlement intéressante, puisque le handicap pour lequel je revendiquais une protection est justement le TDAH, pour lequel j’ai moi aussi reçu un diagnostic qu’on peut qualifier de tardif, et dont j’ai moi aussi, apparemment, semble-t-il, souffert, et que vraiment, je devrais écouter ce témoignage, car ça me ferait certainement du bien et me ferait apprendre des choses, alors, sans attendre ma réponse enthousiaste, puisque l’important c’était surtout qu’il ait pu parler de lui, il s’est empressé de m’envoyer par courriel pendant cet ultime appel le lien vers ce beau témoignage, en n’ayant aucun sens ni de l’absurdité de la situation (croyait-il vraiment qu’il m’apprenait quelque chose sur mon handicap en me partageant ce témoignage ?) ni de l’indécence totale de sa démarche, lui qui me chargeait 600 $ par heure, soit 10 $ par minute ou plus de seize (16) fois le taux de salaire horaire moyen canadien[9] de l’époque de ses soliloques, et lui que je n’avais certainement pas embauché pour qu’il me fasse part de ses découvertes culturelles qui n’ajoutaient rien à ma cause et qui me confortaient dans l’idée qu’il n’avait rien écouté ni compris de mon cas ;
5.8. N’a finalement obtenu, par ses grandes manœuvres de « négociations » (pour lesquelles je n’ai, je le rappelle, encore aujourd’hui aucune idée, ni de ce en quoi elles ont consisté, ni de l’angle juridique, s’il en est un, que l'avocat véreux a mis de l’avant pour faire entendre ma cause auprès de l’avocat représentant mon ancien employeur) aucune concession de la part de mon ancien employeur, pas même la couverture d’une partie des frais juridiques que j’ai dû encourir pour comprendre et faire valoir mes droits après mon licenciement. J’ai alors dû me résigner, pour avancer dans ma vie, et après que l'avocat véreux m’ait faite perdre plus de six (6) mois de procédure et 5 000 $ en frais juridiques, à abandonner la défense de mes droits et à accepter les termes offerts par mon ancien employeur dans sa lettre de licenciement, quand bien-même ces termes ne couvraient ni ce qu’il m’a coûté d’être sans emploi pendant plus de 3 mois à la suite de ce licenciement, ni aucun des dommages que j’ai subis.
6. Le 29 juillet 20X1, après avoir reçu un courriel de l'avocat véreux me confortant dans l’idée qu’il n’avait pas traité mon dossier avec le respect, la diligence, et l’intelligence que commandaient son rôle d’avocat et son tarif horaire, j’ai indiqué à l'avocat véreux qu’il ne me représentait plus. Je lui ai par la même occasion demandé de me faire part, par écrit, des arguments juridiques qu’il avait avancés lors de toutes ses « négociations » entreprises en mon nom.
Le 2 septembre 20X1, soit plus d’un mois plus tard, l'avocat véreux m’a envoyé un courriel qui démontrait, sans la moindre équivoque, qu’il avait tout simplement ignoré mon message du 29 juillet, auquel il ne répondait pas.
Au demeurant, alors que je lui avais expressément demandé, l'avocat véreux ne me faisait pas toujours pas parvenir le moindre des arguments juridiques, s’il en fût, qu’il a présentés lors de ses « négociations » avec l’avocat de mon ancien employeur.
Le 2 septembre 20X1, donc, je comprenais que je n’obtiendrais jamais de l'avocat véreux la réponse aux questions de droit qui m’avaient pourtant amenée à lui. Lasse de ses ostentations et déçue de m’être ainsi fourvoyée en lui faisant confiance et en lui confiant ma cause, je me suis déconnectée du compte courriel que j’utilisais pour lui parler (et que je n’utilise pas à d’autres fins), et je suis passée à autre chose.
Le 8 octobre 20X1, j’ai manqué un appel de son bureau (sans qu’on me laisse un message), et je n’y ai pas prêté attention.
7. Le 6 février 20X2, j’ai été notifiée de l’action qu’il intente à mon encontre devant cette Cour.
B. Je conteste la totalité de la demande pour les motifs suivants :
7. L'avocat véreux me décrit au paragraphe 3 de son Annexe A comme une personne « sophistiquée ». Étrange adjectif aux connotations multiples qu’il choisit d’apposer à mon nom dès le début de sa « description » de moi. J’espère qu’il l’a mis là pour faire référence à mon attachement à la vérité et à la sagesse, et qu’il n’essayait pas d’induire cette Cour en erreur en me dépeignant, dès le début, comme une manipulatrice. Cependant, à la lecture de sa demande et des pièces qu’il a choisi d’y joindre, et connaissant les pièces qu’il a soigneusement omis de présenter, je constate malheureusement que l'avocat véreux s’aventure maladroitement sur les terres des sophistes.
Puisque cette Cour aura eu le temps de se faire une première impression de mon caractère en lisant la perspective que l'avocat véreux voulait ancrer, je ne répondrai pas à ses arguments, quand bien même je considère certains comme étant fallacieux.
8. En revanche, je conteste l’étendue de la facture qu’il présente comme étant représentative des travaux qu’il a réalisés pour représenter mes droits auprès de mon ancien employeur, notamment car :
8.1. L'avocat véreux prétend avoir passé 15,50 heures dans le traitement de mon dossier entre le 20 février et le 10 juin 20X1. De ces 15,50 heures, je n’ai été témoin que de 6 heures, tout au plus, soient :
8.1.1. Deux appels téléphoniques totalisant 2h40 (soit 1h22 le 3 avril 20x1, et 1h16 le 10 juin 20x2)
8.1.2. Trois (3) ou quatre (4) courriels ayant une quelconque substance juridique, qui lui ont pris probablement 1h au total à écrire
8.1.3. Lecture furtive de mon dossier, puisqu’il a démontré durant toute la période, combien il n’en avait pas pris soigneusement connaissance : 2h
8.2. Pour tous les autres actes qu’il prétend avoir posés en exécution du Retainer Agreement qui nous liait, j’estime que l'avocat véreux n’en a démontré ni le fondement, ni l’essence.
8.3. La preuve apportée par l'avocat véreux dans sa demande ne me convainc pas du contraire : il n’a pas exécuté le contrat qui nous liait dans les conditions auxquelles je m’attendais, ni en suivant les instructions que je lui avais données.
C’est ainsi :
8.3.1. Que l'avocat véreux n’a pas répondu aux questions de droit que je lui avais clairement posées en retenant ses services. Il n’a pas démontré avoir développé le moindre argumentaire juridique applicable à ma cause et répondant aux questions de droit spécifiques que je lui posais, à savoir l’applicabilité à mon licenciement des régimes de protection des lanceurs d’alerte et de protection des travailleurs en situation de handicap. Si argumentaire juridique il a bel et bien développé, il ne m’en a toujours pas fait part, alors pourtant que c’est précisément ce que je lui demandais, et ce que j’étais prête à payer 5 000 $.
8.3.2. L'avocat véreux a unilatéralement décidé de gérer l’entièreté de mon dossier à l’oral. J’ai dû, à plusieurs reprises, et tel qu’il ressort des échanges de courriels que l'avocat véreux n’avait pas inclus en soutien à sa demande mais que je joins en liasse, le contraindre d’utiliser l’écrit pour qu’il puisse me rester une preuve de ma version des faits.
8.3.3. À l’encontre de mes instructions, l'avocat véreux a décidé d’entreprendre avec l’avocat représentant mon ancien employeur des démarches de « négociations » officieuses et orales, sans jamais étayer avec moi ses arguments juridiques, ni au préalable, ni a posteriori, de telle sorte qu’il me laisse devant le fait accompli, prétend avoir passé 2h20 au téléphone avec cet avocat, qu’il nomme affectueusement « PRÉNOM DU GARÇON » dans la facture qu’il me soumet, et avec qui il m’a indiqué, lors de notre ultime appel le 10 juin 20X1, avoir « vraiment connecté, je dirais même, sur le plan humain[10] ».
8.3.4. Au demeurant, pour toutes les démarches d’ordre purement clérical qu’il aurait entrepris personnellement dans mon dossier, comme par exemple le fait d’échanger des courriels avec l’avocat de mon ancien employeur dans le seul but d’organiser des appels avec lui et sans impliquer son assistante juridique, laquelle pourtant se chargeait d’organiser les rencontres avec moi, sa cliente, il va sans dire que je refuse de payer un taux horaire équivalent à seize (16) fois le taux de salaire horaire moyen canadien pour du temps ainsi passé, si tant est que l'avocat véreux a effectivement passé ce temps comme il le prétend. Qui plus est, si l'avocat véreux a passé des minutes de ses « négociations » informelles et orales à faire copain-copain et à s’émouvoir des points communs qu’il découvrait avoir avec « PRÉNOM DU GARÇON», il va sans dire que je refuse catégoriquement de payer 6 $ pour chacune de ces minutes.
8.4. Par la preuve écrite que je soumets en Annexe, je montre les incohérences des prétentions de l'avocat véreux dans sa demande, incluant dans sa facture, notamment :
8.4.1. Le fait qu’il omette de soumettre en preuve son courriel du 2 septembre 20X1, ni tous les courriels de relance que j’ai dû lui envoyer durant la période, ou son courriel du 8 mai 20X1 dans lequel il m’indique qu’il s’attend à avoir dans la journée un retour de l’avocat représentant mon ancien employeur et qu’il me tiendra informée, alors qu’il ne m’a ensuite plus donné signe de vie pendant quinze (15) jours pour ne m’écrire que le 23 mai 20X1 et seulement après que je lui aie envoyé deux courriels de suivi, puisque tous ces courriels témoignent d’une partie de ma version des faits, selon laquelle l'avocat véreux m’a laissée dans l’ignorance quant à l’avancement de mon dossier sur la plus grande partie de la période durant laquelle il me représentait et qu’il a, à plusieurs reprises, démontré, au mieux, un grand sens de la désorganisation, au pire, une attention particulièrement déficitaire portée à mon affaire ;
8.4.2. Le fait qu’il omette de soumettre en preuve les quatre (4) courriels que lui et moi avons échangés le 23 mai 20X1, puisque ces courriels témoignent d’une partie de ma version des faits, selon laquelle l'avocat véreux a, à plusieurs reprises, démontré qu’il n’avait pas lu ni écouté les informations que je lui avais transmises, qu’il a ignoré mes instructions quant à la stratégie que je souhaitais prendre pour défendre mes droits, et qu’il n’a jamais répondu aux questions de droit spécifiques que je lui ai posées dès janvier 20X1 ;
8.4.3. Le fait qu’il omette de soumettre en preuve les courriels que lui et moi avons échangés et qui témoignent des incohérences de sa facture, notamment, mon courriel de relance du 21 mai 20X1 auquel il ne répond pas, et celui du 22 mai 20X1, auquel il finit par répondre le 23 mai 20X1 (débutant l’échange de courriels précédemment cité au paragraphe 8.4.2), puisque le fait de soumettre ces courriels démontre qu’il n’y a pas eu de « various email exchanges with client » le 21 mai 20X1, comme il le prétend dans sa facture.
Cette incohérence ajoute un doute supplémentaire quant à la véracité des autres tâches que l'avocat véreux indique avoir réalisées sur mon dossier le 21 mai 20X1, journée où il dit dans sa facture avoir consacré 1,80 heures (au coût de 1 125 $) à mon dossier, mais journée où il ne pouvait apparemment pas prendre la peine de répondre à mes courriels de relance ou de me faire la mise à jour qu’il me promettait le 8 mai 20X1 ;
8.4.5. Le fait qu’il omette de soumettre en preuve les courriels qu’il m’a envoyés et qui témoignent des incohérences de sa facture, notamment une chaîne de courriels qu’il a échangée avec l’avocat représentant mon ancien employeur, dont je n’ai pris connaissance que le 17 juillet 20X1, lorsque l'avocat véreux me l’a transférée, dans laquelle on peut voir que l'avocat véreux et cet avocat n’ont pas eu de « telephone call » le 23 avril 20X1, ni de « call » le 23 mai 20X1, contrairement à ce que l'avocat véreux écrit dans sa facture.
Il semble évident, à la lecture de cette chaîne de courriels, que ce que l'avocat véreux appelle des « calls » avec « PRÉNOM DU GARÇON » ne sont que des tentatives d’organiser des appels, soient des tâches purement cléricales qui ne justifient pas, quand bien même ils les auraient faites, que je débourse seize (16) fois le taux de salaire horaire moyen canadien pour du temps ainsi passé.
8.4.6. Le fait qu’il prétende, dans sa demande, m’avoir appelée à plusieurs reprises durant l’automne 20X1, alors que c’est faux, comme en atteste le relevé de tous les appels que j’ai échangés avec son bureau et que je présente, en liasse, en annexe.
8.5. Quel beau métier, semble-t-il, que celui qui permettrait à un homme de réclamer des sommes pharamineuses pour du temps qu’il aurait passé à faire des choses que lui seul sait, dans des conditions et sous des formes qu’il a lui seul décidées, en passant notamment une bonne partie de ce temps à se faire un copain et à radoter, tout ce temps et ces actes en contradiction apparente avec les demandes et instructions pourtant bien spécifiques que sa cliente lui avait présentées, à plusieurs reprises et de manière non équivoque, notamment par écrit, le tout en tenant ladite cliente dans l’ignorance quant à l’avancement et l’étendue des travaux réalisés, laissant à maintes reprises sans réponses les demandes écrites de ladite cliente d’être tenue informée de cet avancement et de la nature des travaux entrepris, et en ne présentant à ladite cliente une facture pour tous ces grands travaux que plus de quatre (4) mois après les avoir débutés, et plus d’un mois après avoir encouru l’équivalent de la mise de fonds payée par la cliente, montant précisons-le, significatif au regard de la situation matérielle de la cliente et des circonstances qui l’amenaient à consulter cet homme, laissant ainsi ladite cliente devant le fait accompli et n’ayant plus que ses yeux pour pleurer, et que cet homme, pour justifier les sommes qui lui seraient dues, n’aurait à rendre de compte sur tout ce temps soit disant passé à défendre les droits de la cliente, que d’implorer la confiance aveugle en ses prouesses, lesdites prouesses n’ayant au demeurant apporté de valeur au dossier de la cliente qui ne soit visible, semble-t-il, qu’aux yeux de cet homme. Ce serait risible si ce métier ne consistait qu’à brasser de l’air pour distraire la foule. C’est révoltant quand ce métier consiste à être un traducteur du droit au service des citoyens, et que les droits en jeu dans cette affaire relèvent de protections inscrites dans la Charte canadienne des droits et libertés.
8.6. Ainsi donc, je conteste catégoriquement la totalité de la demande présentée à mon encontre par L'avocat véreux.
[1] Présentée par Sarah Megas dans le cadre des procédures intentées à son encontre devant la Cour des petites créances de l’Ontario par un avocat véreux (référence : SCXXXXXXXXXXX)
[2] L’ensemble des courriels et documents que je mentionne sont fournis en liasse en Annexe.
[3] Termes tirés de la facture de l'avocat véreux datée du 17 juin 20X1 et traduits librement en français.
[4] Ibid.
[5] Ibid.
[6] Ibid.
[7] Ibid.
[8] Trouble du Déficit de l’Attention avec/sans Hyperactivité
[9] Établi à 37 $ pour l'exemple (et référence concrète fournie mais foanonimiser)
[10] Je paraphrase, évidemment, car j’étais sous le choc lorsqu’il m’a rapporté cette histoire, mais l’esprit de son message est intact.

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