Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté
Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté
Un bout de soi qui continuait de briller
Une petite flame qui savait espérer
Une lueur qu’il pouvait regarder
Et sans prétention, admirer
« J’en suis fier, car ça, c’est moué »
Il savait se sonder. Sa flamme, il l’avait cherchée
Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté
Ce n’était pas la honte qui l’éteignait
Qu’importent les injures, on riait
De lui depuis toujours, il le savait
Les moqueries, les mesquineries,
Les coups de teupu, c’était bien connu,
Alors qu’on se moque, c’était du déjà-vu
Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté
La honte n’avait plus la moindre emprise, il le savait, car son système digestif était épargné.
Plus aucun relent, ni aucune diarrhée. Plus aucune constipation, soit aucun préjugé
À se raconter sur l’histoire de sa vie, quand il se jugeait. Il le savait : Il était un raté.
Il était né raté. Il avait mangé des ratés. Il n’avait hérité que de ratés. Il ratait à longueur de journée.
Tout cela n’était pas nouveau, il connaissait la chanson : ah que cet homme était polisson !
Rate, rate, ratera, rate ta vie et finis comme un rat ! Ça rimait et ça faisait danser. Il jouait au con
Puisqu’il avait tiré les cartes du bouffon.
Il y avait de l’élan, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus.
La fierté évaporée, il avait disparu.

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