Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté

Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté

Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté

 

Un bout de soi qui continuait de briller

Une petite flame qui savait espérer

Une lueur qu’il pouvait regarder

Et sans prétention, admirer

« J’en suis fier, car ça, c’est moué »

Il savait se sonder. Sa flamme, il l’avait cherchée

 

Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté

 

Ce n’était pas la honte qui l’éteignait

Qu’importent les injures, on riait

De lui depuis toujours, il le savait

Les moqueries, les mesquineries,

Les coups de teupu, c’était bien connu,

Alors qu’on se moque, c’était du déjà-vu

 

Il y avait de l’élan tant qu’il y avait de la fierté

 

La honte n’avait plus la moindre emprise, il le savait, car son système digestif était épargné.

Plus aucun relent, ni aucune diarrhée. Plus aucune constipation, soit aucun préjugé

À se raconter sur l’histoire de sa vie, quand il se jugeait. Il le savait : Il était un raté.

Il était né raté. Il avait mangé des ratés. Il n’avait hérité que de ratés. Il ratait à longueur de journée.

Tout cela n’était pas nouveau, il connaissait la chanson : ah que cet homme était polisson !

Rate, rate, ratera, rate ta vie et finis comme un rat ! Ça rimait et ça faisait danser. Il jouait au con

Puisqu’il avait tiré les cartes du bouffon.

 

Il y avait de l’élan, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus.

La fierté évaporée, il avait disparu.

 

***

Savato Kiriako

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