Appel du 3e jour

Appel du 3e jour

Aux femmes qui aiment les hommes, aux hommes qui aiment les femmes, au monde qui sait brasser des affaires :

Certaines personnes ont dans les veines la prévention des conflits.

À ces personnes le sens de la diplomatie semble venir naturellement. Prévenir, plutôt que guérir, voilà qui coule de source pour ces bonnes gens. Parmi ces gens, une fraction en a fait son métier pour tâcher d’éviter, notamment, les catastrophes à grande échelle, comme celles qui laisseraient toute une population traumatisée et désenchanteraient plus d’une génération.

Cet appel ne s’adresse pas à ces personnes.

Voilà trois jours qu’un chrétien a débarqué à Tiohtià:ke avec la ferme intention de tuer des femmes et du monde qui brasse des affaires, dans des proportions pharamineuses.

Voilà trois jours que ce chrétien a tué un juif et un musulman, avant d’être tué et après avoir tiré plusieurs dizaines de balles, dans toutes les directions, de façon aléatoire, notamment.

Voilà trois jours qu’un dessein explicite de générer une catastrophe à grande échelle s’est soldé par la mort de trois hommes : un chrétien, un juif, et un musulman.

Le chrétien qui a débarqué à Tiohtià:ke n’était pas seulement chrétien. Il était aussi philosophe et il n’était originaire ni de Tiohtià:ke, ni de la province de Québec.

Le juif et le musulman que le chrétien a tués n’étaient pas seulement juif et musulman. Ni le juif, ni le musulman que le chrétien qui a débarqué à Tiohtià:ke a tués ne remplissaient les « critères élaborés » par le chrétien dans son dessein meurtrier.

Le chrétien voulait s’en prendre à deux symboles. Le chrétien a généré un nombre significatif de probabilités de s’en prendre à ces deux symboles, eut égard au nombre significatif de balles qu’il a tirées avant d’être tué.

La Providence, l’aléa, Dieu, en a décidé autrement : les deux personnes que le chrétien a tuées n’incarnent aucun des deux symboles auxquels le chrétien qui a débarqué à Tiohtià:ke voulait s’attaquer.

Pour celles et ceux dont le métier n’est pas de tâcher d’éviter les catastrophes à grande échelle, comme celles qui laisseraient toute une population traumatisée et désenchanteraient plus d’une génération, le troisième jour suivant la mort de deux personnes simplement présentes « au mauvais endroit, au mauvais moment » pourrait sembler « ordinaire ».

 

Un fait divers, comme un autre.

Une menace à la paix des esprits, des familles, d’une nation, comme ben d’autres.

Une tragédie aux airs de déjà-vu : on s’en fiche-tu ?

 

On pourrait se dire qu'on n’en a que faire, à moins d’avoir « un lien » :

Direct avec les personnes affectées, comme les deux personnes que le chrétien a tuées

et/ou

Indirect avec les deux symboles explicitement visés par le chrétien dans son dessein meurtrier.

 

Cet appel s’adresse à ces personnes qu’un lien direct ou indirect ne laissera pas indifférentes, et parmi elles :

Les femmes qui aiment les hommes,

Les hommes qui aiment les femmes, et

Le monde qui sait brasser des affaires.

 

 

Les proches des deux personnes tuées chercheront à donner du sens à leur mort.

Être présent au mauvais moment au mauvais endroit, voilà qui ne suffit pas.

Ces proches pourront s’inspirer de Latifa.

 

En date de cet appel du 3e jour, Latifa combat depuis 14 ans, 3 mois, et 14 jours le cynisme et répond dans la grâce à l’aléa par lesquels son fils a perdu la vie après avoir été « au mauvais endroit, au mauvais moment ».

 

 

 

Latifa n’est ni la première personne, ni la première femme, ni la première mère, à combattre le cynisme, mais elle répond dans la grâce depuis déjà 14 ans, 3 mois, et 14 jours à l’aléa par lequel elle a fait l’expérience directe d’une des plus insoutenables tragédies auxquelles une mère, une femme, et une personne peut être confrontée.

 

Pourquoi, dès lors, se priver des sagesses ainsi répandues, depuis déjà 14 ans, 3 mois, et 14 jours ?

Comment s’inspirer de ces sagesses ?

Par où commencer ?

 

À son échelle à soi, un jour à la fois.

Par exemple, la prochaine fois qu’on entendra un commentaire s’indignant d’une prière dans la rue, on s’interdira d’oublier celle-ci :

Des adieux empreints d’une vive émotion pour le policier tué en service

S’interdire d’oublier, c’est comme la devise de se souvenir.

Garder en tête une image contextualisée, c’est garder entrouverte la possibilité d’un dialogue.

Dialoguer, c’est d’abord chercher à comprendre l’autre.

 

Imposer ses opinions, pour faire son malin et répandre l’infamie, c'est incarner le diable, c'est jouer une game maléfique, et c’est un sourire qui ressemble à ça :

 

Imposer ses opinions, pour faire son malin et répandre l’infamie, c’est un sourire qui sonne comme ça :

"Toutes ces âmes qui mentent
Et qui sourient comme on pleure"

JJG

 

La Québécoise ne vivra pas dans la peur.

Le Québécois ne vivra pas dans l’aigreur.

 

 À son échelle à soi, un jour à la fois, on peut refuser l’indifférence, répondre au cynisme, et contribuer au dialogue, conditions sine qua none d’une paix (d’esprit, de famille, d’une nation), en s’engageant à répandre l’Amour quand le diable répand la haine.

Aux femmes qui aiment les hommes : répandre les pourquoi.

Aux hommes qui aiment les femmes : répandre les comment.

Au monde qui sait brasser des affaires : répandre les méthodes qui contrecarrent le cynisme, lequel cynisme est l'outil de prédilection du monde qui sourit comme on pleure.

 

Faire de quoi, à son échelle à soi, en répandant, notamment, ces pourquoi, ces comment, et ces méthodes dénuées de cynisme, c’est contribuer à prévenir plutôt que d’ignorer, c’est contribuer à prévenir plutôt qu’envenimer, c’est contribuer à prévenir comme l’aurait fait Jésus débarquant à Tiohtià:ke.

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Savato Kiriako, à son échelle, avec des mots

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