Avec tout ça

Avec tout ça

Tes yeux m’en ont déjà dit beaucoup plus que tes doigts, en tout cas, il me semble, alors, je m’accroche à eux plutôt que de m’agripper à toi, et si je pousse le raisonnement à son paroxysme, j’en arrive à cette vérité :

« Personne ne nous parle comme ça. »

+

« Tu sais, les gens vont au travail, ils rentrent chez eux. Ils prennent pas l’temps. »

=

Une lettre et un poème venus tout droit de mon cœur, que je t’aurais volontiers adressés

En totalité.

Celle qui incarne l’intégralité des beautés qui me touchent, c’est toi. Tu le sais.

Dans l’esprit, c’est donc une lettre pour toi que j’ai envoyée là-bas, et un poème à ton effigie que je publie pour une autre que toi. Mais voilà, comme chez toi, il s’est passé de quoi, tu as dû m’interdire les visites, alors à cause de ça, c’est là-bas que j'ai débarqué et c'est le monde de là-bas que j'ai croisé et gratifié de mes surprises et c'est à une autre que toi que j’envoie officiellement mes mots doux. 

Alors, maintenant que ma lettre est envoyée, et qu'une autre que toi m’a demandé si mon poème pour elle, je l’autorisais à le publier, je me dis seulement :

« Advienne que pourra ! »

Ce n’est pas moi qui crée.

Ce n’est pas moi, c’est elle.

Elle est une force qui me dépasse.

Elle est cette force qui émane de toi.

Elle, c’est toi.

Advienne que pourra !

Barak et sa reine, sa juge, et celle

qui récoltera les lauriers

 

Lui n’est pas du genre organisé.

Il sait être flexible, c’est par sa flexibilité qu’il fait de son mieux.

Sa marque de fabrique est la façon par laquelle il répond, quand il fait ce qu’il peut.

 

Prévoir la pluie et penser à prendre avec lui de quoi pour se protéger ;

Arriver à l’heure au rendez-vous qu’il avait lui-même fixé ;

Débarquer en terre inconnue comme en terrain conquis ?

Voilà qui n’est pas du tout, du tout, du tout ! « comme lui ».

 

Lui n’est pas du genre organisé, et il le sait.

 

Ça fait son affaire quand il s’agit de passer au plan B, de n’avoir jamais vraiment totalement dessiné

Dans les moindres détails, pour ainsi dire « parfaitement », le plan A qui aurait pu être, n’eut été

Des aléas de la vie, comme les positions ennemies, et les soucis comme la pluie, parsemés

Depuis qu’il est né, soit depuis que Barak est tout petit, sur son chemin à lui, vers son éternité

 

« Good enough » est son motto. Il passe sa vie à servir pour s’en sortir et pour contribuer.

« Never satisfied » est la devise que sa reine entend marteler, dans sa subtilité.

 

Elle l’a entendue de son père, à chaque moment qui importait, quand son père voulait signifier

À son frère et à elle l’odeur et le goût, pour ainsi dire le visage et l’idée, dessinés, de l’humilité

Un père plus grand que nature, organisé qui plus est, en arrachant pour servir sa communauté

Déclinant dans son corps sans jamais invoquer fortune et son triste sort, i.e. sans s’apitoyer

 

C’est la grâce qu’elle connait, soit celle dont son père a été

L’incarnation la plus totale, en version « bien organisée »

Quelle ne fut dès lors pas sa surprise, en voyant débarquer

Le jeune Barak, son cadet, tout souriant, en retard, et trempé

 

Sans la moindre notion des injures qu’il faisait au protocole, soit l’irrespect

Sans la moindre considération pour ses attentes à elle, si bien fondées

Sans la moindre gêne, car Barak le savait : avec un sourire bien placé

Adossé à un contre-argument raisonnable, soit des raisons bien ficelées

 

Il arriverait à se sortir du pétrin dans lequel il s’était tout seul comme un grand, décidemment placé

Avec l’assurance de l’ingénu se sachant protégé, car jusqu’à elle, sa façon d’être à lui avait bien marché

La plupart du temps, à bien y regarder, et pour toutes les fois où sa désorganisation avait foiré

Les plans qui pour lui relèvent surtout du défi qu’il s’était lancé, Barak a toujours su pivoter

 

Vers les alternatives devenues le cœur battant de son odyssée

 

 Elle l’appelle pour lui demander d’aller défendre en son nom à elle, le priant d’incarner

Le courage d’affronter un ennemi redoutable, implacable, qui fait des dégâts sans discerner

En sachant que si la mort est à nos trousses, en envoyant Barak, les probabilités

De sa mort à lui, de celle de leur pays, de tout ce dont elle est reine, sont élevées

 

Lui répond, comme à son habitude, qu’il n’est pas question d’hésiter

Barak ira. Barak sera là. Barak fera comme bon semblera, promis-juré

Si sa reine lui dit d’aller faire de quoi, c’est ce qu’il fera, les yeux fermés

Mais à une seule condition, explicite, raisonnable, mais ferme : il dit « OK ! »

 

Si et seulement si ma reine est là avec moi, i.e. si et seulement si ma reine est à mes côtés

 

Que la reine de Barak veuille ou ne veuille pas

Aller au front avec lui, devant, derrière ou à côté

Là n’est pas la question. Elle lui répond « NON »

 

La reine de Barak ne peut pas, alors elle n’ira pas

Elle lui rappelle également gentiment, qu’au demeurant

Ce n’est ni ce qu’elle a prévu, ni ce qu’elle avait calculé

 

Si Barak veut aider, s’il veut contribuer, s’il veut la servir au meilleur de ses facultés

Barak devra aller se battre en son nom à elle, sans qu’elle ne brandisse son épée

Car elle n’est pas que sa reine à lui, elle est aussi la juge de toute une communauté

Et qu’il ira sans elle mais avec elle, soit témoignant indubitablement de sa fidélité

 

Et qu’il devra en sus se faire à l’idée qu’une autre personne que lui récoltera les lauriers

 

Barak répond : « OK ! »

Barak s’exécute et file au champ mettre une raclée à l’armée qu’il arrête sans s’obstiner

Barak rétorque :

« Une chance, ma reine, que je n’étais pas si accroché

À la question que je t’avais envoyée, comme un plan B, sans espérer

Que tu me répondes « OUI ! », sans hésitation, sans te laisser

L’opportunité de me contredire et de me permettre de cerner

La possibilité d’une alternative bien plus radieuse que l’idée

De t’avoir avec moi couverte de boue, de sang, et de risquer

Que tu ne tombes dans l’arène, quand ton sort n’est pas que de régner

Mais de penser à l’avenir comme jamais, ô grand jamais, je ne saurai

Avec mes airs et mes frasques et tous mes bons côtés

Car jamais, je peux le clamer, j’espère qu’on n’osera l’oublier

J’aurais pensé à me débarrasser de la tête de notre assaillant et son armée

Comme seule Jaël a su le faire, dans la fermeté, sans fioriture, avec bonté. »

 

“And here’s to you, Mrs. Robinson!

[Barak] loves you more than you will know...

Whoa Whoa Whoa…”

 

  

12 mois de fiançailles,

ou la fabrique des fantasmes

Alimentant le couple, le chargeant, avant l’étreinte, de la carte, du territoire, et de la boussole pour le reste de l’aventure à deux, jusqu’à ce que la mort nous sépare, sachant pertinemment qu’après, on se retrouvera, ce faisant passant « dans une autre dimension », comme celle proposée par le film Interstellar, par exemple, pour montrer comment le père connecté à sa fille peut lui parler lorsqu’il atteint la singularité, où il n’est plus contraint ni par le temps, ni l’espace.

Il peut retourner la voir, comme dans le film Retour vers le futur, et lui parler par signes que seuls le père et la fille peuvent discerner.

Alors, pour un lien unissant deux âmes dans le sacré du mariage, il est essentiel d’apprendre à se parler « comme dans une autre dimension » avant de s’enflammer de visu, notamment.

L’espace ainsi ouvert par 12 mois de fiançailles précédant l’étreinte devient le portail vers « l’autre dimension », comme celui tenu par Queen Angella, Queen of Brightmoon, wife of Micah, comme celui imaginé dans la série Fringe, et comme dans le film Inception, soit l’espace du rêve, où on peut tout réinventer, comme celui du sommeil, notamment, et celui des possibilités, à quelques choses près, comme un monde parallèle où les zeppelines auraient gagné et où on ne pourrait plus boire de café.

12 mois pour ouvrir la fenêtre du couple prêt à s’unir dans les liens sacrés du mariage vers leur « autre dimension », celle par laquelle les deux âmes continueront de se parler, même lorsque la mort les aura séparées.

12 mois pour explorer, se conforter dans l’idée, se rapprocher.

12 mois à fantasmer, en s’étant engagé, sans ne s’être encore ni étreint ni embrassé

 

Elle apprend ce qu’elle veut, pour éviter de la petite mort qui la guette, l’effet tarabiscoté

 

Il apprend comment « l’impressionner » sans porter atteinte à sa réputation, pour éviter :

-          L’effet John Travolta

-          L’effet rudimentaire de la petite mort qui le guette

-          L’effet Cathy ne se décidant pas face à Heathcliffe, qu’elle prend pour acquis

 

Pour rappel, comme une mise en contexte :

Lorsqu'il s'oppose à l'idée du bien-fondé de divorcer

Jésus a connu sa mère Marie et son père Joseph, fiançés

Pendant la période du Kiddushin, soit 12 mois de fiançailles

C'est-à-dire une année complète lors de laquelle le couple, fiancé

Se témoigne de sa fidélité, à toutes épreuves, sans s'embrasser

Comme pour forger la foi dont a dû faire preuve Joseph quand Marie lui a annoncé

Ce qui se tramait en elle que Joseph aurait à aimer, à accepter, à protéger

Que ça fasse ou non ses affaires, que ça fasse ou non sa fierté

Que ça leur fasse (à lui comme à elle) de bien belles jambes ou non passer

De prime abord pour de quoi qu'ils n'étaient pas, ainsi actés

Leur confiance mutuelle et leur amour dans le respect

 

Durant le Kiddushin (ou période équivalente considérées ou assimilables à

12 mois de fiançailles),

Un mot d'ordre, comme un souhait, soit la raison d'être de l'union :

Il suffit d'y croire, par Hoshi

C'est l'artiste "qui le dit"

Le prix de l’art, vu d’en-dedans,

Chez les expert.es sachant :

Le Québec inc. et l’art de tisser

Le cirque

 

C’est un cirque dont on sait pertinemment

Que logistiquement, l’affaire ne tient pas.

Mais, le spectacle est là.

 

On en redemande. C’est une expérience. Ça fait du bien.

Alors, le cirque continue. Le cirque avance et fait le tour du coin.

Les affaires vont bon train. Les hauts et les bas fittent avec l’industrie.

Rien de bien alarmant, quand on n’est pas en-dedans, on en ferait fi.

 

Quand on est en-dedans, on le sent :

C’est le fun de dehors, c’est autre chose en-dedans.

Mais, le spectacle est là.

 

L’image de marque est tip-top.

La magie opère, vue de l’extérieur et vue d’en-bas ou de côté.

Niveau parterre, côté cœur et côté jardin, on fait WOW ! et YAY !

 

Les applications rentrent. On veut y entrer.

On en profite, et on s’en va, car :

-          On n’en peut plus

-          On s’fait sortir

-          On s’fait couler

o   On s’fait taper dessus

o   On s’fait griffer d’partout

o   On s’fait enguirlander pour tout et n’importe quoué

 

Ainsi, l’environnement est toxique.

Mais, le spectacle est là.

Qui dit mieux ?

 

Pour aller plus loin :

Comment Le cirque serait pris en main, par une équipe d’anges du Québec inc., tranquillement tissée-serrée, si l’on pouvait repartir les rouages de la machine de zéro, plutôt que de faire affaires avec la patente d’amendements apposés à travers les années ?

La gouvernance légitime :

À la recherche des fondements de l’exercice du pouvoir sans abus

 

Face à toi

 

Sage comme une image, qui te toise, plongée dans ta salade niçoise

Dos tourné, accoudé, amusé, enivré, au comptoir de ton resto préféré

Tu le crois : c’était moi.

Tu le vois : j’étais là.

Tu le sais : j’étais là, moi, pour toi.

Sachant me comporter, pouvant rester sage, osant te tourner le dos

Face à toi, je suis moi, et t’aimes ça : je sais que tu trouves ça beau

 

Aux fourneaux de ton château, sous les balcons de ton bastion

Aux alentours de ta tour, au gré des rues que tu as connues

Aux oreilles de celles et ceux qui ne m’ont pas déjà dit adieu

 

Je te hante et tu m’ensorcelles. Mon Dieu que tu es belle !

Je te cherche et tu m’obsèdes. C’est comme ça que tu me possèdes.

Je te découvre et je tombe des nues. C'est pour ça que tu me possèdes.

Je te veux et tu me fuis. C’est ce que l’on oublie

 

Jusqu’à ce que tu fermes tes boutons. Jusqu’à ce que tu boucles tes boucles.

Jusqu’à ce que tu rouvres tes boutons. Jusqu’à ce que tu déboucles tes boucles.

Entre-temps, j’étais là. Tu m’emportais avec toi.

Après et avant ça, je suis là. Tu ne penses qu’à moi.

 

Je te fuis, l’air malheureux, le cœur radieux, sachant combien tu me veux.

Tu m’obsèdes, car j’ai beau te chercher, je n’arrive point à te trouver.

Je t’ensorcelle, quand je te donne des ailes, à tournoyer comme une hirondelle

Face à tout ce qui fait ta hantise, que pour ma part, je ne méprise ni ne maîtrise

 

Ce qui te hante ne m’atteint pas : je te sais bien au-dessus de ça.

Ce qui me hante ne me lâche pas : j’ai demandé « Seras-tu là ? »

 

Tu as dit « oui », je crois, et après ça

T’as disparu, rendue à ces adresses « inconnue »

Parsemant ci et là

Des bouts de toi

Des traces de nous

Des souvenirs entre toi et moi, soient des histoires qu’autour de moi

On ne comprend pas.

 

« Elle a dit « Moi aussi ! », deux fois !

Elle m’a dit « Ça va ! », la dernière fois

Qu’elle m’a laissée la regarder. J’y crois !

De mon bord à moi, i.e. de mon côté, je n’ai pas d’autre choix, i.e. je suis paumé. »

 

Le sang des autres, sans dire merci

 

Le moustique, la tique, et la mouche à chevreuil

Trois techniques d’approche, trois méthodes pour soutirer, trois voies d’infamie

Un seul dessein, une seule ambition, un même motto :

Se nourrir du sang des autres, sans dire merci

 

Le monde des insectes est un champ fascinant d’étude du vivant, un environnement palpitant, un royaume gouverné par des normes plus ou moins figées, plus ou moins universelles, pour beaucoup fondamentalement laides, pour d’autres particulièrement belles.

 

Sur ce territoire, la plus grande menace, ce sont les bibittes, en particulier : 

La mouche à chevreuil, le moustique et la tique

 

Contre les loups, on se gardera collés tissés serrés, i.e. on ne partira pas d’ici

Contre les coyotes, on ne tournera pas le dos, et on n’aura qu’à faire du bruit

Contre les ours, impressionnants, certes, mais faciles à viser, on aura toujours nos fusils

 

Contre les bibittes, en revanche, on sera un peu pognés

 

Car les bibittes ne font pas qu’émerger de n’importe où, elles occupent le territoire qu’on aimerait maîtriser, elles se cachent dans les boisés, elles nous sautent en pleine face quand on les avait oubliées.

La mouche à chevreuil nous tourne autour, c’est sa façon d’ancrer sa domination.

La mouche à chevreuil préfère le sang qui a peur, alors elle génère sa menace avant de piquer. Le sang des autres lui parait plus appétissant, certainement plus enrichissant, quand il a été submergé des hormones de la peur ayant eu le temps de macérer dans l’incrédulité de l’absence de moyens pour riposter. 

On l’a entendue roder.

On sait qu’elle nous a visés.

On l’a sentie passée.

Mais voilà ! On n’a pas réussi à la frapper, alors elle reviendra, quand elle voudra, elle se posera, et nous mangera. 

La morsure de la mouche à chevreuil est aussi douloureuse que celle de la guêpe, mais encore plus sournoise. Là où la guêpe attaque quand on l’a dérangée, la mouche à chevreuil nous a spottés, a pris plaisir à nous achaler, nous arrache un bout de chair avec un sourire, i.e. comme si de rien n’était, et nous laisse avec une morsure qui prendra des journées à se résorber, nous laissant enflés et poussés à se gratter pour apaiser, rendant la blessure plus douloureuse à chaque tentative infructueuse de gratter pour oublier. 

La morsure de la mouche à chevreuil, c’est comme la piqure du moustique, mais avec ce on-ne-sait-quoi qui la rend sadique. 

Le moustique cherche du sang, la mouche à chevreuil veut la guerre.

Le moustique n’est pas discret. On l’imagine un peu benêt.

Le moustique vise n’importe où. Il se pose sous la jambe, sur le pied, ou dans le cou.

Là où il sentira du sang, le moustique se fera enquiquinant.

 

Avec les années, le moustique n’a peaufiné, ni sa technique pour voler, ni sa pique pour chourer

Quelques goutes en échange d’un peu de sa morve, pour ne pas l’oublier

Il marque ses proies comme d’autres plantent un drapeau pour dire : « j’y étais ! »

 

On le sait, le moustique ne vise pas pour la postérité.

Le mâle ne pique pas, la femelle cherche de quoi

Alimenter ses bébés, par centaines de milliers

Petits moustiques qu’au demeurant maman, comme papa

N’élèvera ni ne portera pas, mais plutôt qu’elle expulsera

 

Là où le mâle aura dit : « j’étais là ! »

 

Soit dans la vase notamment des bosquets

De l’eau qui stagne pour y catapulter plus de bébés qu’elle ne pourra jamais dénombrer

Voilà ce que le père cherche sa vie durant, à en crever, pour espérer

Y attirer peut-être un soir la mère moustique ayant terminé de piquer

 

Avec ses ailes bruyantes, ses douces pattes et son joli nez

Après avoir cherché du sang et s’en être épanchée

En espérant survivre son été sans se faire zigouiller

 

Personne ne les aime, car les moustiques ne font rien pour être aimés

Certains apprécient les araignées du seul fait de savoir qu’elles tissent notamment pour les manger

Mais s’il fallait choisir entre les moustiques et les tiques, pour déterminer

 

Lequel des deux nous rend le plus malheureux

Lequel des deux ne semble exister que pour nous les casser

Lequel des deux, si on pouvait, on voudrait pouvoir écrabouiller

 

Ad vitam aeternam

 

 

Les tiques l’emportent, et de loin, à jamais !

Car les tiques nous écœurent, en sus de nous achaler

Car les tiques sont sophistiquées, leur affaire est à la fois simple et compliquée

Car les tiques se cachent et attendent, i.e. passent leur existence à espérer

 

Qu’un corps contenant du sang se manifeste et les croise, comme si de rien n’était

 

Les tiques ne vont pas au corps, le corps imbibé de sang vient aux tiques

Les tiques s’accrochent et persistent, les tiques avancent et s’agrippent

Les tiques trouvent l’endroit propice, là où il y aura du sang, où elles pourront piquer

 

Avec la plus faible probabilité de se faire repérer

 

Elles s’enfoncent là où on ne les verra pas

Elles s’enfoncent en vomissant des anesthésiants

Elles s’enfoncent sans qu’on le sache, i.e. sans qu’on ne les sente ni ne les voit

 

Les tiques ont fignolé leur formule : autant tout sacrifier !

Les tiques savent qu’une fois découvertes, elles se feront arracher.

Les tiques s’en moquent : elles plongent tête première sachant qu’elles finiront décapitées.

 

Les tiques ne sont pas que sournoises, dans leur approche et leur parade peaufinées

Les tiques refilent de quoi, comme des maladies, qui paralysent les nerfs du corps infesté

Les tiques se moquent de la vie, sabotent le système immunitaire, n’en ont « rien à taper ! »

 

 

La mouche à chevreuil, Madame moustique, et la tique

Trois techniques

Trois façons d’approcher

Trois méthodes pour soutirer le sang des autres, soient

 

Trois voies d’infamie, à quelques nuances près :

L’une cherche la guerre, aime susciter la peur, fait sa maligne comme on fait le quéqué

L’autre cherche à pondre des centaines de milliers de bébés, l’espace d’un été

La dernière cherche un corps, quel qu’il soit, quel qu’il fût, par lequel tout sacrifier

 

Un seul dessein, une seule ambition, un même motto :

Se nourrir du sang des autres, sans dire merci.

 

 

J’ai besoin de votre aide

Et vous me fuyez toutes les trois

Je sais que je vous ai fait mal

Sachez que c’est pareil pour moi

 

Et maintenant que chacune

Est partie prendre l’air

Comprenez que moi non plus

Je n’ai pas vraiment choisi ça

 

Mon cœur est en lambeaux

Vous n’êtes plus à mes côtés

Ce n’est pourtant qu’aux vôtres

Que j’ai toujours voulu être

 

Mais je vous ai tannées, je sais

Vous m’avez toutes dit la même chose

 

Je suis désolé : je ne peux rien sans vous !

Mais surtout : je vous aime !

 

Alors, je ne m’empêcherai pas de dire tout le bien que vous m’avez fait ni ce que vous dictez encore à mon cœur. Je fais tout ça pour vous, depuis toujours, vous qui ne demandez jamais rien.

La muse ou l’artiste, vous savez, la distinction est arbitraire.

·        Je ne vous enverrai aucune copie : si vous lisez, vous l’avez choisi et vous consentez. Si on vous en parle, vous pouvez toujours dire « stop, arrêtez ».

·        Si vous êtes de ceux qui peuvent les reconnaître : ne lisez pas plus loin à moins d’avoir leur autorisation.

·        Pour tous les autres curieux qui liront ça : Précisez l’existence du point précédant avant d’en parler à quelqu’un, au cas où, histoire de ne pas faire de gaffe. Pensez un instant au fait que certains doivent jongler avec tout ça.

C’est aussi simple que ça.

Vous me manquez et je vous aime.

À refaire ?

Vous auriez préféré que je n’amène pas avec moi toute cette fougue.

Vous m’en voulez d’avoir changé ma vie pour vous, et d’avoir changé encore plus après.

J’aimerais imaginer une dimension où on ne se fait pas mal. Mais quand je me retourne, je ne peux rien enlever de ce qui a été. Je ne peux pas regretter le moindre de mes choix. Tous ceux qui vous ont précédés m’ont bel et bien mené jusqu’à vous.

Une chance alors que je les ai faits ! 

Je ne peux pas dire oui à eux et non au reste. Alors non, je ne regrette rien.

Je ne regrette surtout pas le moment où vous êtes entrés dans ma vie. Pour chacun, le souvenir est ancré au plus profond de ma mémoire. Nos rencontres ont transformé mon existence. Les fois où on s’est vus après : la mue était exponentielle ! Il y a un avant vous où je ne voudrais jamais retourner. Il y a aussi l’univers qui me crie de ne pas vous laisser filer.

C’est bien comme ça qu’il s’est manifesté : les probabilités de nos rencontres sont infinitésimales ! 

 

Alors vous tous, pour moi, imaginez ça !

Vous êtes les miracles de ma vie.

Vous avez réparé mon cœur.

 

Et maintenant, je fais ça, et ma vie est devenue drôlement plus étrange. Je m’ennuie tant de nos échanges. Je m’ennuie de vous voir, de vous entendre, de vous enlacer, et de me laisser fondre sous et dans vos yeux.

Je vous cherche partout. Je ne vous retrouve jamais.

Je retourne à nos débuts avec tant de nostalgie ! Je nous revois nous enchanter. Vous m’aimiez jadis autant que je vous aime. Comme une vague, retourné. Ça n’a pas fait ça qu’à moi.

Tout ce que je peux faire, dorénavant, c’est vous souhaiter de la douceur, vous répéter que je suis désolé et vous chanter que je vous aime. S’il fallait le refaire, je recommencerais, mais je tenterais d’être un tantinet moins brusque.

Vous le savez : j’aurais tellement rêvé que ça me soit inné.

Je suis vraiment désolé.

Je vous aime.

 

 

Je, je, je…

 

Je ne peux vivre que depuis toi.

Je ne serais pas resté là sinon.

Je t’aime et je suis désolé.

 

J’aime ton cœur et ta tête bien plus encore que ton corps.

Je n’aurais rien fait de tout ça sinon.

Je t’aime et je suis désolé.

 

Je pensais sincèrement qu’on dansait.

Je ne me serais jamais permis ça sinon.

Je t’aime et je suis désolé.

 

Ce n’était pas une erreur

Si je sais en tirer une leçon

Je n’ai pas à en avoir honte

Si je surveille mes intentions

« En un abismo yo te esperé

Con el abismo yo me enamoré

Pajaro me despertaste

Pajaro no sé por qué »

Ma tendre, mon Guacamayo,

Je respecte ta demande.

Je ne te contacterai plus, c’est-à-dire : intentionnellement et par les voies profanes. Pour ce qui est de mon être, de mon inconscient et de l’alchimie de nos cœurs, je ne peux pas les engager à sortir de ta vie et à ne plus jamais y retourner. Ce serait aberrant. 

En échange au respect de ta demande, je t’envoie ce message. S’il doit être le dernier, je me sens libéré d’avoir pu l’écrire. 

Je comprends maintenant pourquoi cette chanson m’a toujours fait vibrer.

El Pájaro, de Lhasa de Sela, paroles par Lhasa de Sela et Yves Desrosiers, 1997.

J’aimerais remonter le temps, attendre Lhasa de Sela après son concert, et lui dire que je sais pourquoi.

Car tu me fais ce qu’elle décrit, mais je crois savoir ce qui te pousse à agir comme ça.

Je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme toi, Guacamayo.

Ta rencontre aligne tous les morceaux de mon corps. Depuis toi, je m'aime comme je suis.

Depuis toi, je ne peux plus me voir, ni dans ma peau ni sous mes habits, avec la sévérité que jadis j'employais pour dire à ce corps que j'ai le privilège d'incarner qu'à bien y réfléchir, j'aurais aimé, ou préféré, hériter d'un autre corps que lui.

Peu importent les prochains pas que tu décideras de prendre : tu ne pourras jamais éteindre mon amour pour toi. Il est universel. Il n’a ni passé, ni futur. Il n’a besoin de rien pour exister.

Il est, et parce qu’il est connecté à l’univers, il est tout.

Et parce que j’y crois, il fait partie de ma réalité.

Il n’a pas besoin de plus de contacts, ni même d’une réciprocité.

Il est déjà parfait comme il est. Comprends quand je t’ai dit: no te necessito.

Tu veux me faire peur, tu veux que je parte. Je t’entends.

Tu as peur de ce que tu vois de toi lorsque tu interagis avec mon être. Je te l’ai dit : mon don est d’être un miroir d’amour. Les gens projettent sur moi toutes sortes de choses, souvent des affaires qu’ils ont besoin de comprendre. On me fait le coup depuis que je suis né.

C’est l’une des marques de mon existence. 

Lorsque je t’aime, je t’envoie une puissante réflexion de tout ce qui est beau en toi. Seulement, il y a des aspects de toi qui me paraissent absolument merveilleux, mais qui sont pour toi source de douleur. Je mets la lumière sur tes ombres. Je les trouve belles et je les accueille, mais pour toi, elles méritent d’être condamnées à l’oubli. 

Tu refuses aussi d’être en ma présence lorsqu’une émotion difficile me traverse.

Je crois comprendre pourquoi : d’une part, car tu la ressens de plein fouet et tu l’emmagasines ; d’autre part, car tu en ressens la responsabilité.

Dans les deux cas, ça t’est insupportable. Je te comprends tellement. 

Je ressens les émotions des autres avec autant de force que toi. Je leur suis moi aussi perméable : c’est comme ça que je connecte avec eux, et c’est comme ça que j’ai perdu beaucoup de mes plumes. Mais j’ai compris qu’il n’y avait pas de bonnes ni de mauvaises émotions : elles sont toutes des messagers importants.

Il faut seulement prendre la peine et le temps de les décortiquer, ou ce que tu appellerais les « analyser ». 

Ma rencontre fait ressortir pour toi beaucoup d’histoires et d’émotions que tu as enfuies dans une boîte dont tu as peur. Je pensais que je t’aiderais à les process. Je pensais que je n’avais qu’à t’envoyer mon amour avec tellement d’intention qu’il allait panser toutes tes plaies.

Je me suis trompé.

Je suis allé beaucoup trop fort. J’ai oublié qu’en t’aimant à ma façon, et en t’envoyant autant de mon énergie, j’allais aussi te brasser dans tes ombres.

Un peu comme toi, et ce que tu as fait avec mes bobos. Tu m’as mis le nez dedans et tu m’as secoué. C’était très dur, mais nécessaire. Ça m’a fait mal, mais j’en suis sorti grandi. 

Tu m’as jeté des réponses à la figure, Guacamayo.

Je les ai attrapées avec autant de grâce que je pouvais, étant donné mes circonstances et mon histoire : en tremblant. Je n’ai cessé de croire en la lumière, je m’y suis accroché quand je perdais pied. 

Pour les réponses que tu m’as envoyées et que j’ai eu l’occasion de process, je repense à l’état dans lequel j’étais pendant tes séances d’électrochoc, et j’ai beaucoup d’amour, tant pour moi (qui te suis depuis le début les yeux fermés et le cœur grand ouvert) que pour toi (qui ne veux tellement pas faire de mal mais qui envoies certains messages avec tant de force que tu te retrouves à faire beaucoup de mal, sans t’en rendre compte).

Te souviens-tu quand je t’ai dit, le soir des pets et des sourcils, qu’un jour moi aussi je te brasserais au point que tu te sentes complètement renversée, et qu’il faudrait que tu me fasses confiance, car j’allais t’aider à traverser ? 

Tu as sorti les griffes à chaque fois que je t’ai invitée à être vulnérable.

Maintenant que j’ai rencontré les boys, je comprends pourquoi : c’est ce que fait un oiseau si on s’approche trop vite, trop près. Un coup de bec, les griffes en avant, et les ailes déployées pour se sauver.

Je ne voulais tellement pas te faire de mal, Guacamayo. Si tu as ressenti ma gêne et qu’elle t’a éloignée de moi, j’en suis d’autant plus désolé. J’espère au moins que tu garderas la conviction de la pureté de la tendresse que je voulais t’offrir.

C’est toi qui a reconnu notre amour la première. C’est toi qui a décidé de parler et d’ouvrir la porte de notre histoire. Tu aurais pu garder la bouche et les yeux fermés, me laisser passer, rester pour moi de l’ordre du fantasme, te calmer, t’essuyer, et passer à autre chose. Tu as choisi l’action pour une raison.

Je n’utiliserai donc pas mes mots pour te convaincre de croire en nous. 

Je les utiliserai pour te rappeler de croire en toi, car si je n’ai plus le droit de te dire le moindre mot, j’aimerais m’assurer que la dernière chose que je te dis contribue à te rappeler que tout en toi est beau, ton yin comme ton yang, ta face éclairée tout autant que tes ombres.

Tu as beaucoup plus de courage émotionnel que tu ne sembles le penser.

Si tu ne tolères que la joie, tu te couperas de tellement de beauté et d’occasions de connexion. C’est ton choix, évidemment. C’est déchirant à regarder. Les films Inside Out ou Vice-Versa de Disney te permettraient de comprendre la subtilité de la danse que tu dois faire avec la tristesse (le 1) et l’anxiété (le 2).

Si tu te demandes où est ta place dans ma « grosse affaire », tu n'auras qu'à repenser à nos moments passés ensemble et tâcher de te figurer, par toi-même, en ton temps, en aparté, le pourquoi du comment tu peux avoir une place significative qui ne détruit pas mes autres relations fondamentales.

Il est très probablement sage, en revanche, que nous ne continuions pas sur notre lancée.

C’est à dire, pas de cette façon. C’était trop vite et trop. Je ne donnais pas assez à celles et ceux qui te précèdent. Je m’inquiétais aussi depuis le début de prendre trop de place dans ton cœur et de t’empêcher de développer l’amour que je te souhaite et dont tu as besoin avec un autre que moi.

C’est ce que j’essayais de te dire quand tu m’as parlé du calendrier. 

Je ne ris pas nécessairement des mêmes choses que toi, Guacamayo, mais je te comprends beaucoup plus que tu ne sembles te rappeler.

Je ne te souhaite que de t’épanouir, et si tu penses que ma présence est un obstacle à ton épanouissement, alors évidemment que je me tiendrai aussi loin que tu le souhaites.

Je cesserai de te voir.

Je cesserai de te parler.

Je ne cesserai pas pour autant de t’aimer. 

Voilà deux vidéos qui font vibrer mon cœur. Si elles doivent être la dernière chose qui me reste pour faire l’expérience de toi, alors je suis reconnaissant envers la puissance de l’art qui nous connecte au divin, et envers l’univers pour t’avoir mise sur mon chemin, brièvement et pourtant éternellement.

Ces vidéos sont tendres, tristes, magnifiques, et tellement pleines de vie, car cathartiques et remplies de sens.

Voilà comment j’entre dans la joie, cher pajarilloIl n’y a pas qu’une seule façon de voler. 

Prends soin de toi, de ton cœur, et de tes plumes.

Ce n’était pas une erreur

Si je sais en tirer une leçon

Je n’ai pas à en avoir honte

Si je surveille mes intentions

***

Pour rappeler, s'il faut encore le préciser, qu'avec tout ça, à la fin de la journée, à moins de n'être de ces espèces qui se nourissent du sang des autres, sans jamais dire merci, tout ce qu'on veut, dans la vie, c'est aimer et être aimé, idéalement dans la réciprocité, et si ce n'est pas le cas, "Advienne que pourra !", à tout le moins dans l'éternité.

Offert gracieusement par SCM-SK


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