« Ça ne tient pas debout, passé le troisième couplet. »

« Ça ne tient pas debout, passé le troisième couplet. »

Il pouvait voir l’attrait à petite échelle, à petite dose, et à court terme seulement.

 

Il avait fini par adopter avec entrain le principe qui l’entourait et l’arrangeait.

La première fois qu’on le lui avait mentionné, il avait pourtant rejeté

Avec véhémence, fermeté, et une certaine curiosité

Ce principe dont il ne voyait aucun sens, quant à son applicabilité.

 

« Ça ne tient pas debout, passé le troisième couplet. »

C’est l’effet que le principe lui avait inspiré.


 

Il pouvait voir l’attrait, à petite échelle seulement.


Dès lors qu’il s’agissait de le mettre en œuvre, il était forcé de constater

Que le principe ne tenait pas la route :

Car il s’agissait de le cacher ;

Car il s’agissait de diviser ;

Car il s’agissait de manipuler

Le plus grand des mystères, s’il en était.

 

Il croyait en la sacralité du mystère, et dans les faits,

Il n’avait pas la moindre envie de devoir passer

Le reste de sa vie à :

Cacher, diviser, et manipuler

Le plus grand des mystères, s’il en était.

 

En découvrant la figure de Gatsby, il avait médité

Quant au mépris qu’il avait ressenti

À l’égard de la figure de celui

Qui, non content d’avoir « pour lui »

Celle qui était « absolument tout », pour Gatsby

Avait qui plus-est le mépris

De tromper sa femme, pour une autre, ébahie

Qu’il se permettait de frapper, de traiter avec mépris,

Dédain, violence et il en passait : cet homme inspirait le mépris.

 

Quand il sentait en lui monter le goût du mépris,

Il avait appris qu’il s’agissait d’une occasion de méditer

Sur les origines du mépris qu’il ressentait.

 

En l’occurrence, il ressentait du mépris

Face à la figure d’un homme prenant sa femme pour acquise

Avec autant de mépris que celui qu'il témoignait à l’égard de la vie d’autrui

Soit de cette femme qui l’aimait, elle aussi, qu’il prenait pour acquise

Quand, non content de tromper sa femme, il frappait et violait

Celle qui était "sa" maîtresse, et qui continuait

De le voir, car elle en était, malgré tout, elle aussi éprise.

 

Ce scénario lui rappelait les triangles amoureux des histoires d’amour

Racontées depuis des millénaires, avec le degré supplémentaire


De montrer le visage de ce qu’une personne imbue de pouvoir

Est amenée à se permettre de faire, en toute impunité

Sans qu’une Antigone ne vienne défendre l’honneur de ses sœurs

Avec un Roméo slash Jack venant défendre l’honneur d’une femme

Déjà mariée, qu’il prendrait lui aussi, cordialement, pour être sa femme


Quand elle aura trouvé l’espace et le temps de répondre favorablement

À l’une de ses milliers d’invitations, respectueusement et décidemment

Envoyées avec autant de splendeur et de respect

Que Gatsby pouvait tâcher de démontrer

En appelant sa mie, aussi sa voisine de pallier,

Pour qu’elle embarque avec lui, quand elle aura fini de débarquer


De noces badigeonnées du mépris

Impunément répandu

Par son mari

Non content de la faire cocue,

Se permettant

De violenter les femmes

Dont il se sent attiré

Aussi

Dans leur chair et leur âme

Rendant le cœur de ces femmes

Aigri au point d’en vouloir à la vie,

Comme à Gatsby,

D’oser taquiner

Les principes de fidélité et de respect

Pour encourager

La séparation d’un couple marié.

 

Quand il avait appris les cachoteries de Gatsby

Il lui semblait évident qu’elles n’effaçaient pas ni ne compensaient

Les mensonges et les violences du mari

Mais que s’il devait exister une échelle d’offenses administrées

Aux institutions sacrées,

Comme celle du mariage par lequel un couple se promet

Fidélité, amour et respect,

Alors, les cachoteries de Gatsby seraient d’après lui considérées

Comme moins irrespectueuses que celles du mari, impuni.

 

Dès lors, l’infidélité du mari, dans l’histoire de Gatsby,

Suffisait, selon lui, à justifier les actes par lesquels Gatsby,

Passe le livre et les films à tenter, jusqu’à y laisser sa vie,

De convaincre sa voisine de palier de quitter son mari

Pour s’en aller gaiement loin du mari, avec Gatsby.

 

De surcroît, la violence du mari, dans l’histoire de Gatsby,

Suffisait, selon lui, à justifier les actes par lesquels Gatsby,

Passe le livre et les films à tenter, jusqu’à y laisser sa vie,

De convaincre sa voisine de palier de quitter son mari

Pour s’en aller gaiement loin du mari, avec Gatsby.

 

Ainsi, l’infidélité et la violence du mari, dans l’histoire de Gatsby,

Suffisait, selon lui, à justifier les actes par lesquels Gatsby,

Est le héro de l’histoire, non pas car il en a organisé des partys,

Car ses partys se basaient sur des cachoteries,

Mais est le plus grand amant que celle pour qui Gatsby

Prend le blâme, perd la vie, passe ses jours et ses nuits

À tenter de la convaincre de l’aimer lui, plutôt que le mari

N’aurait jamais pu remplacer, ce qui en fait une tragédie

Non seulement du sort de Gatsby, qui en perd la vie,

Mais du reste de la vie de celle qui aimait Gatsby

Mais qui n’a pas osé lui prendre la main et partir avec lui.

 

Un homme inspirant le mépris,

Par ses agissements de mari,

Resté impuni

Des violences physiques exercées

Des menteries à sa femme envoyées

Des manipulations et des tromperies

Pendant qu’un homme, The Great Gatsby,

Perd la vie

Laissant seule pour le pleurer : sa mie.

 

Exercer des violences sur les corps des autres, c’était depuis longtemps : non merci.

Ne pas tromper la personne à qui l’on a juré fidélité, pour la vie,

C’était initialement : ben oui !

Mais avec le temps et l’influence des mouvances des idées qu’il voyait autour de lui

Tromper sa femme était devenu une idée que des courants arrivaient à expliquer et qui


Justifiait selon lui la ténacité de Gatsby, sans qu'il ne prenne la peine de penser

Au fait qu'il se peut qu'elle aime aussi son mari, qu'elle ne quittera pas pour lui.

 

Si l’idée pouvait sembler attrayante, à petite échelle seulement,

Dès lors qu’il s’agissait de penser aux autres personnes impliquées,

« Ça ne tenait pas debout, passé le troisième couplet. »


 

Il pouvait voir l’attrait, à petite dose seulement.

 

Dès lors qu’il s’agissait de le mettre en œuvre, il était forcé de constater

Que le principe ne tenait pas la route :

Car il s’agissait de le cacher ;

Car il s’agissait de diviser ;

Car il s’agissait de manipuler

Le plus grand des mystères, s’il en était.


Il croyait en la sacralité du mystère, et dans les faits,

Il n’avait pas la moindre envie de devoir passer

Le reste de sa vie à :

Cacher, diviser, et manipuler

Le plus grand des mystères, s’il en était.

 

Quand on lui avait présenté le principe, on avait insisté

Sur les bénéfices permis par le principe, sur le foyer.


On lui avait dit que l’important était de savoir ce qu’on voulait :

« Avec ta femme, tu fais ces affaires-là.

Avec les autres, tu fais ces affaires-ci.

Quand tu rentres pour dormir, t’as ton niveau d’énergie

Aussi haut que tes ambitions, mon ami ! »

 

On avait mis de l’avant l’échappatoire que représentait l’infidélité

Non seulement pour permettre au couple initial de perdurer

Grâce notamment au regain d’énergie et aux conflits apaisés

Mais de surcroît pour permettre à la chance de faire rencontrer

D’autre monde avec qui partager toute sorte de complicité

Incluant le partage des charmes, « car pourquoi pas s’priver ? »

 

Lorsqu’il s’agissait de faire la promotion du principe, on y allait

À tirer les traits gros pour faire miroiter

Qu’une complicité incluant les charmes

Était après tout : tout ce qui comptait.

 

Avec ce genre de lunettes, il avait en effet

Pu remarquer que ben du monde qu’il rencontrait

Pouvait potentiellement représenter

Une personne avec qui des charmes pourraient

Si l’envie était mutuelle, être partagés.

 

L’ambiguïté n’était pas permanente, mais elle était

Omniprésente.

N’importe quelle nouvelle personne pouvait,

Potentiellement,

Représenter une personne avec qui échanger

Assez pour se connaître et se dévoiler

En laissant entrouverte la possibilité

Que si le courant passait,

Y’avait moyen de négocier.

 

À la première ambiguïté, il avait en effet

Ressenti un courant de vie l’enivrer.


L’ambiguïté avait passé

Le stade d’un échange de réciprocité

Sans être suivie d'une invitation à concrétiser.


L’idée d’une possibilité d’infidélité

Quand il avait déduit qu’en effet

Il lui faisait à elle aussi de l’effet

Avait placé une femme qu’il ne connaissait

Ni d’Ève, ni d’Adam, ni même du quartier

Au stade de femme avec laquelle il y avait

Moyen de négocier une infidélité.

 

Il s’était senti revivre, quant aux aspects

De son intimité qu’il continuait de cacher.


Il avait pensé à elle, pas peu près.

C’était flyé.

Il pouvait s’imaginer avec elle, sans tromper.


L’idée de la possibilité, adossée

À l’identité de cette femme, amadouée

Qui l’approchait et lui parlait pour lui signifier

Qu’elle le trouvait de son goût, i.e. qu’il lui plaisait

Sachant qu’elle aussi, lui plaisait

Qu’ils se l’étaient fait comprendre, sans en parler,

Suffisait à le faire retourner visiter

Des eaux que lui avec sa femme et elle avec son mari (car elle aussi était mariée)

N’avaient pas, ou trop peu, ou plus depuis un bout, explorées.

 

Il en avait parlé à celle qui lui avait présenté le principe, et elle avait refusé.

Le principe ne marchait plus, à bien y repenser, mais puisqu’il était attiré

Il avait insisté pour en parler.

Elle avait fini par lui répondre de ne pas l’importuner

Avec ses histoires, car il faisait ce qu’il voulait, à cette exception près :

Elle ne voulait pas en entendre parler.

 

Il avait cerné un malaise, mais il savait

Qu’il ne lui ferait pas comme le mari de celle qui ne le quitte pas pour Gatsby.

Il en avait parlé à sa femme, elle avait dit : tant que tu ne m’en parles pas, c’est ta vie.

 

Dès lors qu’elle avait, selon lui, non pas dit non, mais dit un petit oui,

Il ne pensait plus aux façons par lesquelles il aurait pu trouver chez lui,

Plutôt que d'aller chercher loin de son nid,

L’affection, l’attention, la compréhension, etc.

Qu’il ne partagerait pas (ou plus, ou pas assez) avec celle à qui il avait déjà dit oui.

 

Le terrain loin du nid était tel des sables mouvants.

Il s’enfonçait, se perdait et s’éloignait, doucement.

 

Après cette femme mariée, il ne cessait de rencontrer

D’autres femmes et d’autres hommes qui lui signifiaient

Que s’il avait le goût et le temps, il pourrait

Potentiellement échanger ses charmes avec le quartier.

 

La nausée avait fini par l’ensevelir.

L’ambiguïté, ce n’était pas le pire.

 

L’ambiguïté répandue, qu’il ne contrôlait plus, c’était :

Les corbeaux de Hitchcock.

 

Il pouvait imaginer danser avec un,

Éternellement.

Il peinait à danser avec deux,

Ne serait-ce que pour un instant.

Il préférait vivre reclus loin de tous les corbeaux que d’imaginer danser

Avec trois en même temps.

 

Si l’idée pouvait sembler attrayante, à petite dose seulement,

Dès lors qu’il s’agissait de penser aux autres personnes impliquées,

« Ça ne tenait pas debout, passé le troisième couplet. »


 

Il pouvait voir l’attrait, à court terme seulement.

 

Dès lors qu’il s’agissait de le mettre en œuvre, il était forcé de constater

Que le principe ne tenait pas la route :

Car il s’agissait de le cacher ;

Car il s’agissait de diviser ;

Car il s’agissait de manipuler

Le plus grand des mystères, s’il en était.


Il croyait en la sacralité du mystère, et dans les faits,

Il n’avait pas la moindre envie de devoir passer

Le reste de sa vie à :

Cacher, diviser, et manipuler

Le plus grand des mystères, s’il en était.

 

Il imaginait qu’il existait un moment où l’horaire d’une personne devenait si contraignant

Qu’il était préférable qu’un couple soit ouvert aux possibilités de passer du bon temps

Incluant l’échange des charmes avec du monde avoisinant, dans le consentement,

Plutôt que de condamner les corps mariés éloignés à se ratatiner, notamment en s’asséchant.

 

Il était évident, à ce qu’il pensait, qu’à un moment donné,

Les choses devenaient un tantinet plus compliquées,

Les échanges étaient de moins en moins spontanés,

Les idées n’étaient plus vraiment librement échangées,

Et qu’un couple finissait par s’éloigner,

Ce faisant, si ça n’adonnait plus trop de s’aimer

Dans la chair, pour un couple marié,

Autant exulter ailleurs que de se séparer.

 

L’idée avait de quoi l’emballer !

C’était la possibilité d’avoir tous les bons côtés.

C’était l’opportunité de continuer de s’extasier.

C’était l’occasion en or pour chercher à rencontrer

Toutes sortes de personnes avec qui batifoler

En ayant l’assurance que le couple marié

En tirerait ses forces, pour ne pas lâcher :

Sous le poids des aléas de la vie ;

Malgré la distance ;

En ne se fardant plus/que de l’essentiel.

 

Voilà qui faisait tenir le raisonnement, quant au pourquoi.

Quand est venu le temps de penser au comment, corbeaux ou pas,

Il a abdiqué en l’espace de seulement quelques mois.

 

Son horaire, leurs horaires.

Ses priorités, leurs priorités.

Ses désirs, leurs désirs.

 

Rien de tout ça ne pouvait s’aligner.

 

Si l’amour tenait du mystère, c’était un peu comme s’il s’agissait de rappeler

Que sur le temps long, le calcul et les équations deviennent on-ne-peut-plus compliqués.

Si à deux, c’était déjà bien moins simple à mettre en œuvre que ce qu’il aurait espéré

À trois, à quatre, à plus de deux, c’était du gros n’importe quoi, propagé

Sur toutes les personnes entourant un homme frustré, mais marié.

 

Il avait fini par se dire que le principe n’était qu’un rêve qui ne puisse que virer

Au cauchemar de la vie des personnes directement et indirectement impliquées,

Dès lors qu’il retournait dans la vraie vie, et ne semblait être en mesure d’organiser

Un rendez-vous avec la seule et l’unique femme qu’il espérait aimer,

Non seulement hier et aujourd’hui, mais aussi demain jusqu’à l’éternité.

 

Si l’idée pouvait sembler attrayante, à court terme seulement,

Dès lors qu’il s’agissait de penser aux autres personnes impliquées,

« Ça ne tenait pas debout, passé le troisième couplet. »

 

 ***

Pour montrer trois limites d'un principe plutôt que de se contenter 

De pêter des ballounes : "Mais as-tu pensé ?"

De sortir des textes sacrés : "Même s'il y a consentement, c'est pas permis."

De faire la morale sur un sujet on-ne-peut-plus-compliqué

Soumis lui aussi, aux forces de la relativité.

 

Offert gracieusement par SCM-SK 

 

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