Dénuée X 2 = Emplie
Équation d'une amitié, considérée
Des deux bords, comme sacrée :
Dénuée X 2 = Emplie
Elles ne s’étaient jamais chicanées. Elles s’étaient souvent faites chicanées :
Ensemble ET/OU l’une à cause de l’autre, OU l’une indépendamment de l’autre, i.e. séparées.
Se chicaner l’une avec l’autre ne leur avait, comme qui dirait, jamais traversé
La tête, i.e. cela ne leur était jamais venu à l’idée, d’être l’une contre l’autre, fâchée.
Elles se fâchaient avec du monde, pour des raisons tantôt similaires, tantôt opposées.
Elles ne partageaient pas l’intégralité des opinions l’une de l’autre. Il leur arrivait d’être divisées.
Elles connaissaient des circonstances de vie différentes, voire diamétralement opposées.
Elles se ressemblaient, sous bien des angles, à bien y regarder, et trouvaient à se diviser :
Équitablement, les parts des butins qu’elles avaient ensemble, récoltés ; ET
Cordialement, les réprimandes qu’elles recevaient, lesquelles étaient mentionnées
Discrètement, dans leurs bulletins respectifs, sous l’intitulé : « arrêter de chahuter »
Officiellement, aux rencontres avec les parents, dans lesquelles seule était mentionnée
Celle des deux qui avait le plus de mal à s’arrêter de rigoler
Quand les profs se plaignaient à sa mère
Tout en laissant l’autre tranquillement filer
Soulignant, face à son père et à sa mère
Qu’elle était généralement disposée à écouter
À l’exception de ces cours où elles s’asseyaient à côté.
N’ayant que certains goûts en commun, mais grosso modo, plus de variabilité
D’un côté comme de l’autre, dans l’étendue de leur intérêt à persévérer
À s’intéresser « dans les moindres détails » à l’un des champs fantasmés
Elles ne s’intéressaient pas aux mêmes garçons, alors ce n’était jamais la compétition
Pour un garçon, pour un gars, pour un homme.
Elles pouvaient alors l’une et l’autre partager l’étendue de leurs tracas et de leurs passions
Relatives à un garçon, un gars, un homme, un autre homme, un autre gars, une femme, etc.
Elles n’avaient jamais cherché à se monter l’une contre l’autre, puisqu’elles aimaient
Des domaines différents, dans des relations amoureuses différentes, des amants
Des amantes, des bonnes gens, du monde très sympa, que l’une ne jalousait ni n’enviait
D’être avec son amie, ou d’être la personne que son amie avait réussi à pécho.
Elles étaient contentes de se voir, et ne se voyaient pas à longueur de journée.
Elles passaient la majeure partie de leur temps à traîner avec du monde beau
Bon, drôle, sympa, amusant, divertissant, intéressant, extrêmement différent.
Quand elle se voyaient, elles aimaient se remettre à jour des déboires et des traversées
Parfois en solitaire, souvent bien accompagnées, de l’une et de l’autre, émerveillée
De voir son amie dans sa lumière, radier de joie, même dans ses tracas, rassurée
De passer du bon temps pour un moment avec une amie, enjouée, dans une amitié
Dénuée de jalousie
Dénuée d’envie
Emplie de fierté

***
Pour remercier celle des deux qui a su façonner
Une amitié,
Pour qu'elle ne soit pas qu'agréable, mais bel et bien aussi sacrée
En ayant notamment été
À bonne école, dans sa famille, où la fraternité et la sororité
Étaient inculqués de telle sorte que l'amie savait communier
Et récupérer sa pote, à la gare, dans la vie, et avait l'envie et l'idée d'aller crier
Son nom dans les tribunes le dimanche, pour l'encourager.
Le lien ainsi établi, l'amie a su avant de virevolter
Et de s'envoler
Établir un lien tenant
"D'un autre monde", "d'une autre dimension", "indestructible"
i.e. sacré
Et ainsi "visiter", "passer encourager", "pouvoir épauler"
Son amie, endeuillée.
Signé :
🌻 Savato Kiriako 🌻
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