Il s’avère

Il s’avère

Il s’avère que c’est sublime.


Il s’avère que c’est super bien situé.

Il s’avère que j’y suis passé, une coupe de fois, i.e. j’ai exploré, et que j’ai adoré, i.e. j’ai aimé.

 

Mais avant tout ça, j’y suis allé, car chez elle, c’est là-bas.

Si chez elle était tombé à l’opposé, comme à l’autre bout du Canada

Chez elle, là ou là-bas, m’aurait fait le même effet, m’aurait plu tout aussi parfaitement : 

« Comme ça. »

Car tout ce qui est elle est parfait pour moi. Alors, si chez elle, c’est là, ou qu’elle dit :

« J’suis là ! »

Peu importe à quoi ça ressemble. Peu importe où c’est situé. Si son cœur y est :

« J’aime ça, là. »

 

 

Il s’avère qu’elle est sublime.


Il s’avère qu’elle est super bien située.

Il s’avère qu’on a jasé, une coupe de fois, i.e. j’ai exploré ses pensées, et que j’ai adoré, i.e. j’ai aimé.

 

Mais avant tout ça, on a jasé, car ce qu’elle fait, ce qu’elle est, ce qui la fait vibrer, c’est ça.

Si elle vibrait à l’opposé, comme en s’occupant et en s’intéressant à tout et n’importe quoi

Son tout et son n’importe quoi m’auraient fait le même effet, m’auraient plu tout aussi parfaitement :

« Comme ça. »

Car tout ce qui est elle est parfait pour moi. Alors, si son tout inclut aussi n’importe quoi, et qu’elle dit :

« J’suis comme ça ! »

Peu importe à quoi elle ressemble. Peu importe où elle est située. Si ça la fait vibrer :

« J’aime tout de ça. »

 

Comme un coucher de soleil d’été indien,

 

Leur appel est envoûtant.

On l’imagine, de loin, et on s’en fait le goût de la nostalgie.

Les feuilles sont rouges, mais aussi orangées. Les jaunes viennent adoucir le tout. Les vertes & rouges

Font s’extasier du concept d’une petite mort encanellée, lente et diligente, fraîche, attirante…

Leur appel est envoûtant tout particulièrement durant l’été indien et diffus, jusqu’au coucher de soleil.

 

Au coucher de soleil durant l’été indien,

La chaleur tombe drastiquement. Le passage aux latitudes et altitudes signifiant :

Soleil désormais couché,

Ôte l’intégralité des chaleurs suscitées par les rayons du soleil, qui, une fois caché car couché,

N’est plus là pour réchauffer.

 

Leur appel a le goût d’un coucher de soleil d’été indien,

Puisqu’à la saison des moissons, nos sœurs parties « peupler » le « nouveau monde »

Savaient que l’hiver était à leurs portes, et que l’hiver serait rude. Le froid, la faim, l’ennui.

Nos sœurs parties « peupler » le « nouveau monde » connaissaient les recettes qu’on leur servirait,

Jusqu’au temps des cabanes à sucre,

Au nom du froid, de la faim, et/ou de l’ennui.

 

Ceux-ci se saoulaient, pour oublier

Le froid, la faim, et/ou l’ennui.

Celles-là se trimballaient, aguichant leurs quartiers, pour lutter

Contre le froid, la faim, et/ou l’ennui.

 

Ceux-ci comme celles-là étaient à éviter,

Mais voilà : nos sœurs parties « peupler » le « nouveau monde » n’avaient pas grand choix.

Le froid, la faim, et l’ennui dictaient leurs lois, depuis un moment déjà.

 

Alors, quand arrivait l’été indien,

Le temps des moissons leur était présenté par Dieu avec amour.

 **

Ne jamais que Mes filles n’oublient que la nature est belle, et que le printemps reviendra.

Ne jamais que les sœurs n’oublient de s’entraider sans envie, sinon,

L’hiver est ben trop rude à traverser...

Ne jamais que Mes filles ne perdent de vue que leurs frères auront fait comme ils auront pu.

Envoyer quelques messagers leurs rappeler combien Dieu leur Père les aime :

e.g.

Des troubadours bien aguichés, qui tomberont en amour avec Mes filles, pour leur conter

Toutes sortes de patentes qui les feront rêver.

**

Après Joe, que Mes filles avaient super bien aguiché

Et réchauffé « avec les yeux », le temps d’un hiver, avant de le ghoster

Une fois arrivé le temps des cabanes à sucre, i.e. le moment pour larguer après avoir aguiché

En laissant le pauvre troubadour l’âme en peine, à l’idée

D’un hiver passé sans les yeux d’Émilie pour s’réchauffer,

J’ai envoyé Jean-Jacques parsemer

La francophonie du miracle de Mes filles bienaimées.

**

Pieuses depuis des générations, Mes filles, Mes fiertés.

Jean-Jacques est tombé

Des nues quand il les a rencontrées.

Céline + René = Jean-Jacques est bouche-bée.

Jean-Jacques pensait connaître « les femmes » et « l’amour ». Il faisait son blasé.

Alors, Je l’ai envoyé au milieu de Céline et René,

Histoire d’apprendre au savant poète français l’art de s’aimer

Tel que transmis par Mes filles depuis qu’elles ont débarqué,

Notamment en ensorcelant des René,

Tel que divinement incarné par Ma fille Céline, dont Je suis fier, pas peu-près :

La 14e, s’il-vous-plaît !

**

Jean-Jacques le savant poète français a découvert la ténacité

D’une de Mes filles arrivée

La 14e, s’il-vous-plaît !

**

Le sens de la répartie de Ma fille Céline, dont Je suis fier, pas peu-près,

A laissé Jean-Jacques bouche-bée.

Lui, comme un français s’y connaissant en amour, plus que seulement « pas peu près »,

A compris à la première minute passée

Face à ce couple, que Céline aimait son René.

Tout ce que Jean-Jacques avait pu imaginer

Avant d’être face à ce couple, n’avait plus la moindre raison d’emporter

La conviction de Jean-Jacques, en découvrant Céline avec René :

Elle aime son homme, pour vrai de vrai. Elle est fière de son homme, pas peu près.

Elle fait confiance à son homme, et se sent on-ne-peut-plus privilégiée

Qu’un homme de la trempe de René s’intéresse à la 14e, SVP, car des hommes comme René,

Céline le sait ben, depuis toutes ces années passées à apprendre le métier,

Sont rares, pas peu près.

René ne veut pas abuser.

René veut la faire briller, certes, mais il veut surtout la protéger.

René n’est pas là pour l’instrumentaliser.

René aime Céline pour vrai de vrai, et ce, pas peu près.

 

 

**

Un frère ou des sœurs pouvaient chanter et composer

L’amour de Céline pour son René, et l’amour pour Céline par son René,

Mais seul un cousin assez éloigné

Pourrait saisir la force de cet amour et l’envoyer

Inspirer toute la francophonie, pour commencer.

 

**

 

Ayant traversé le pire cauchemar d’un artiste aimant partager,

Après qu’une de ses muses soient par Dieu sacrifiée,

Jean-Jacques avait des raisons d’être blasé.

Quand Jean-Jacques a rencontré Céline et René,

Jean-Jacques n’était pas seulement bon parolier et savant poète sachant lui aussi chanter.

Jean-Jacques était un artiste traumatisé.

Il l’avait découverte, alors, il s’en voulait. Quoiqu’on lui dise, Jean-Jacques s’en voulait.

L’invitation de Ma fille Céline, a permis d’aguicher

Jean-Jacques, professionnellement seulement, i.e. à titre de parolier

Appréciant l’invitation de Céline d’étudier son René

Pour donner à Jean-Jacques l’occasion de décortiquer

La figure de l’arbre caché dans la forêt.

René existe : Céline l’a dégotté.

Que Jean-Jacques passe le temps d’une grossesse à décanter.

Une fois arrivé l’hiver, Céline se chargera d'incarner pour démontrer.

**

Ne jamais que Mes filles n’oublient que la nature est belle, et que le printemps reviendra.

Ne jamais que les sœurs n’oublient de s’entraider sans envie, sinon,

L’hiver est ben trop rude à traverser...

Ne jamais que Mes filles ne perdent de vue que leurs frères auront fait comme ils auront pu.

 

Ne jamais que Mes filles et leurs frères ne perdent de vue que des Renés sont à dégotter,

Si l’on apprend à patienter, et qu’une fois les étoiles alignées,

Comme la rivière ayant eu l’opportunité de circuler,

On peut offrir à un René l’exclusivité d’être envoûté

Pour le restant de ses jours par celle qui aura le privilège de l’épouser.

 **

Pas d’chicane, dans ma cabane !

Icitte, on est là pour chanter.

Chu déjà avec René, alors qu’on arrête de l’aguicher !

**

Tant qu’elle tient entre les deux mains

 

Quant à une amplitude

Qui, depuis que la femme est femme, ne cesse de l’obséder.

En analyse de complexes ressentis, formulés, et imaginés.

 

L’amplitude incarnée par la taille de son bassin : c’est son idée.

Est-elle née de celles dont le bassin permettra à un bébé de passer ?

 

OUI/NON/J’en n’ai pas idée…

 

Elle apprend, quand elle est enfant, que seules les personnes nées

Comme elles risquent d’un jour croiser les doigts pour espérer,

Advenant qu’un bébé ait grandi dans son ventre, qu’elle ait quant à elle hérité

D’un bassin assez ample pour que passe « facilement » un bébé.

 

Elle n’a pas vraiment conscience du fait qu’elle se pose la question.

Il s’agit d’une question fantasmée

Par toutes les petites filles qui un jour se sont demandé :

« Si un jour, moi aussi, j’ai un bébé dans mon ventre, va-t-il passer ? »

 

Lorsqu’elle devient adolescente, la petite fille qui a fantasmé

Sur la question de savoir si l’amplitude dont elle avait hérité

Au niveau du bassin, serait suffisante, soit assez pour laisser sortir un bébé,

Commence à se demander si elle a, au milieu du bassin, hérité

D’une autre voie par laquelle sortir et entrer,


 

i.e.

L’adolescente commence à se demander

Si elle a hérité d’un autre tunnel, plus étroit que celui présenté

Par l’amplitude de son bassin (sujet sur lequel elle « se compare » pour « calculer »),

Lui aussi « assez grand » ou « pas trop étroit », i.e. « juste assez ».

L’adolescente pense ainsi à l’amplitude de son vagin, par lequel il s’agira de faire passer

D’abord, à l’entrée, de quoi pour faire un bébé,

Ensuite, à la sortie, de quoi pour pousser un bébé.

 

L’adolescente est alors (potentiellement) tourmentée

Lorsqu’elle est face à la question de l’amplitude qu’elle n’a pas encore calculée

Soit celle de son bassin par rapport à celui des adolescentes d’à-côté,

Et qu’elle comprend qu’avant de penser à son bassin, elle devra déterminer

Si elle fait partie de celles qui ont hérité d’un vagin étroit, « juste assez ».

 

Elle préfère l’idée de l’empan de son vagin serré,

Mais s’il est trop serré, elle comprend qu’elle risque de morfler,

Alors, elle préfère penser à l’empan qui n’est pas trop serré

Et se retrouve happée à tenter de calculer l’empan de son vagin expulsant un bébé.

 

C’est mélangeant, pour toutes les petites filles ayant fantasmé

Autour de la question de l’amplitude de leur bassin, qui, une fois passées

À la case adolescence, se mettent à effectuer :

  

Les calculs relatifs à l’empan de leur bassin, par relativité :

 

« Le mien, le sien, le mien, j’crois ben, qu’le mien, par rapport au tien… »

Etc., i.e. elles se comparent, se checkent, et s’évaluent, par relativité

En prenant toutes sortes de données durant la récré,

Notamment, en gardant le tout « discret, top secret ! »

 

&

 

Les calculs relatifs à l’empan de leur vagin, par ingéniosité :

 

« Le mien, j’espère, sans trop y penser, qu’au pire-aller, je suis plutôt bien tombée.

Je prie, ma foi, j’va pas m’farder

De la question de devoir imaginer

Si oui ou non, je suis de celles qui ont hérité

D’un vagin qui saura s’ouvrir ou se serrer,

Et qu’il ne sera pas de ceux qui ont mal, quand vient le temps de rentrer.

Alors,

Je tâcherais de ne pas me comparer,

Ni de fantasmer en imaginant les pires scénarios, comme ce que je faisais

Quand j’étais une petite fille, et que je me souciais de trouver

Une façon de calculer si mon bassin était approprié ».

 

En démontant le deuxième calcul, on peut faire taire le premier

Puisque l’absurdité d’un raisonnement entraine l’effondrement de son argument premier.

 

 

En effet,

Si, pour une petite fille, la question est de savoir « est-ce que ça va passer ? »

Pour une adolescente, la question est de savoir « est-ce qu’on voudra entrer ? ».

 

Or,

Si l’on s’en réfère à Abraham, on sait remarquer,

 

Que nulle part il n’a été précisé

L’empan du bassin de sa femme Sarah, laquelle, on le sait,

Avait passé sa vie à prendre toutes sortes de mesures pour répondre à la question

De savoir POURQUOI Dieu n’avait pas ENCORE ouvert son « utérus »,

Ce qui pour elle, n’avait pas ENCORE de nom,

Puisqu’à l’époque de Sarah, l’anatomie de la naissance

Était à des niveaux de connaissances rudimentaires.

 

Puisque Dieu allait TESTER la foi de son messager Abraham, envers Sa PROMESSE de lui offrir

Une descendance énormissime,

Dieu n’a pu que s’assurer d’offrir à Abraham une âme jumelle aux proportions impeccables,

i.e. pour Abraham, parfaitement taillée,

Pour qu’Abraham n’aille pas la répudier à mesure qu’il croisait,

Tels les rois qui courtisaient sa femme, dont il devait la protéger,

D’autres femmes aux proportions encore plus divinement sculptées.

 

L’essence des soirs passés par Abraham, consistait,

À retrouver sa femme Sarah adorée, et espérer

Que Dieu choisirait CETTE SOIRÉE

Pour ouvrir son bas-ventre, et qu’en sorte éventuellement un bébé.

 

 

Il serait inconcevable d’imaginer Abraham, allant se coucher,

Boudant sa femme Sarah, pour lui reprocher,

Que l’empan de son bassin est la raison pour laquelle Dieu ne l’a pas jugée

Digne de lui ouvrir les voies pour porter un bébé.

 

« Je t’aime, Sarah, mais je suis désolé,

Tout ce que je vois, après toutes ces années,

C’est que ton bassin est beaucoup trop étroit,

Et c’est pour ça que Dieu ne nous donne pas de bébé.

 

Je t’aimais super fort, mais désormais,

Quand je te vois, tout ce que je vois, c’est ton bassin ben trop étroit,

Alors, même quand le cœur y est, la tête n’y est pas, je suis trop déçu.

 

Je voulais des bébés, et tu ne m’en n’as pas donné.

Je sais que c’est à cause de ton bassin, alors je ne vois plus que ça.

Je n’arrive plus à avoir l’esprit à la fête, et malgré

Tout le reste, les caresses, les baisers,

Ce soir, je suis désolé,

Je lui ai demandé,

Et il a répondu qu’il était fatigué. »

 

Abraham, parler de même ?

« Ah ouais, Abraham n’était pas super romantique ? » Faudrait être chtarbé.e pour l’imaginer.

 

Il est plus probable qu’improbable qu’Abraham était romantique, i.e. qu’il savait aimer

Sa femme Sarah dans son intégralité, notamment le corps que Sarah avait incarné,

Dans ses moindres recoins & tous ses aspects,

Puisque Mahomet l’a après lui démontré,

(i.e. un des membres de la descendance d’Abraham était un lover, pas peu près).

 

Il est évident qu’Abraham et Sarah faisaient l’amour

Sinon tous les soirs, quasiment tous les soirs

(elle le suivait partout où il allait = il rentrait se coucher sous leur tente, et c’est là qu’elle dormait).

Dès lors, puisqu’il était certainement un lover, Abraham n’a pu être qu’un seul type d’amant :

 

Il est évident

Qu’Abraham n’a jamais trouvé à se plaindre de l’empan du bassin de Sarah.

Quelle idée saugrenue !

 

Chaque soir, quand Abraham s’endormait avec Sarah,

On peut imaginer des scénarios plausibles…

 

Les scénarios plausibles n’ont pas à être démontrés.

Les scénarios plausibles suffisent à convaincre à l’idée

De la probabilité raisonnable de la scène présentée

Pour qu’on puisse se dire :

 

« Ça tient debout. Pas besoin d’avoir les détails. Ça les regarde, c’est leur business.

Mais, il est intéressant de se demander, si, pour toutes les décennies passées

À essayer d’enfanter,

Avant qu’elle pète sa coche et implique Hagar (qui n’avait rien demandé),

Sarah ne s’est pas accrochée

À la certitude qu’Abraham l’aimait, et ne s’inquiétait pas de l’idée

De l’empan de son bassin et de toutes ces âneries, i.e. Sarah n’avait pas ce genre de « drôles d’idées »,

Car Abraham avait trouvé sa femme, et qu’il le savait, et que sa femme Sarah savait qu’il savait. »

 

 

Ainsi, Abraham, tout en étant très occupé

Notamment à administrer un groupe de gens qu’il avait rameutés,

Allait se coucher et avait PLAUSIBLEMENT

Assez d’énergie pour aimer sa femme Sarah, qui l’attendait

PAISIBLEMENT dans leur lit. Il filait ainsi sous les draps, après

S’être rafraîchi (elle disait que ça ne la dérangeait pas, mais il préférait

Être collé à elle quand il se sentait propre, alors il se rafraichissait),

Abraham s’extasiait de la sensation du drap qui le caresse et le réchauffe,

Ce qui le faisait frémir de joie, i.e. Abraham avait quelques frissons

Rien qu’à rentrer se coller

Dans leur lit, près de sa femme Sarah.

 

Elle dormait souvent déjà, elle aussi était occupée.

Toute la cité parlait d’Abraham (i.e. c’est Abraham qui commandait)

Mais Sarah n’était pas n’importe qui, puisqu’elle était la femme et qu’Abraham était son mari.

Sarah aussi, prenait toutes sortes de décisions avant d’aller se coucher,

Elle aussi, allait se coucher après s’être rafraichie, car elle n’allait pas ajouter

Au reste de sa vie le fait d’avoir à se demander

Si son haleine repousserait son mari,

Lequel est fatigué et sent toujours comme une fleur, alors elle serait bien embêtée.

 

Sarah avait remarqué qu’à mesure qu’elle vieillissait, ce qu’elle reprochait à son corps,

Après ne pas s’être ouvert pour un bébé, c’étaient les odeurs qu’il commençait à générer.

Ses traits étaient moins fermes, mais, grosso modo, tout encore y était.

Ce qui était différent d’avant, désormais, à mesure que Sarah vieillissait,

C’étaient des odeurs qu’elle ne connaissait pas dans le passé.


 

Puisqu’elle savait voir la vie du bon côté

Sarah n’avait pas passé toute une vie à côté d’Abraham sans bébé ni désirs d’Abraham de la répudier

Sans avoir une bonne grosse dose d’optimisme à distribuer.

 

En effet, si elle n’avait pas été foncièrement optimiste, Sarah aurait

Tiré la tronche à tous les soirs, car Abraham rentrait tard,

Tiré la tronche à tous les soirs, car elle était fatiguée,

&

Tiré la tronche à tous les soirs, car Abraham et Sarah n’avaient pas de bébé.

 

Dès lors,

On peut imaginer COMMENT Sarah se toilettait.

 

N’ayant pas de bébé, mais désirant ardemment être en mesure d’accueillir la vie,

Pour voir émerger un bébé de son bassin,

Sarah s’assurait, tous les soirs, d’être coquette, sans en rajouter.

 

Abraham était d’une telle sensibilité…

 

Un homme au cœur plus grand que l’histoire que Sarah avait avant lui de l’humanité.

CET HOMME, C’EST UN CŒUR, ENSUITE UN ÉLAN, ENFIN MON MARI.

C’est ce que Sarah (peut-être) se disait, quand elle se toilettait

Avant d’aller se coucher, et d’attendre son mari…

 

Puisqu’Abraham était doté d’une sensibilité exacerbée

(tel Mahomet, qui tenait ça de lui)

Il aimait les nuances dans les saveurs et les odeurs :

Tout semblait pouvoir l’émouvoir, dans la subtilité.


 

Abraham n’aimait pas quand Sarah se parfumait

De telle sorte à ne plus sentir comme Sarah, ce que Sarah savait.

Abraham lui disait que son odeur se suffisait,

Et qu’il aimait la fraîcheur tout autant que la maturité.

 

Dès lors, Sarah se parfumait essentiellement en Sarah.

Elle se toilettait assez pour être fraiche, et ainsi se sentir en adéquation avec sa joie de vivre :

- RAFRAÎCHISSANTE, PAS ÉCŒURANTE -

Ce qu’Abraham appréciait, puisque Sarah était la femme créée par Dieu rien que pour lui.

 

Que Sarah sente Sarah, c’était l’odeur préférée d’Abraham.

Alors, en vieillissant, alors qu’elle se peignait, Sarah pensait à son mari :

 

« Abraham…

Tout un homme, mon mari.

À longueur de journée on me parle :

De ce qu’il a dit, qui a apaisé tel et tel soucis,

De ce qu’il a fait, qui a aidé tel foyer à collaborer,

De ce qui ramène à lui, quand on me raconte les moments où on l’a invoqué.

Ah…

Mon mari, c’est tout un mari ! Mon mari, j’ai hâte de le retrouver…

J’espère qu’il ne sera pas trop fatigué.

Je sais combien on lui demande. Je commencerai

Par m’assurer qu’il a le temps de s’extasier des draps.

J’adore le sentir frémir avant de se rapprocher.

Ça me réveillera, soit le plus beau réveil

De mes fantasmes d’enfant, que j’ai l’honneur

De connaître, adulte, pour accueillir mon mari.


 

Il vient pour se reposer.

Il saura qu’il n’aura qu’à se coucher

Seul à mes côtés, i.e. sans me coller, s’il a eu une de ses « journées à soucis particuliers »

Qu’il a besoin de digérer seul, avant de pouvoir se rapprocher.

 

Je ne m’en suis jamais plainte. J’ai toujours aimé

Le fait que mon mari savait ce qu’il aimait.

S’il a besoin d’une bulle, une bulle je lui laisserai.

C’est une des promesses que je lui avais faites,

Quand Abraham est devenu mon mari.

Je l’ai faite, alors j’y tiens, alors je m’y tiens.

La plupart des soirs, mon doux mari fini toujours par se coller.

Il est un bouclier qui me fait sentir en sécurité.

 

Il me dit que de me tenir ainsi lui donne la certitude de la sacralité de la vie.

Il dit qu’il ne fait que penser au fait que je suis sa femme, et ça lui donne envie de se coller

Pour me protéger et s’assurer que je sache combien je suis aimée.

 

Quand on a fait beaucoup de route, et que le voyage a été rude, c’est comme ça

Qu’Abraham, mon mari, finit par s’endormir collé-serré.

À un moment donné, il arrive qu’on se repousse au milieu de la nuit, notamment quand

J’ai trop chaud et/ou que je suis tannée.

Jamais Abraham ne se fâche du fait qu’il m’arrive aussi parfois de ne pas avoir envie

D’avoir collé contre moi un bouclier quand j’essaie de dormir.

 

Je le repousse alors en tâchant de ne pas le réveiller, car j’ai pu constater

Qu’il y a des périodes de la nuit où mon mari est encore plus endormi que le reste de la nuit.

J’aime m’arrêter au milieu de la nuit pour apercevoir mon mari endormi

Dans la pénombre qui nous entoure, à mes côtés, dans notre lit,

Et je n’ai qu’une envie : le caresser.

 

Il a un visage d’ange quand je le surprends complètement endormi,

Et je vois enfin sa vulnérabilité,

Ce qui me fait me sentir particulièrement choyée

Par Dieu de m’avoir trouvé ce mari.

 

Je lui fais queq bec sur le front, ou les mains,

Et je le retourne pour qu’il arrête de ronfler.

 

Lorsqu’il ne s’endort pas, et qu’il a fini de s’extasier

Des seules caresses des draps, je bouge juste assez

Pour qu’il comprenne qu’il m’a réveillée,

Et que je ne suis plus endormie.

C’est là un moment charnier, durant lequel mon mari

Abraham attrape mon bassin avec une main, et me rapproche de lui. »

 

Si Abraham n’avait que faire de l’empan entre deux mains du bassin,

C’est qu’il s’avait, alors qu’il s’imaginait sa femme rêvée,

Que l’un de ses moments préférés passés à ses côtés,

(Quand enfin il l’aurait trouvée…)

Consisterait à se rapprocher, doucement, en tentant de savoir s’il était invité,

Et qu’au signe par lequel sa femme lui indiquerait, qu’effectivement, il avait un ticket,

Il prendrait quelques minutes pour s’extasier du fait d’être aussi bien tombé,

Avant de se rapprocher, délicatement, et de poser la main sur son bassin

Afin de saisir non l’empan de sa taille, mais l’importance du moment,

i.e. sa sacralité.

 

Quand elle avait arrêté de saigner, sa femme et lui avaient parlé

Pour se faire à l’idée qu’il devenait de plus en plus improbable d’avoir ensemble des bébés

(à moins d’un miracle…)

 

Alors,

Abraham et Sarah avaient parlé,

Notamment en soupant, quand ils n’étaient pas entourés du reste du clan qu’Abraham rameutait,

De ce qu’ils avaient imaginé, enfants, puis avant de se rencontrer,

Sur les qualités qu’ils espèreraient retrouver chez la personne qu’ils finiraient par épouser.

 

Quand Sarah avait expliqué à Abraham l’obsession qu’elle avait développée

Durant son enfance et son adolescence, quant à l’idée

Et au calcul de l’amplitude de son bassin et du trou par lequel sortirait un bébé,

Abraham avait ri, mais ne s’était pas moqué.

 

Jamais Abraham n’avait cautionné

Le sarcasme, alors, face aux idées

De sa femme,

Quant à toutes sortes de mesures à incarner

Pour être aimée de son mari,

Abraham lui avait confié :

 

Tout ce qu’il voulait, c’était pouvoir sentir

Non seulement qu’il était invité,

Mais surtout qu’elle était fière d’accueillir son mari.

 

Il n’imaginait pas de formes.

Il n’imaginait qu’une scène.

 

« J’ai hâte de dormir, j’espère que ma femme est toujours fière de son mari.

Je vois qu’elle dort déjà, et je ne veux pas la déranger. Je vais me faire tout discret,

Et au moindre signe par lequel elle semblera m’indiquer que je peux me rapprocher,

Je remercierai la vie, et je penserai à sa sacralité. »


***

Pour se rappeler l'ordre de priorité, i.e. ce à quoi on pense en premier,
i.e. ce dont découle tout le reste, et pas l'inverse.


Signé :

🌻 Savato Kiriako 🌻

 💘


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