La tentative du bon gars & La performance de la bonne fille

La tentative du bon gars & La performance de la bonne fille

Les trois cousins

 

Ils sont trois cousins, elle est leur petite cousine.

Ils sont tous les trois plus grands, plus vieux, plus réputés, que leur petite cousine.

Ils sont tous les trois de bons gars, qui ne se parlent pas, ni plus à leur petite cousine.

 

Les tentatives ont échoué.

 

Les tentatives se sont soldées :

Par des non-dits

Par des « on dit »

Par des « j’parie »

 

Alors, la cousine a perdu, d’une pierre trois coups, ses trois cousins qui jadis furent ses copains.

 

Le premier a tenté de lui faire l’amour.

Le second a tenté de lui faire la guerre.

Le troisième n’a pas su que sa mère :

S’était convaincue du fait que sa petite cousine débarquait,

Sinon pour lui faire la guerre, alors pour lui faire l’amour.

 

Alors, la cousine s’est éloignée, sans amertume, du cousin dont la mère pariait

Alors, la cousine a demandé, sans retour, au cousin qui voulait la guerre, s’il voulait la paix

Alors, la cousine a évité, pour toujours, tout rapprochement avec son cousin qui s’était

 

Permis de s’infiltrer dans son lit, quand il était assez grand pour savoir, et elle aussi

Que c’était pas correc’, que ça ne se faisait pas, qu’elle ne voulait pas, d’où son « non merci »

Que ce n’était pas comme ça qu’elle l’aimait, qu’il n’était pas invité, d’où son « non merci »

Que c’était mieux de ne jamais se représenter, sans pour autant le crier, d’où son « non merci »

 

Les deux « cousins »

 

Si l’on pouvait réimaginer Les Lumières, un tantinet mieux soudées & plus éclairées

Si la grâce avait permis à Voltaire et Diderot de s’aimer au-delà de leurs préjugés

Si Dieu avait permis à ces deux hommes de s’aimer non pas comme des cousins éloignés

 

Mais genre mettons, imaginons, comme deux amants, notamment

 

Alors, qui sait, Voltaire et Diderot se seraient tout autant chicanés

Et, qui sait, Voltaire et Diderot se seraient tout autant opposés

Mais, qui sait, Voltaire et Diderot se seraient pour autant rabibochés

 

En effet, leur compatibilité est indéniable, à ce détail près :

Jamais Diderot n’a pu concevoir l’ascendant sur lui du maître Voltaire

Sans lui attribuer les maux de la société qui l’entourait et le précédait

 

En d’autres termes, Diderot a cherché à faire le quéqué et préféré se moquer 

De l’aura

Du génie

Des travaux

Des efforts

Du talent

De l’engagement

Du dévouement

De la générosité

Du savoir-faire

Du savoir-être

Du savoir-vivre

Du miracle, incarné, qu’était Voltaire, son aîné

 

De celui sans qui Diderot n’aurait pourtant jamais pu exister

 

Tel un fils se rebellant avec fracas contre son papa

Tel un neveu se rebellant avec prétention contre son tonton

Tel un cousin oubliant le sens de la famille au second degré

 

Diderot est passé à côté de la plus grande leçon que Voltaire aurait pu lui donner

 

Quand la tornade se posera, elle ne saura toujours pas

 

Ce qu’elle voulait, ce qu’elle veut, ce qu’elle voudra

La tornade ne sait point. La tornade ne savait guère. La tornade jamais ne saura.

 

Elle est faite comme ça.

Elle aimerait que ça change, mais elle ne change pas.

 

Parfois, elle se souvient de lui, de ses bras

De tout ce qu’elle ressentait quand il était là.

 

Elle se demande pourquoi elle lui a dit qu’elle ne voulait pas

Alors qu’elle voulait. Pourquoi, lorsqu’il est revenu, elle a

Pour la première, la seconde, la troisième et dernière fois reçu tout ça :

 

Tout ce qu’il avait à offrir, soit tout ce qu’elle voulait recevoir, mais voilà…

 

Elle n’était pas certaine, alors elle a préféré lui dire : « Va ! »

De peur qu’il ne la quitte, de peur qu’il ne lui dise : « Tu me déçois. »

 

La tornade a préféré passer à côté de lui, plus d’une fois

Que d’affronter sa peur du rejet, ce qu’il ne ferait pourtant pas.

Ce qu’elle craignait est devenu leur réalité, car le pauvre gars

A fini par s’en aller, soit ce qu’elle s’était raconté qu’il ferait : « Voilà ! »

 

La tornade a reçu de lui ce qu’elle méritait : toute sa tendresse, tout son amour, toute sa foi

Et puisque tout cela ne suffisait pas, il n’est plus là.

 

Il refait sa vie, mais ne l’oublie pas.

Il voudrait l’effacer, mais n’y arrive pas.

Il pense à elle quand il embrasse sa femme.

Il sait bien qu’il ne devrait pas.

Il s’en empêche et se l’interdit, mais il ne décroche pas.

 

À chaque affaire pour laquelle sa femme le déçoit, il rêve de celle qui n’a fait que ça :

Le décevoir, puis l’embrasser. Le décevoir, puis l’embrasser. Le décevoir, puis l’embrasser.

Y’est comme qui dirait pogné on replay.

 

Quand elle le revoit, elle lui dit que personne après lui n’a réussi

À la faire fondre comme lui ; à la faire chanter comme quand elle était avec lui

 

Personne d’autre ne semblait aussi bien taillé pour elle que lui, tout compte fait

Même si elle a eu le temps de parler de lui à ses copines et à un psy et fini par réaliser

Qu’elle n’aimait pas comment il sentait.

Un signe indéniable, dit-elle, de leur incompatibilité.

 

Elle lui promet que cette fois-ci, elle a compris : elle ne le laissera pas filer !

 

Elle lui dit qu’un mariage n’est selon elle qu’un bout de papier

Que tant qu’il n’aura pas d’enfants, elle pourra se rereretenter

Elle lui tend une lettre qu’elle s’est décidée à lui écrire, qu’elle veut lui partager

Elle est fébrile et sans fierté. Elle est penaude, a fait pitié, elle n’ose pas le regarder

 

Il lui répond qu’il ne prendra pas la lettre : il est marié.

Il voudrait savoir ce qu’elle a à dire, mais pas devoir trimballer

De quoi blesser sa femme et semer la chicane dans son foyer.

 

Il lui répond qu’il n’a jamais eu avec elle la moindre hésitation. Il savait. Il voulait

 

Faire sa vie avec elle, dès qu’il l’a rencontrée.

 

Que le temps qu’elle a passé à souffler

Le chaud, le froid, le tiède, le glacial, etc. lui l’a passé

À se demander pourquoi elle ne savait pas

 

Jamais il n’a douté du fait qu’il la voulait

Jamais elle n’a semblé savoir ce qu’elle voudra

 

Toujours, il la choisissait

Toujours, elle hésita

 

Un jour, elle se décida, elle le pria de bien vouloir l’embrasser

Une dernière fois.

Ce jour, il s’affirma, pour la première fois, et refusa de l’embrasser.

Elle l’attrapait toujours par là.

 

Il avait consulté, lui aussi.

Ses amis lui avaient toujours dit de ne pas lui courir après.

Jamais il n’avait écouté ses amis : qu’est-ce qu’ils en savaient !

 

Ils n’étaient pas là, quand elle était dans ses bras !

Ils n’étaient pas au milieu de leurs échanges langoureux !

Ils n’étaient pas happés par son odeur à elle qui à lui lui plaisait !

 

Il avait consulté, i.e. entamé une thérapie.

Il aimait beaucoup son psy, qu’il considérait « comme un ami ».

Il lui avait confessé l’avoir rappelée et recommencer à la voir, « en amis ».

Son psy n’était pas pantoute impressionné.

Son psy l’avait en quelques sortes enguirlandé.

 

Son psy avait pointé le fait que la tornade non seulement détruisait

Sans considérations, sans retenue, sans raison

Mais qu’elle n’avait montré aucun signe d’un jour vouloir se poser

En considérations, sans retenue, sans raison

Autre que l’engagement total, sincère, et absolu

Qu’un couple qui s’aime pour vrai a le goût de s’offrir, i.e. de partager

 

Qu’une lettre, après tant d’années de destruction, non, cela ne suffisait pas.

Qu’un baiser, pour la route, pour un adieu, pour une dernière fois, ce n’était pas

Ce que son psy recommandait à son client,

Bien cordialement, objectivement, constructivement.

 

Comme un ouragan.

Pardon. Tant pis.

 

La tornade repartie les épaules baissées, l’âme en peine, les lèvres en feu

Sans qu’il n’ait réchauffé son cœur à elle, au péril de sa vie à lui, la remettant à Dieu

 

Comme un ouragan.

Pardon. Tant pis.

 

Elle n’est plus son problème à lui. Elle est partie. Il est parti. Ils sont partis.

Elle ira ruiner d’autres champs, d’autres bâtiments, d’autres vies que la sienne.

Elle s’en tirera, si elle le veut, si elle s’implique dans sa thérapie : « Quelle veine ! »

Lui conclut, comme il veut, libéré du désir de ses baisers : « Bon vent ! Tant pis ! ».

 

Comme un ouragan.

Pardon. Tant pis.

 

 La « p’tite cousine »

 

Allô la terre, cinquante années et des poussières !

 

C’est-tu correc’ ou pas correc’ ?

C’est-tu convenable, ou pas convenable ?

C’est-tu raisonnable, ou pas raisonnable ?

C’est-tu acceptable, ou pas acceptable ?

C’est-tu regrettable, ou mémorable ?

 

Pour une nation, d’invoquer

La séduction

La perfection

L’émulation

 

En parlant d’une adolescente de 14 ans ?

 

On comprend qu’elle a marqué les esprits, avec ses performances.

On comprend qu’elle est un symbole pour des générations, avec son élégance.

On comprend qu’elle a réalisé des prouesses dignes d’ouvrir les cœurs et de taire les médisances.

 

On comprend tout ça, mais un je-ne-sais-quoi nous laisse un goût amer, comme avalé de travers

Quand on ouvre les journaux et qu’on comprend que le monde a mis la loupe sur ses jambes

Que la ville, l’industrie, le pays, a mis beaucoup d’efforts à montrer des gros plans de son fessier

 

Quand on sait qu’il s’agit d’une adolescente de 14 ans

Et qu’on apprend, notamment, que cette adolescente de 14 ans

A fait de quoi d’assez flyé pour qu’une nation se permette d’invoquer, cinquante ans

Après, dans le cadre des célébrations :

La séduction

La perfection

L’émulation

Suscitées par la performance d’une adolescente de 14 ans

 

C’est-tu correc’ ou pas correc’ ?

C’est-tu convenable, ou pas convenable ?

C’est-tu raisonnable, ou pas raisonnable ?

C’est-tu acceptable, ou pas acceptable ?

C’est-tu regrettable, ou mémorable ?

 

Si oui, pourquoi ?

Si oui, de quel(s) droit(s) ?

Si oui, ça veut dire quoi ?

 

Cinquante années et des poussières, plus tard ? Allô la terre ?

 

[À VENIR : L’âge de Céline en 1976.
Les conséquences pour Céline du 10 de Nadia.
La façon dont Céline était accueillie en France,
avant le succès chez les disquaires de l’Album D’Eux.
Comment René était accueilli en France, avant, pendant, après son mariage d’avec Céline.
Ce que les journaux français et revues à potins racontaient
de Céline et René, au moment de leur mariage.
Le symbole incarné par Céline à Paris en 2024, 48 ans après le 10 de Nadia.
Le retour de la « p’tite cousine », là pour « en boucher un coin », à ben du monde,
comme à tout le monde, notamment aux « Parisiens, têtes de lapins ».]

 

***

Pour se représenter avec discrétion des sujets interdits de certains salons et des affaires sinon ignorées à tout le moins racontées comme si de rien n'était, alors que ces affaires choquent au moins une personne sachant se choquer et trouvant la vergogne de le raconter, avec discrétion, non pas pour ne pas se mouiller, mais pour ne pas tout éclabousser, car cette personne a elle aussi peut-être été, en son temps, en ses circonstances, du mieux qu'on a su, du mieux qu'elle a pu, élevée.

Offert gracieusement par SCM-SK

 

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