Mais où est donc Ornicar ?

Mais où est donc Ornicar ?

Le rituel initiatique, ou rite de passage, ou la pratique de bizutage

Consistait à faire croire que l’assistant-coach était évaporé.

 

L’assistant-coach n’était pas le coach, il jouissait

D’un avantage sur le coach, auprès des membres

De l’équipe, du groupe, du clan, qu’il s’agissait de coacher.

 

Son passe-muraille, c’était la capacité qu’il avait

D’être pour les membres aussi bien la figure

D’un frère aidant, comme d’un père bienveillant.

 

Le coach était cantonné au rôle du père.

Le capitaine était cantonné au rôle du frère.

L’assistant-coach n’était cantonné ni au rôle du père, ni à celui du frère.

 

L’assistant-coach pouvait tout aussi bien incarner

La bienveillance du père, moins sévère que le coach, et

La fraternité du frère, plus influente que le capitaine.

 

On amenait le bizuté à imaginer

Que l’assistant-coach était évaporé

Pour lui faire ressentir l’humilité

Nécessaire au bon déroulement du reste de l’histoire de l’humanité.

 

 

Des joueurs qui finiraient par souhaiter prendre la place du père sans y être invités ;

ET/OU

Des joueurs qui finiraient par souhaiter décider à la place du frère aîné ;

ET/OU

Des joueurs qui finiraient par souhaiter occuper une autre place que celle concoctée

Soigneusement pour eux par le coach, l’assistant coach, et le capitaine, concertés,

 

C’était un scénario au moins aussi vieux que l’histoire de l’humanité.

 

Recadrer, avant de laisser entrer : telle était la mission des efforts déployés envers le bizuté.

 

Certains joueurs se présentaient avec un fort caractère à recadrer.

 

Jamais ces joueurs n’avaient osé tenir tête à l’homme qui chez eux, décidait.

Jamais ces joueurs n’avaient eu le respect d’écouter les consignes du frère aîné.

Jamais ces joueurs n’avaient pensé faire équipe autrement que pour avancer

Leur petit pion sur un grand échiquier, qu’il s’agissait dès lors de dominer.

 

 Casser le manque d’humilité de ces joueurs était on-ne-peut-plus compliqué.

 

Soit, le bizuté courrait demander à son père ou à la figure d’autorité

Qu’il n’avait jamais eu le courage de défier, de l’aide pour intégrer

Une autre équipe que celle diligemment concoctée par la figure d’autorité

Tutélaire qui régnait sans aucune réelle résistance de la part de ses protégés.

 

Soit, le bizuté courrait demander aux figures fraternelles et de sororité

Qui l’entouraient et le couvaient depuis ce qui semblait être une éternité,

Pour un réconfort, des encouragements, ou un câlin comme on fait à un bébé

Qu’on emmaillote dès la naissance pour qu’il se sente tranquillement en sécurité.

 

Qu’on leur dise quoi faire, pour qu’ils n’aient jamais à se faire leurs propres idées ;

ET

Qu’on leur rappelle que peu importe ce qu’ils feraient, ils resteraient toujours entourés ;

ET

Qu’on les maintienne dans un état de soumission parfois gaiement insubordonnée.

 

Telle était l’essence des désidératas des bizutés les plus compliqués à intégrer.

 

 

L’assistant-coach se présentait comme un homme sur qui on pourrait toujours compter

Non seulement pour nous apprendre gentiment le b.a.-ba. soigneusement inculqué

Mais surtout pour parler en notre faveur au capitaine comme au coach, courroucés

Par la dernière erreur commise par le joueur fraîchement débarqué, qu’il fallait bizuter.

 

Lorsqu’il sentait que le bizuté se reposait confortablement sur les lauriers

Par lesquels il se disait qu’il pourrait toujours sur l’assistant-coach compter,

On faisait disparaître sans voies de recours cette figure paternelle et de fraternité

Pour compter et jauger l’étendue du sang et des larmes que le bizuté serait prêt à verser

 

En l’honneur de son assistant-coach disparu, qui, après l’avoir répudié

Continuait inextricablement d’occuper les pensées du bizuté

Et de jouir dans le cœur du bizuté répudié

Du rang de la plus haute divinité :

 

À hauteur égale avec celui du coach, soit la seule figure autorisée à décider, in fine ; et

À hauteur égale avec celui du capitaine, soit la seule figure de fraternité sur laquelle compter.

 

Il arrivait que le rituel initiatique, ou rite de passage, ou la pratique visant à recadrer le bizuté

Tourne au vinaigre pour celui qui tentait sincèrement de joindre l’équipe pour aider,

Quand on comprenait qu’il avait déjà perdu une ou plusieurs figures de sororité

Tant figurativement que concrètement : au moins une sœur était décédée.

 

Savoir qu’un jour ou l’autre il perdrait l’aptitude d’aller pleurer

Dans les jupons de sa sœur pour la prier de continuer de l’aimer.

Voilà une vérité que le bizuté connaissait, dans sa réalité.

 

Il arrivait que le rituel initiatique, ou rite de passage, ou la pratique visant à recadrer le bizuté

Tourne au vinaigre pour celui qui tentait sincèrement de joindre l’équipe pour aider

Quand on comprenait qu’il avait déjà perdu une ou plusieurs figures fraternelles évaporées

Tant figurativement que concrètement : au moins un frère l’avait trahi et moqué, voire était décédé.

 

Savoir qu’un jour ou l’autre il perdrait l’aptitude d’aller écouter

Son frère parler pour apprendre à son tour comment appartenir et penser.

Voilà une vérité que le bizuté connaissait, dans sa réalité.

 

Il arrivait que le rituel initiatique, ou rite de passage, ou la pratique visant à recadrer le bizuté

Tourne au vinaigre pour celui qui tentait sincèrement de joindre l’équipe pour aider

Quand on comprenait qu’il avait déjà perdu une ou plusieurs figures paternelles, l’ayant répudié

Tant figurativement que concrètement : au moins un père l’avait ignoré.

 

Savoir qu’un jour ou l’autre il perdrait la certitude de trouver

Un foyer vers lequel il pourrait toujours retourner,

Sans avoir à se justifier, simplement en brandissant le fait d’exister.

Voilà une vérité que le bizuté connaissait, dans sa réalité.

 

Quand le rite tournait au vinaigre, dans l’âme du bizuté (re-re-re) traumatisé,

L’assistant-coach finissait par convaincre le coach et le capitaine de le laisser

Retourner auprès du bizuté, pour lui signifier

Qu’au sein de cette équipe il pourrait toujours compter.

 

***

Pour présenter trois figures emblématiques :

Le coach, le capitaine, et l'assistant-coach,

Tous les trois aussi vaillants et énignatiques

Que trois capybaras avançant fermement

D'un pas concerté et décidé.

 

Offert gracieusement par SCM-SK 

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