"C’est moi l’patron, allez donc tous et toutes péter !"
"Moi, chu un artiste, qu’on s’en rappelle, qu’on se le dise.
La dynastie finit ici.
Je porterai le chapeau du dégénéré, à charge à l’Histoire de se rappeler :
Qui m’a précédé. Qui m’a façonné. Qui qui n’était là que pour profiter.
Si c’est fini, moi j’dis tant pis !"
Néron, le gars qu’était là, qu’a fait de quoi, notamment du gros n’importe quoi.
Néron, le type qui est allé au bout de ses convictions, quitte à faire n'importe quoi.
Néron, un personnage dont les sages tâcheront de garder
Au coeur et en tête l’intégralité des leçons
Comme quand se pose la question :
Du rôle des experts
De l’influence de la mère
De la prescription ou non de somnifères
Lesquelles questions reviennent souvent sur le tapis, i.e. quand on le soulève pour voir tout ce qui en-dessous du tapis avait été enfui, parfois depuis ben des générations, quand vient le temps, notamment, de parler de consommation, et du pourquoi du comment qu'on fait de quoi, comme de quoi qu'on devrait pas, quand on sait ben que c'est polisson, mais qu'on laisse quand-même traîner nos ordures sur le gazon.
Correspondances rendues publiques
Histoire de "faire tourner" sans "inciter"
2 juillet 2026 :
Salut Richard,
J'espère que tu vas bien et que ton invitation à garder la porte ouverte à des communications futures est toujours d'actualité.
Parfois, on dit qu'on aura toujours le goût de jaser, et parfois, on dit que c'est pas vrai, alors je préfère vérifier en commençant par m'assurer qu'on est bien sur la même longueur d'ondes quant à l'interprétation du paragraphe du milieu de ton courriel précédent.
J'ai pensé à quoi te répondre par-ci par-là aujourd'hui, puis j'ai entendu cette chanson et je me suis dit : that's the topic I'd like to get Richard's input on !
Voilà comment j'interprète cette chanson, et ce que j'aimerais faire de cette interprétation.
Quand un ami a un problème de consommation, qu'on partage avec lui, on peut se demander où commence le risque propre à cet ami, dans sa consommation, et notre responsabilité, en tant qu'ami, d'être à ses côtés, non pas pour l'encourager, mais pour l'épauler.
Facile à dire, pas facile à faire, pour n'importe quel ami, mais aussi, pour celle ou celui qui a un problème de consommation aussi.
Deux problèmes valent mieux qu'un car en partageant leurs démons comme leurs perspectives, les deux amis, ensemble, peuvent comprendre comment s'aider, soi-même, et l'autre, comme soi-même.
C'est comme une thérapie de groupe, autour d'un sujet commun, en l'espèce :
Question qui taraude Zaho et la fait créer, puisqu'elle n'est pas que son amie qui consomme elle aussi, elle est une artiste qui transforme sa peine en art, en l'occurrence en chanson.
Ainsi, Zaho s'inquiète pour son ami, mais elle s'inquiète pour elle aussi.
Dès lors, Zaho pense à la fois à son ami et à sa propre situation pour se poser la question :
Pourquoi on fait ça, mon ami ?
En se posant la question ainsi, en la prenant par deux paires de cornes plutôt qu'une, Zaho entrevoit des avenues d'explications, lesquelles se transforment, dans sa chanson, en d'infinies possibilités, non seulement de ne plus consommer de quoi dont on pourrait faire une overdose, mais aussi de prendre conscience du fait qu'on peut facilement être tenté de se réfugier dans la consommation quand on cherche à planner, alors que l'amitié peut aider, surtout côte à côte, de visu, en personne, par l'échange et la transmission de sagesses et de tendresse.
En effet, l'amitié est utile à la guérison, sans avoir à en faire un plat, mais plutôt simplement pour tenter de comprendre, ensemble, pourquoi on fait ça et ce qu'on pourrait faire de différent pour planner ensemble sans sombrer dans des problèmes de consommation.
C'est une interprétation que je fais du pouvoir de l'art à travers cette chanson, et j'en ferai certainement d'autres analyses suivies de publications sur ce que tu appelles "la boutique" et j'ai pensé à notre conversation en l'entendant, car vois-tu, Richard, tu n'es pas le premier à m'écrire de jolies choses et à me dire que "la porte reste ouverte".
Je t'écris ceci après avoir tranquilement, en l'espace de 3-4 heures, pris 3-4 pofs de cannabis, ce qui ne serait pas de quoi affoler, puisque je suis majeure et vaccinée, que mon cerveau a passé le pic de la création synaptique (i.e. il a passé l'adolescence et le début de ma vingtaine d'années), que le cannabis que je consomme me provient d'un dispensaire réglementé, où on contrôle la qualité (notamment pour éviter les mélanges avec des substances dont on pourrait faire une overdose) et où le gourvernement a posé un encadrement affirmant que j'étais en droit d'acheter et de consommer, que je reste à soir encabannée, m'engage à ne pas tenter de faire du popcorn pour ne pas risquer de brûler la cabane, ne cours aucun risque d'overdose ou de sirose ou d'autres choses, après une telle dose de THC et compagnie en autant de temps, mais je sais pourquoi je consomme, et c'est en grande partie pour oublier la peine des portes "ouvertes" qui finalement m'ont "claqué au nez" ou alors, plus difficiles encore à digérer, se sont fermées à double tour quand j'avais le dos tourné, m'en allant gaiment dans la vie, sans THC, convaincue que je pouvais garder l'assurance d'une porte ouverte, innocente quant au fait qu'en fait, la porte avait été fermée.
Quand j'y pense me vient un sentiment de tristesse absolue, comme si j'avais dû me protéger et ne jamais me faire à l'idée qu'une si belle porte serait, en effet, à jamais entrouverte pour me permettre de rentrer, quand mettons je serais fâtiguée, et que j'aurais bien besoin d'avoir le sentiment d'être "parmi les miens".
Comme tel n'est pas le cas ce soir pour moi, et puisqu'une lourde porte m'a guillotinée aujourd'hui en matinée, je préfère prendre quelques pofs que de sombrer dans la tristesse qui m'envahit quand je regarde ma vie et toutes ces portes fermées.
Toi, t'en dirais quoi ?
C'est-tu ce genre de discussions et d'échanges d'idées que tu avais en tête ?
La porte est-elle encore ouverte ?
Chu-tu invitée ?
En te souhaitant une magnifique soirée,
SK
[Réponse de Richard faisant l'effet d'une douche tiède qui dit "je te comprends" et "je te remercie" mais aussi "ne parlons pas de sentiments" suivi de "SVP, merci."]
3 juillet 2026 :
Richard,
La porte qui m’a guillotinée hier m’aurait permis d’aller chercher du financement de recherche plutôt que de devoir tenter de monétiser mes écrits, de prétendre prendre part à des cercles de discussions à titre de chercheuse plutôt qu’enquiquineuse, et d’acquérir des outils de recherche pour peaufiner mes méthodes d’analyse plutôt que risquer de tomber dans la démagogie.
C’est une porte monumentale qui s’est fermée.
Elle s’est fermée dans une violence telle que l’analogie qui m’est venue est celle de la façon dont les Français ont choisi de se débarrasser en répondant par la haine aux abus des privilèges.
Les gens qui me connaissent me disent de m’inscrire au chômage pour gagner des soussous et d’aller voir un psy pour parler de mes bobos.
Les gens qui me connaissent ne lisent pas mes écrits, lesquels font pourtant d’une pierre deux coups en étant plus cathartiques qu’une séance avec un psy tout en leur permettant de me comprendre et me permettant de me relire pour me comprendre en m’écoutant.
Pour celles et ceux qui me lisent, la peur de ne pas “être à la hauteur” notamment en “n’écrivant pas aussi bien” les maintient dans un silence qui renforce la dynamique que j’ai pris la peine et le temps de t’écrire hier.
Parler boutique pour parler mission, diffusion, financement, et traiter ma réponse d’hier de personnelle à partager avec les proches et pas les inconnus, c’est du même ordre que de répondre à la serveuse d’un mom and pop shop que ses patates ne sont rien que des patates et qu’elle n’a aucun amour, aucune fierté, aucun sens à tirer et distribuer dans une assiette de patates, et terminer en demandant l’addition, SVP.
Quitte à prendre le risque d’être celle dont on dira que par la “violence” de mes mots j’ai “à nouveau” fermé une porte de communication à parler de “trucs perso” au “travail” je me permets de te souhaiter une belle journée que je t’espère pleine de sens, sans tracas de distribution, et doux comme l’assurance d’un frigo bien rempli, peu importe tes écrits.
Prends soin de toi,
SK
***
Une référence historique
Une référence culturelle
Un extrait de correspondance semi professionnelle, semi personnelle
Pour aider à parler consommation, sans lui montrer la face du cynisme