Pas d’ça chez nous, capeesh ?
Avant Marie, il y avait Élisabeth.
Entre Élisabeth et Marie, il n’a jamais existé
La moindre envie de se jalouser.
Entre Jean et Jésus, il n’a jamais existé
La moindre inclinaison à se dominer.
Pas de : « C’est moi le premier ! »
Pas de : « C’est à moi de baptiser/d’enfanter ! »
Pas de : « C’est de moi dont il faudra (bien) parler ! »
« C’est moi, c’est à moi, c’est de moi ! »
Entre deux cousins qui se respectent, rien de ça.
« C’est moi, c’est à moi, c’est de moi ! »
Entre deux cousines qui s’épaulent, rien de ça.

Élisabeth et son fils Jean se sont parlé
De ce que Jean finirait par aller trouver
Seul dans le désert, pour préparer.
Avant, après ? Pendant ?
Après : figurativement, certainement.
Avant : éternellement ?
Quand Marie l’a perdu 3 jours et l’a cherché, affolée
Jésus lui a répondu qu’elle n’aurait pas dû s’inquiéter
Et il s’est permis, adolescent, de lui faire remarquer
Que si un jour elle le cherche, elle n’a qu’à commencer
Par ne pas s’inquiéter et aller le chercher
Dans la maison de son Père, soit le temple où ils passaient
En famille, pour fêter, car autrement Jésus traînait
À l’atelier et sur les chantiers : il était charpentier
Avec son père Joseph qui lui inculquait le métier.
Les soirs, avec le reste de la fratrie, Jésus peut-être philosophait.
Mais quand il a choisi ses apôtres, sa fratrie et sa mère ont scandé :
« Mais quelle mouche a piqué notre doux Jésus ? Qu’est-il (encore ?) allé raconter ?
Pourquoi tout ce monde se met à le suivre ? Pourquoi Jésus manque-t-il le souper ? »
Jean savait qu’il allait préparer l’arrivée de Jésus, qu'il espérait.
Sa mère et son père l’avaient soigneusement éduqué :
Le père de Jean était habitué à inculquer le sacré
Non pas car il était père, mais du fait de son métier.
La mère de Jean était quant à elle enchantée
Après avoir fait le deuil à l’idée
D’être un jour à même d’enfanter,
Avant d’être surprise de constater,
Que malgré son âge avancé,
Et son historique d’infertilité,
Élisabeth attendait finalement un bébé,
Une fois rendue dans le dernier
Tier de sa grossesse miraculée,
D’apprendre que sa cousine adorée
Qui avait l’âge d’être sa petite fille attendait
Elle aussi, un bébé.
À aucun moment Élisabeth ne s’est offusquée
À l’idée que Marie attendait le Messie
Pendant qu’Élisabeth couvait un bébé
Qui se réjouissait lui aussi de l’arrivée d’un autre bébé
À qui il dédierait sa vie, sans jamais le jalouser :
« Je prépare le terrain pour lui ! Venez vous faire baptiser ! »
Le père de Jean et sa femme Élisabeth ont encouragé
Leur fils à faire « ce qu’il considérait »
Comme étant nécessaire à l’arrivée
Puis l’avènement de Celui qui allait
Finir par se sacrifier, pour briser
L’inextricable fardeau qui jusqu’à Lui pesait
Sur le dos et les épaules de l’humanité
Du fait de l’incapacité chronique qu’avaient
Les hommes et les femmes à repentir de leurs pêchers.





« C’est pas moi que j’ai fait ! »
« C’est pas moi que j’avais décidé ! »
« C’est pas moi que je voulais offenser ! »
Ou toutes les façons par lesquelles, d’Adam à Aaron
Quand l’homme était pogné à avoir fait le polisson,
En défiant, notamment, le plus simple des commandements
« Tout, mais pas ça : capeesh ? »
L’homme finissait inexorablement par céder
Pour ensuite aller raconter :
« C’est pas moi que j’ai fait ! »
« C’est pas moi que j’avais décidé ! »
« C’est pas moi que je voulais offenser ! »
Tanné d’entendre la même rengaine scandée
Par les hommes mis face à leurs quatre vérités
Dieu a fini par envoyer
Un homme à même de préparer
Le terrain pour un autre, sans s’en lamenter.
« C’est comme ça qu’on m’a inculqué la piété.
C’est comme ça qu’on m’a appris le respect.
C’est comme ça qu’on m’a aimé, assuré
Du fait que dans la vie il valait mieux se contenter
D’inviter,
Notamment, à commencer par inviter
À regarder ses propres quatre vérités,
Sans rejeter sur d’autres la responsabilité,
Avant d’attendre le jugement dernier. »
Il n’a pas écrit, et ce qui a été rapporté
Sur ce que Jean disait quand il baptisait
Est désormais un tantinet caviardé
Alors, on ne peut qu’extrapoler
En se rappelant qu’avant lui, Dieu avait choisi
Son père et sa mère pour l’éduquer.

***
Pour remonter à deux des sources, se référer à :
Luke (1:5-80)
Luke (3:1-22)
Luke (2:41-52)
Mark (3:13-35)
Offert avec une préférence portée sur l'humilité par SCM-SK