S’il est doux de pleurer, les larmes de crocodile seront sanctionnées.

S’il est doux de pleurer, les larmes de crocodile seront sanctionnées.

D’abord trouver l’angle, puis attaquer.

Après avoir attaqué, se retourner.

En se retournant, compter.

Après avoir compté, pleurer.

 

Pleurer de peur, pleurer de regret,

Pleurer de honte, pleurer de fierté

Mal placée, ce faisant pêchant et,

Le comprenant, prier, prier, prier :

 

Prier Dieu de bien vouloir pardonner.

 

 

Avant d’être roi, David avait dû trouver

L’unique angle par lequel attaquer

Goliath pour le faire s’effondrer

Et ainsi démontrer l’art de protéger

Une cité sans lever une armée.

 

Tous tâchaient de le surpasser.

Personne n’arrivait à le faire tomber.

David se savait incapable de gagner

La tête de Goliath sans le faire pleurer.

 

David avait alors trouvé un projectile qu'il avait lancé

En plein milieu de sa face, pour le faire pleurer,

Ce faisant entraînant Goliath à se prosterner,

Avant de lui prendre son épée et de trancher

La tête de Goliath, pour défendre la cité.

 

Avant d’être roi, David avait dû trouver

Tous les angles par lesquels éviter

Les lances de Saul, déterminé

À se débarrasser de David pour régner

Sur un peuple dont Saul contrôlait les armées.

 

Tous et toutes tâchaient de l’amadouer.

Personne n’arrivait à le faire plier.

David se savait incapable de gagner

Le cœur de Saul, qui ne savait pas pleurer.

 

Des airs et des poèmes chaleureusement chantés

Quand Saul était morose, pour qu’il ose enfin pleurer,

Plutôt que de passer ses journées à conspuer et ruminer,

C’est ce que David s’était affairé à composer

Pour gagner le cœur du fils de Saul, enchanté.

 

Son fils préférant l’idée

De voir David régner sur la cité

Et sur le peuple plutôt que d’invoquer

Pour lui-même le droit de commander,

Le règne de Saul s’était arrêté,

Là où celui de David avait commencé.

Une fois roi, David commandait les armées.

 

Commandant les armées, David avait eu vite fait d’oublier :

Que sa victoire sur Goliath ne relevait pas de son ingéniosité ;

Que sa survie face à Saul ne relevait pas de son bouclier ;

Que le fait de trouver une femme ravissante n’ouvrait pas la possibilité

 

Au roi d’obliger une femme (placée sous son égide) à commettre un pêcher

Tout en commettant à son tour six des dix pêchers pourtant explicitement listés

Par Dieu à qui David devait sa victoire, sa survie, et le privilège de régner.

 

Enivré de ses succès, David s’était prélassé

Sur la terrasse de son palace, d’où David aimait admirer

L’étendue de la cité sur laquelle il avait le privilège d’exercer

L’égide attendue et méritée

Par celles et ceux sur la vie de qui David était en droit de régner.

 

Se pavanant, David avait fini par trouver

L’angle par lequel apercevoir une femme qui n’avait pas cherché

À taper dans l’œil de son roi : elle était déjà mariée

Et vaquait à ses occupations, mais d’où il était perché,

David était en mesure de l’apercevoir, dénudée.

 

La voyant nue, sans qu’elle n’ait cherché à lui dévoiler

Sa nudité, qu’elle gardait pour celui à qui elle était mariée,

David était tombé sous le charme de Bathsheba, baignée

Pépèrement loin du roi à qui elle venait, sans en avoir la moindre idée

D’allumer les flammes de six des dix pêchers.

 

David avait commencé par convoiter

La femme de son voisin, soit le 10e pêcher.

 

David avait ensuite ordonné de se faire apporter

La femme d’un autre, pour coucher avec elle, soit le 7e pêcher

Que David obligeait cette femme à commettre, en plus de pêcher

Lui aussi par adultère, car David était lui aussi déjà marié.

 

Après avoir couché avec cette femme, elle lui avait annoncé

Qu’elle était enceinte de son roi, ce qui l’avait enchanté.

 

Après avoir convoité la femme de son voisin, et engendré

La vie dans les entrailles de la femme de son voisin, David était décidé :

Prendre pour lui la femme de son voisin, qu’il n’avait plus qu’à éliminer.

 

David avait alors commis, sous plusieurs angles sophistiqués

Les 2e, 6e, 8e, et 9e pêchers.

 

Il avait brandi son titre de roi, comme s’il fallait l’idolâtrer ;

Il avait fait tuer le mari de la femme tant convoitée ;

Il avait volé la femme de celui qu’il avait fait tuer ;

Il avait raconté n’importe quoi à son sujet.

 

 

À cela, Dieu avait répondu être très, très, très, très, très, très fâché.

 

Dieu avait alors envoyé Nathan à titre de messager.

Nathan avait commencé par une charade, histoire d’ouvrir David à l’idée

Du caractère six fois odieux de ce que David avait fait pour se pavaner.

 

David avait compris en un instant qu’il avait de quoi pleurer.

 

Alors, comme David savait gracieusement se lamenter,

David s’était mis à pleurer, pleurer, pleurer,

En suppliant Nathan de bien vouloir rapporter

À Dieu combien David regrettait d’avoir autant pêché.

 

Sachant rester objectif, sans être pour autant dénué

De sympathie pour celui à qui il devait annoncer

Que Dieu était fâché contre lui, et ce, pas peu près,

Nathan avait réconforté David en le préparant à l’idée :

 

L’enfant qui gisait dans les entrailles de la femme qu’il avait volée

Ne survivrait pas l’enfance, mais naîtrait, ce faisant déchirant dans leur intégralité

Le cœur de sa mère, ayant eu le temps de le couver, et

Le cœur de son père, ayant eu le temps de s’y attacher.

 

Par cette punition, David resterait marqué

Par l’effet papillon des douleurs qu’il avait infligées

Dès lors que rendu roi, David avait oublié

Le sens des valeurs, notamment l’humilité.

 

Après tant de douleurs causées

Par un roi ayant oublié qu’au-dessus de lui trônait le sacré

David avait pu réconforter Bathsheba, endeuillée

Lorsque leur enfant était mort alors qu’il était un bébé.

 

En réconfortant sa femme, désormais légitimement mariée

À David qui l’avait finalement épousée,

David avait pu aimer sa femme, sans commettre de pêcher

Et de cette réunion, Dieu avait décidé

D’envoyer comme progéniture : un fils né digne de juger.

 

Après la naissance de Salomon, David avait continué

De régner en pleurant, notamment quand un fils l’avait châtié

De la cité sur laquelle David était encore en droit de régner.

 

Absalom s’était lui aussi enivré

Du pouvoir par lequel un homme commande une armée

Au point de lever contre son père une révolte, et d’accaparer

Le trône de David et sa cité.

 

À cette attaque, David avait, comme à son accoutumée,

Choisi de partir en pleurant, pour se réfugier,

Loin de celui qui le trahissait, que David était incapable de réprimander.

 

David avait alors ordonné à son armée

De décimer celle d’Absalom et d’épargner

Son fils Absalom, que David ne voulait pas tuer.

 

Le général en charge de commander pour David son armée

S’était indigné de cet ordre, et l’avait outrepassé.

Une fois Absalom dans sa ligne de mire, Joab avait lancé

De quoi tuer le fils que le père refusait de sacrifier.

 

En apprenant la mort d’AbsalomDavid avait, comme à son accoutumée,

Pleuré, pleuré, pleuré,

En disant autour de lui que la mort de son fils suffisait à annihiler

Le sang sacrifié par celles et ceux qui s’étaient rangés

Derrière leur roi David, pour le protéger.

 

Doublement indigné par son roi, Joab lui avait balancé

Qu’il faisait honte au peuple qu’il était censé

Protéger

En prouvant à ce peuple que pour David, rien n’était plus sacré

Que la vie de ses fils, même celle de celui qui avait contre son père levé une armée.

 

Le sens de la répartie de Joab avait su réveiller

David face à l’absurdité

De ses choix et de son comportement, trahissant sa cité.

Bien des années plus tard, Joab avait dû à nouveau renvoyer

Le roi David face à l’étendue de son manque d’humilité.

 

Alors que Dieu était on-ne-peut-plus fâché

Contre les agissements du peuple placé

Sous l’égide de David, dont Dieu rafistolait les pots cassés,

Dieu avait ordonné à David de recenser

La population que Dieu avait placée

Sous l'égide de David, et de méditer

Sur le sens des proportions nécessaire à l’humilité.

 

À cet ordre, David avait à nouveau pêché

Deux fois plutôt qu’une, d’abord en s’extasiant à l’idée

De connaître le nombre d’hommes composant ses armées,

Puis en ressentant une incommensurable fierté

Quand Joab lui rapporta le nombre d’âmes placées

Sous les ordres de David, qui pouvait décider

D’envoyer des centaines de milliers d’hommes se faire tuer

Au nom de la défense de l’honneur de David, et non de la cité.

 

Par la graine d’indignation semée

Par Joab dans le cœur de David, avant de s’exécuter,

David avait pu détecter, quand était montée sa fierté,

L’étendue de l’offense par laquelle David avait pêché :

 

Par sa fierté, David se plaçait non seulement au-dessus de sa cité,

Ni seulement au-dessus des âmes composant ses armées,

Mais bien au-dessus de Dieu, en pensant incarner

Une autorité

Dépassant toute l’humanité

Soit une autorité au moins aussi, sinon plus sacrée,

Que celle qui n’appartient et n’appartiendra qu’à Dieu, in fine.

 

Réalisant son pêcher, David avait, comme à son accoutumée,

Pleuré, pleuré, pleuré,

Ce à quoi Dieu avait répondu offrir à David le choix entre trois calamités

Que Dieu ferait tomber

Sur David et le peuple que David avait été investi du pouvoir de protéger.

 

Une fois abattues les foudres de Dieu, David avait encore pleuré.

[...]

[...]

Pendant que son père pleurait, Salomon voyait son frère aîné

S’imaginer roi à la place de leur père, quand David aurait cessé

De pleurer pour des câlins, et de pleurer d’avoir osé

Défier, sa vie durant, Dieu par manque d’humilité.

 

Le fils aîné de David, sentant que son père était sur le point de crever,

Avait fêté son ascension au trône, en organisant un banquet,

Auquel Joab avait participé,

Et chanté avec le groupe que le fils était sacré

Roi avant que son père n’ait eu le temps de crever,

Banquet auquel tous les fils et les amis de David avaient été conviés

 

À l’exception, notamment, intentionnelle et remarquée,

De Salomon et sa mère Bathsheba, pourtant encore mariée

Au roi qui n’avait pas encore abdiqué,

Et de Nathan, le messager par lequel Dieu avait rappelé

David à l’ordre, quand il avait commis ses six pêchers, combinés.

 

Alors qu’il festoyait son ascension qu’il pensait assurée,

Le fils aîné de David ne savait pas que Nathan allait faire rappeler

À David l’importance de la rédemption de six pêchers, combinés.

 

Nathan avait conseillé à Bathsheba d'aller rappeler

À David qui (dans les bras d'une autre) se prélassait,

Que leur fils Salomon existait,

Et que jadis le roi David avait déclaré

Que Salomon était aux yeux de son père digne de régner.

Nathan avait ensuite sasit l'opportunité

Pour faire écho au rappel de Bathsheba à son mari, laissé

Par l'annonce de Bathsheba quelque peu retourné,

En rappelant à David que Salomon ne vivait

 

Que par la grâce de Dieu ayant, face aux six pêchers combinés

Du père David exercé sa miséricorde, à tant entendre David pleurer

Combien David était désolé,

Dans l'humilité et la sinérité.

 

Par la voie de Salomon, fils de David absolvant sept pêchers

Soit celui commis par sa mère, sous la contrainte de David obnubilé,

Et les six pêchers de David, foudroyé par la beauté

De la mère de Salomon, laquelle n’avait rien demandé,

 

Dieu replaçait sur le trône un homme qui avait ancrés

Au plus profond de son âme le sens et le goût de l’humilité.

[...]

Né d’un père pêchant sans arrêt

Mais sachant, après ses pêchers, repentir pour vrai et pleurer,

Né d’une mère n’ayant commis aucun pêcher

De sa propre volonté, i.e. n’ayant été que contrainte et forcée,

 

Salomon incarnait la force tranquille attendue et espérée

Par Dieu pour placer un être vivant dans un siège sacré,

Soit celui d’avoir le pouvoir de trancher pour juger.

 

Ne laissant rien au hasard, Dieu avait offert à Salomon l’opportunité

De tester son raisonnement face aux larmes de deux femmes, autour d’un bébé.

Savoir discerner entre des larmes sincères, et des larmes instrumentalisées :

Voilà qui était ancré dans le cœur de Salomon, institué roi digne de juger.

 

Quand il avait pris place sur le trône que Dieu lui avait accordé,

Salomon avait demandé qu’un siège soit réservé

À sa droite, pour que s’y place celle qu’il souhaitait à ses côtés :

Sa mère Bathsheba serait de son conseil, car elle l’avait mérité.

 

Ne laissant lui non plus rien au hasard, le fils de Dieu avait rappelé

Plus de huit siècles après le règne de Salomon, que dans l’autre réalité

Salomon trônait toujours pour juger,

Et qu’avec Salomon et Jésus Christ, la Reine de Sheba était elle aussi investie

Du pouvoir de juger les âmes se présentant pour plaider leur jugement dernier.

 

N’ayant rien laissé ni retranscrire ni chanter

Dans la Bible qui n’ait été soigneusement relié

Aux leçons à tirer du règne d’un roi digne de juger,

Dieu avait offert, par la Chanson de Salomon, les données

Auxquelles l’homme et la femme pouvaient espérer

Se référer avant de s’engager

Dans les liens sacrés du mariage, puis, une fois consommée

Leur union, i.e. une fois qu’ils étaient mariés,

De retourner à la Chanson de Salomon pour ne pas oublier

Les pas attendus, pour pouvoir danser

À deux, rapprochés pour l’éternité,

Sans se piler sur les pieds.

 

 

***

 

Pour saluer le courage et la détermination incarnés

Par David pleurant, i.e. David repentant

D'un puis de plusieurs jusqu'à l'intégralité de ses pêchers.


***

Signé :

🌻 Savato Kiriako 🌻

 💘

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