Mais que sait-elle ?
Dans ses soirées inconsolables, ses heures qu'elle passait à se prendre la tête
Et alors que ne continuaient de m'habiter que des rêves d'un autre ciel
Je comprenais que le plus doux des appels, celui qui pourrait bien durer
Se rendre au-delà de l'Odyssée, m'arracher mon éternité
Cet appel ne portait de désir ni de puissance ni d'échappée-belle.
Cet appel, inarrêtable et insatiable, portait le doux parfum de la reconquête.
Pour un instant arraché à l'éternité
J'ai entrevu ce qu'il me fallait
Pour savoir, hors de tout doute raisonnable
Que j'avais déjà ma place dans ton paradis
Je veille déjà sur ton coin de paix
Tu aussi, tu me reconnais
Mais que sait-elle ?
Qu’a-t-elle compris ?
Que je suis belle ?
Elle me sourit.
Ah !
Si Victor était là
Si seulement il l’était
Il pourrait leur dire : Moi j'y crois !
Il pourrait le faire, mais en vrai
C'n'est pas comme ça
Il ne peut pas, même s'il voudrait
En vérité, c'est nuancé
Il ne le peut qu’en théorie
Car dans les faits, il ne peut pas
C’est plus compliqué que ça
C'est ben correc' avec moi
Je n'ai pas besoin que Victor parle pour moi
Je parle déjà pour lui, et ça lui suffit que j'y croie
Ça lui suffit, et ça me va
Victor et moi, on s'apprécie
Victor et moi, on se voit
Victor et moi, on y croit
Sans pour autant le crier sur les toits
« Attention ! Faudrait pas trop qu’ça brasse. »
« Je fais gaffe. J’voudrais pas qu’tout ça casse. »
Je préfère te laisser penser que je ne sais pas ce que je fais
Que de vivre une vie qui me fasse miroiter que je ne sais pas ce que je veux
Je sais pertinement pourquoi je fais ce que je fais
Et j'attends que tu te décides à embrasser ce que tu veux
Un dollar dans un mur vaut-il mieux qu'un dollar dans un rêve ?
Je ne sais pas
Un denier public vaut bien plus que deux tu l'auras
C'est la trêve
Prends-moi pour une idiote. Je m’poile, tu m’fait marrer !
Prends-moi pour ta bonne. Check ben ça, ça va barder !
Prends-moi pour une pigeonne. J’saurai toujours m’envoler !
Prends-moi pour une dinde. Je vous laisse entre vous vous déplumer.
Prends-moi pour acquise. T'auras plus qu'tes yeux pour pleurer.
Pour qu'tu t'intéresses à moi, je fais mon intéressante
J'veux qu'tu t'intéresses à moi, j'te trouve si intéressante
Tu t'intéresses à moi ? Hum. Intéressant...
Oh ! Tu t'intéresses à moi ? Dis-m'en plus ! Non ! Attends !
Ne dis rien ! N'en dis pas trop ! Choisis tes mots !
Oh, je ne sais pas ! Je ne sais plus ! Je suis perdue !
Tu m'as trouvée ! Et alors ? Regarde-moi ! Oh...
Je n'sais plus qui je suis si tu n'me regardes plus !
Alors, reviens ! Ou plutôt, ne pars pas ! Je ne veux plus me passer de toi !
En fait, va-t-en ! Bon débarras ! Voilà comment j'assure mes arrières, tu vois :
Je dis non à la chance, surtout si elle me sourit. Je suis déjà beaucoup trop nantie.
Je ne peux pas y croire, alors je n'y crois pas
Je vois toutes les failles, je les lui pointe du doigt
Et elle répond : Mon doux que tu as de belles mains !
Cette femme-là n'écoute rien de rien !
Il y a celles et ceux qui voudraient bien piquer l'idée
Puisque mon coeur n'est pas à vendre, il n'y a rien à voler
Ça les embête que je m'entête et que je persite à m'poiler
Alors on perd la tête ! On invoque tous les sermons : Signaler !
On n'a jamais dit ça ! Ça disparait ! Annuler !
Annulera bien qui voudra, ça n'a jamais été assez
Qu'on pèse sur tous les boutons, pour me contrôler
Mon coeur n'est pas à vendre, mais il sait être touché
C'est ça l'idée. Ce n'est pas nouveau. Libre à vous d'essayer.
Je ne suis pas seule
Je suis bien entourée
Je ne suis pas la seule
À ne te souhaiter
Que d’être aimée
Elle est à part, je suis à part
On est à part toutes les deux
Elle est à part, je suis à part
Avec ou sans, on est deux
Je viens de réaliser l'âge que tu avais
Le 6 décembre, quand c'est arrivé
Alors j'arrive ! Avec mes gros sabots, mes folles idées
Mes utopies fraîchement débarquées
Maintenant que j'ai pris le temps de calculer
Je ne pourrai plus jamais m'arrêter de pleurer
Qu’on t’applaudisse ! Qu’on te remercie ! Que tu nous bénisses !
Mais voilà : il y a ton éternel oubli de prendre ce qui t’est dû.
Il est là, lui, mais il y a nous aussi !
Je te fais rire pour te faire les abdos
C'est aussi efficace que les pilates
Ça s'avère très utile, et c'est pas plate !
J'en ai d'autres ! Notamment pour le bas du dos
À tout jamais, vous pourrez dire : « Voyez ! Déjà ici ! »
Maintenant que je vous l’ai partagé, je ne pourrai jamais le nier.
Qu'en sauriez-vous si je ne vous l’avais pas dit ?
Si seulement je savais me taire !
« Comme tu sais, j'en ai un peu rien à faire »
Je l’ai dit. C’est acté. Ce sera facile à démontrer.
Cette fille-là n’écoute pas ce qu’on lui dit !
Et je n’en fais qu’à ma tête !
Je continue. Je persévère. La surenchère.
Mon historique de chicanes, vous pourrez ajouter
Que ça démontre une certaine instabilité.
Jamais à court de causes. Toujours à causer !
Jamais à court d’embrouilles. Toujours à les causer !
Savez-vous qu’une de ces chicanes a débuté
Pour planter des tournesols en copropriété ?
C’était une question de droit, pas de fierté.
Et pourtant, je n’en suis pas peu fière !
J’ai aidé ma communauté
En secouant quelques cocotiers.
J’y ai aussi mangé ma plus grande raclée.
Et parlant question de droit : La Cour suprême était impliquée !
Pour vrai de vrai, et ça n'a rien changé !
La due dil était évidente, mais j'étais seule à le brailler
Alors, quand ça redescent
Le déni de justice est encore plus cuisant
Mais je m'en suis remise ! Pas de quoi s'en faire !
Dans les cercles ancestraux, on a des plans de transfert !
C'est ce que j'ai appris, quand j'ai demandé.
On était au Mama C !
Viens, voir les musiciennes, voir les comédiennes
Qui t'rallument
[...]
Photo prise à l'UdeS (impossible de préciser où, quand ni comment, on finit toujours pas se perdre quand on y va, alors on se contente d'explorer, et on prend une photo si c'est touchant et familier)
Le tout en redessin perpétuel et signé Savato Kiriako, poétesse cartésienne