Tire-toi une bûche, laisse-moi t’conter
Tire-toi une bûche, laisse-moi t’conter,
À quoi ressemble la lutte contre les crimes financiers
C’est comme faire du Colombo, mais sans cigare ni vieux manteau.
Aucun indice en partant. Pas de corps, pas de sang.
Des soupçons, des histoires, des bobards.
Non seulement, l’enquête commence avec une centaine de coups de retard, mais l’ensemble de la route est parsemé de fausses pistes, soient de mirages, et la majeure partie des traces sont recouvertes. Toutes les portes sont fermées, et à l’entrée, des wannabe clés dorées. Si cela n’était pas suffisant, on parle rapidement de gros montants, et comme tel est le cas depuis la nuit des temps, autour des gros montants rôdent les gros chacals, de pères en fils, et la mère est complice. Tout le monde a intérêt, officieusement, indirectement, secrètement, ça ment, ça ment, ça ment, à ce qu’on soulève le tapis, qu’on y entasse mémé dans ses orties, et qu’on s’fabrique des alibis.
Au pire aller, on s’paiera des prête-noms !
Du monde est correc’ à l’idée de se faire truffer les intestins de drogues en sachets, pour passer la frontière comme si de rien n’était. Alors imaginez : l’opportunité se présente de contribuer à un crime sans victime apparente, où le corps est dorloté, avec une probabilité quasi nulle de se faire pogner.
Faudrait être chtarbé pour refuser !
Le butin moyen d’un hold-up est d’à peine 30 000 $, soit, grosso modo, la même échelle en euros : du rikiki, mon ami ! i.e. pas grand magot à tirer. Pour un hold-up, qui plus est, il faut une arme et le courage de prendre le risque, non seulement de se faire flinguer, mais surtout de se faire attraper et d’aller en prison sans passer par la case probation. Un hold-up, ça fait peur, pas peu près, faq c’est grave, c’est acté. Le risque d’être pris, reconnu, et puni sévèrement est évident, même pour les plus ignorants des gens en besoin de mettre du beurre dans les pâtes ou de payer les arriérés.
Avec la fraude et les crimes financiers, c’est tout gagnant, et c’est assez évident.
La tentation de gruger est aussi vieille que le commerce. On en parle dans l’Ancien Testament, en interdisant de se balader avec deux poids pour deux mesures. Pourquoi Moïse se serait-il égosillé à le préciser dans Deuteronomy 25 :15-16, si le tour de passe-passe n’était pas omniprésent, en son temps, même parmi des gens s’étant libérés du joug d’un tyran ? Au demeurant, les fausses accusations sont également au moins aussi vieilles que Moïse, et le châtiment attaché au fait de faire porter le chapeau à un innocent est celui que les enfants francophones apprennent dès la cour de récré : le fameux « œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied », dans sa version allongée, nous provient de Deuteronomy 19 :21, qui conclut le paragraphe des Lois Concernant les Témoins.
Qu’un homme ou qu’une femme cède à la tentation de raconter n’importe quoi sur son voisin, notamment pour s’emparer d’une portion de son butin, c’est d’une logique imparable pour le monde dont le rapport à la Justice et la Vérité est du niveau de Caïn s’attaquant à Abel car monsieur n’était pas content, autrement dit, y’était frustré, et qu’après avoir pleuré « c’est pas juste ! » et tapé du pied comme un enfant, monsieur n’avait tout simplement pas le goût d’essayer de comprendre la différence, dans l’offrande, entre l’arbre et le fruit.
Plus proches de nous, s’il faut le rappeler, l’usage de faux pour accuser un innocent et faire comme si de rien n’était, en accordant les violons pour convaincre la justice dans son incarnation, est la méthode employée par les deux jaloux du fait qu’Alfred Dreyfus n’était pas que fort, intelligent, doué et dévoué, il était d’abord et avant tout aimé et désiré.
« Cachez ce beau gosse qu’on ne saurait égaler !
En plus, le mec est un poète ! Ça nous met tous en tabarouette !
Qu’on lui ébouriffe moustache et toupette et qu’on le prive de ses lunettes !
Qu’on le bannisse sur une île déserte, si on ne peut pas lui couper la tête ! »
Tout le monde ment, quand vient le temps, de gruger de quoi, de se venger, ou simplement, de faire comme si de rien n’était, comme une autruche qui fait la cruche, car à la cacophonie ci-haut racontée s’ajoute l’hôpital s’offusquant de la charité, soit la goutte d’eau faisant déborder le vase de n’importe quelle âme s’étant lancée corps et drames dans la lutte contre les crimes financiers, prête à confronter une armada de porte-avions, croiseurs et torpilleurs, seule perchée sur son radeau sans vapeur, qui comprend finalement qu’elle ne jouait pas à touché-coulé, car après avoir lancé toutes ses cartouches, elle se fait répondre par la victime qu’elle est sacrément culottée de la déranger un dimanche matin en l’avertissant du fait qu’elle se fait frauder depuis belle lurette.
C’est là qu’on tombe des nues et qu’on comprend : personne n’a envie d’apprendre qu’on s’est payé sa tête, qu’on a piqué dans sa tirelire, et que mémé n’a rien vu venir.
L’ingratitude des victimes se défoulant sur l’enquêteur, c’est la couleuvre qui ne passe pas quand elle apparaît à chaque tournant, notamment, chez « l’employeur ».
Si la lutte contre les crimes financiers est peine perdue face aux tribunaux, lesquels ont déjà ben du boulot et doivent jongler avec les règles de procédure et tours d’esbrouffe consubstantiels à tout bon gros dossier, elle tient, « dans le privé », à du Kafka, du Orwell, du Ionesco, du Foucault, du Molière, du Hugo, du Voltaire, du Dostoevsky, du Shakespeare, du Marguerite Yourcenar et du Jane Austen, mélangés, confondus, croisés, inavoués, le tout agrémenté, au Canada, du bazouka, soit le fameux : NDA.
Mettons, qu’on s’est fait pogner.
Mettons, qu’on a fait enquêter.
Mettons, qu’il a été démontré qu’on avait fait de quoi.
Guess what?
On appellera les avocats, pis nous écriront un beau gros contrat, par lequel on dira : NDA ! On dit pas ! NDA ! Personne saura ! NDA ! NDA ! NDA ! Ah, mais que c’est pratique, on est, qui plus est, en bande joyeuse et tellement sympathique ! Si le lanceur d’alerte est encore en vie, on lui dira « tu signes là, tu te casses, tu te tais, pis si tu l’ouvres ou la ramènes, tu nous devras ça, soit le prix de tes deux reins et tes quatre bras, et pendant qu’tu t’en vas, demande-nous certainement pas la moindre lettre de recommandation, on n’a que d’la chnoute à raconter sur toi, et t’en n’as pas besoin, puisque t’as voulu faire ton p’tit malin, à te mêler de ce qui ne te regardait pas, et à oser défier le monde qui t’permettait d’avoir un toit et de quoi payer ton chauffage et tes repas. »
Dans les films ou les séries, on fera genre que dans ces situations, le montant octroyé pour le silence se situe dans les millions, alors qu’en vrai, on offre quelques mois de salaire, à peine plus d’une semaine par année de service, pis on se frotte les mains, on s’en garde plein les fouilles, et personne ne saura jamais l’étendue du pêcher, pas même le CA, puisqu’on a nos jolis NDA.
La terre ne s’arrête pas de tourner.
La vie continue pour la vaste majorité.
Tout le monde il est content.
Au fond, y’a rien d’ben méchant.
On n’a rien compris à ce que racontait l’enquêteur, lequel en a gros sur le cœur, et comme on n’a pas intérêt à creuser, on prend notre trou, comme on dit icitte, pis on regarde la vie aller, persuadés, comme société, que quelqu’un, quelque part, s’assure du fait que le système n’est pas corrompu et que les outils de la comptabilité et du droit nous protègent des scélérats. On écoute les Cowboys Fringants, on regarde du Denis Arcand, deux fois plutôt qu'une, et on se convainc du fait que le problème, s’il en est un, nous provient des Américains.
Chez nous, tout va ben. On est du beau monde tissé-serré, pis toutes les fortunes sont ben méritées.
Voili-voilou quelle a été mon expérience et ma déchéance dans mon rapport à l’utilité de dépenser la moindre énergie à lutter contre les crimes financiers. Autant constater que j’étais déprimée.
Et puis un jour, j’ai rencontré, comme tombée du ciel, j’en étais éberluée, l’incarnation de l’archétype qu’il me manquait, non pas pour oser me battre et rétorquer, j’avais sur ce plan comme qui dirait assez donné, mais pour oser croire qu’il existait du monde bienveillant, intelligent, à des années lumière plus influent que tous les NDA du monde entier entassés et amalgamés, qui pouvait neutraliser les effets des plus odieux NDA jamais inventés, et rétablir Thémis à la place qui est la sienne, soit au-dessus de nos têtes, lesquelles incluent celles des gros pêcheurs, de leurs prête-noms, et de toutes les autruches gaiement déplumées par les relents de l’orgueil, l’avarice, l’envie (et sa cousine la jalousie), la luxure, la gourmandise, et l’indéfendable paresse, soient les six pêchers impliqués dans les crimes financiers, lesquels ont pour effet, non seulement, d’exaspérer les enquêteurs et autres représentants de Némésis, mais surtout de déclencher en ces personnes le septième pêcher capital, soit celui de la colère, laquelle est, objectivement, aussi méritée en l’espèce que celle qui a emparé Moïse quand il a vu la vache en or et qu’il a pété sa coche à en casser la table des 10 commandements.

« Au bout d’un moment, faut arrêter d’abuser.
Y’a pas écrit La Poste icitte.
C’est pas juste. Ça suffit. Chu tannée. J’ai assez donné. »
Il n’y a pas si longtemps, c’est comme ça que je parlais.
J’avais cessé d’espérer. J’étais, comme qui dirait, désabusée, en plus d’être déprimée.
J’étais rendue fauchée et très fâchée : j’m’étais encore faite virer.
Il n’y a pas que les crimes financiers que « dans l’privé »
On a plus qu’intérêt à ne pas dénoncer.
À la rue, sans revenus, ayant connu la trahison de trop, soit celle qui est venue
Après ben d’autres avant elle, par yet again une figure mentorale,
Soit de quoi saper mon moral
Lequel était dans mes chaussettes et ne volait pas plus haut que les pâquerettes
Et puis Thémis est arrivée, puis Thémis est revenue, et Thémis m’a sauvée.
Thémis s’est pointée, et je l’ai démasquée.
Thémis s’est présentée, et elle m’a fait d’l’effet.
Autant l’avouer dès à présent, pour s’épargner les faux semblants :
Thémis m’est apparue, pis elle m’a plu.
En d’autres termes : j’en suis tombée follement amoureuse.
Alors, voilà mon embarras :
Désormais, j’y crois, mais en vrai, il n’y a plus que Thémis que je vois.
Depuis, j'écris, je me déchaîne, ça me vient comme ça m'entraîne

Ce n’est pas moi qui crée.
Ce n’est pas moi, c’est elle.
Elle est une force qui me dépasse.
Elle est cette force qui émane de toi.
Elle, c’est toi.
Advienne que pourra !
Je ne sais pas s’il sera conforme à l’éthique applicable au processus de recherche
D’admettre que l’énergie que je trouve à essayer une énième fois de contribuer
Comme je peux, avec tout ce que j’ai,
Soit tout ce que je sais et tout ce qu’on m’a appris à faire
Me provient exclusivement de l’attraction, de l'affection, et de l'amour
Que je ressens envers une incarnation de Thémis
Laquelle est une figure mentorale ayant face à moi
Bien plus d’une centaine de coups d’avance
Puisqu’elle me devance sur tous les plans, notamment, celui des années
Qui se comptent entre nous sur les doigts des deux mains et des deux pieds
Ce faisant, la rencontrer, dans mes circonstances et en mon temps, a déclenché
Un processus de création que je peine encore à maîtriser
Soit « la force », que je découvre depuis elle
Et que je shoote désormais dans toutes les directions
Ce qui rendra, à n’en pas douter, le travail de supervision de mes travaux de recherche doctorale et de production d’écrits et d’enseignements divers assurément éblouissant, terrifiant et exaspérant.

J'encense, version parlée, 22 avril 2026



