À la longue, on privatisa l’accueil sur le territoire.

À la longue, on privatisa l’accueil sur le territoire.

À la longue, on privatisa l’accueil sur le territoire.

Se faire à l’hiver, survivre aux bibittes, apprécier la faune et la flore : ces sagesses n’étaient désormais transmises que par la voie privée. Elles se transmettaient au sein du tissé-serré, ou bien elles s’achetaient. 

D’un bord, du monde qui connaissait le territoire. De l’autre, du monde qui le découvrait.

Au milieu, les peuples n’ayant jamais cédé leurs territoires et ayant subi toutes sortes d’humiliations et de crimes, qui tentaient de surmonter les traumatismes pour se reconnecter au territoire ainsi qu’aux sagesses ancestrales.

Parsemmé ci et là, un peu partout, du monde qui râlait qu’on ne parle pas français, indifférent au rapport de ces peuples à leurs langues ancestrales.

Accrochés à leur langue, fermement. Accrochés à leur héritage, partiellement.

On se reconnaissait dans le français, mais pour le reste de l’identité, on ne savait plus vraiment sur quel pied danser. Il s’était passé de quoi, notamment sous Duplessis, pis on avait ben du monde qui en avait souffert.

Le soin de l’âme avait lui aussi été privatisé.

Au pays de moultes traumatisés, l’accueil et le soin de l’âme, privatisés.

Doesn’t sound like sound administration, does it?

Au cœur, du monde qui avait, tous contes possibles et imaginables faits et inventés, bien le goût d’accueillir des coureurs des bois des temps modernes sur le territoire !

 

L’enjeu : Comment réinventer l’accueil, pour le sortir du domaine exclusivement privé ?

Comment en faire une politique de société ?

À quel pallier de gouvernement reviendrait la tache ?

Qui devrait s’en charger ?

 

Le gâchis charpentier ne faisait plus penser : « qu’en termes de profits », comme Les Cowboys Fringants l’avaient prophétisé. Le tissé-serré se resserrait sur lui-même, les fins de semaines passées avec la famille et les amis de longue date, pendant que les nouveaux arrivants se faisaient recaler à la case :

« Privé ! T’avais qu’à payer pour ! »

 

 

 

Le goût du sens de la communauté.

Le goût de l’appartenance au territoire.

Le goût de se sentir chez soi.

 

Chacun pour soi, pour celles et ceux qui arrivaient de l’extérieur du tissé-serré.

 

***

Sarah Catherine Megas

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