Mises en garde et déclarations d'intérêts

Mises en garde et déclarations d'intérêts

Il y aura, avec moi, des enjeux entourant mon respect des échéanciers et ma propension à donner plus de détails et d’information plutôt que pas assez.

J’ai bon espoir de trouver une équipe à même de superviser ma thèse qui comprendra les nuances entre indiscipline, insubordination et méthodes originales, sans prétention. Une femme beaucoup plus intelligente, dévouée, clairvoyante, et acharnée que moi a fait pire que moi, avant moi, alors je croise les doigts.

Je le reconnais : mon intérêt pour un cours est souvent influencé par mon intérêt pour la personne qui dispense le cours.

Dieu merci, je ne suis pas la seule à qui cela arrive !

À mon arrivée à Montréal, l’année de mes 18 ans, j’ai suivi l’année préparatoire offerte par HEC Montréal pour ses étudiants en provenance de l’extérieur du Québec. Sur les 10 cours de l’année préparatoire au BAA, j’ai obtenu trois A+.

-          En Algèbre vectorielle et linéaire appliquée à la gestion, marquant la limite de ma compréhension des méthodes quantitatives, puisqu’en Calcul intégral j’ai obtenu ma pire note de l’année, avec B, soit la même note que j’ai ensuite obtenue lors des deux cours de statistiques au BAA. Je conçois et comprends les maths, mais à un moment donné, je décroche, je le sais. Je ne serai que B, cela ne changera pas au doctorat. Je tripais sur la prof, alors j’aimais l’écouter : j’en ai récolté un A+ au premier semestre, puis je me suis lamentablement laissée décrocher au semestre suivant, quand la même prof parlait d’une autre dimension, avec ses intégrales. Triper sur la prof aidera à m’intéresser, je l’admets, jusqu’à un certain point.

-          En Pensée rationnelle et argumentation, soit un cours hors HEC que j’étais allée suivre à l’Université de Montréal, dans l’espoir de suivre les études qui m’auraient appelée, n’eut été l’état de ma tirelire, avant, pendant, et après le BAA. Mes espoirs d’études doctorales remontent au moins aussi loin.

-          En Éléments d’analyse économique contemporaine canadienne, soit un cours qui m’a non seulement emballée, mais était prodigué par un professeur que je regardais avec les yeux de la dévotion bien placée. Il m’impressionnait, dans ce qu’il disait et la façon dont il parlait. Je m’asseyais au premier rang, notamment pour sentir son parfum et admirer ses mains, et j’étais enjouée au point de poser des questions à tout bout de champ, lesquelles questions ce professeur a toujours pris dans l’élégance, ce qui me faisait espérer son prochain cours avec entrain, et se solda par un A+, dont j’étais fière notamment dans l’espoir qu’il le remarque. Se souvient-il de moi ? Probablement pas. Je l’ai admiré, de loin, même si je m’asseyais tout près. Aurais-je envie de lui reparler ? Assurément. Son cours, sa thèse, et l’évolution des fils de sa pensée au cours des 21 dernières années, tout cela m’intéresse et est aligné avec le sujet de thèse doctoral que j’espère explorer. J’aurai peut-être plus d’une opinion divergente avec le professeur Joseph Facal. Nous avons suivi des trajectoires de vie différentes : il va sans dire qu'il sait des choses que je ne sais pas, et vice-versa. Étant donné sa feuille de route et l’impression qu’il m’a laissée à l’automne 2005, je n’ai aucun doute quant au fait que s’il devait avoir des convictions allant à l’encontre des miennes, une discussion informée, respectueuse, bienveillante et lucide, me permettrait de nuancer mes propos, d’affiner mes analyses, et de rendre mon travail de recherche plus pertinent. 

Je rêve de tels échanges, peut-être par naïveté, car j’ai la certitude d’appartenir au rang des intellectuels, ce que je me permets d’affirmer depuis que le Professeur Yves Gendron m’a partagé, après m’avoir laissée squatter le colloque de recherche qualitative en comptabilité à l’ACFAS 2025, son article Choc épistémique : désarroi et résistance (2025), dans lequel il citait Edward Said (1996, p. 15) :

« En tant qu’êtres sociaux, nous avons tous une appartenance nationale, une langue, des traditions, une situation historique donnée. Dans quelle mesure l’intellectuel est-il au service de cette appartenance et dans quelle mesure la combat-il ? La même question se pose pour le rapport de l’intellectuel aux institutions (académie, Église, association professionnelle) et au pouvoir qui à notre époque le circonviennent à un degré extraordinaire. […] Ainsi, le principal devoir de l’intellectuel reste, à mes yeux, de s’affranchir autant que possible de telles pressions. Voilà pourquoi je le définis comme un exilé, un marginal, un amateur, et enfin l’auteur d’un langage qui tente de dire la vérité au pouvoir. »

 

 

Il y aura, comme depuis ma plus tendre enfance, un effet délétère à gérer : l’effet que j’ai tendance à susciter sur des figures d’autorité en mal d’assise. Piètrement géré, cet effet mène à des chimères, desquelles je ne suis plus surprise, bien que franchement tannée, cf. Lettre explicative accompagnant le formulaire de plainte pour harcèlement, tirée d’une histoire vraie.

Là encore, je ne suis ni la première ni la dernière à subir les foudres des enseignants, mentors, boss des bécosses, team leaders, surveillants et autres figures d’autorité qui vivent mal les contradictions pointées dans leur argumentation, ou le manque d’intérêt pour les leçons et les ordres qu’ils entendent disséminer.

 

[TBC]

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