Des sirènes et des marteaux : des exceptions confirmant des règles

Des sirènes et des marteaux : des exceptions confirmant des règles

Si ton plus grand rêve

Est d’impressionner une femme

Au cœur et à l’intelligence plus grands que nature,

Alors ta plus grande peur deviendra de la décevoir.

Tout ce que tu feras sous ce spectre

Ne pourra être que merveilleux.

 

La racine du problème

Il n’y a que deux types d’hommes : ceux qui aiment les femmes, et ceux qui les haïssent.

Parmi ceux qui nous aiment (les Anges) : nous avons ceux qui nous aiment dans l’entièreté de nos charmes (nos Poètes) et ceux qui ne s’intéressent pas au reste (les Platoniques).

Parmi ceux qui nous haïssent (les Aigris) : il y a ceux qui nous reprochent leurs bobos (nos Harceleurs) et ceux qui nous voudraient mortes (les marteaux).

Parmi les femmes : il y a nous et celles qui se haïssent (les Sirènes).

Les ténébreux ne se composent que des Sirènes et des marteaux.

La racine du problème n’est que celles et ceux qui nous haïssent. Parmi eux, nous pouvons adoucir l’âme de nos Harceleurs ; nous ne pouvons que neutraliser les marteaux et court-circuiter les Sirènes.

L’héritage

Trois décennies après l’invention de l’imprimerie, des marteaux ont écrit et diffusé un texte infâme : le malleus maleficarum (aka le marteau des sorcières, mais nous l’appellerons le torchon des marteaux). Ce torchon nous dépeint comme des infâmies. La violence des propos à notre égard ne mérite pas d’être reproduite ici.

Dans une prochaine missive, j’élaborerai ce point en me reposant sur les travaux des chercheurs·ses que Titiou Lecoq[1] a rassemblés·ées : grâce à leur courage et leur détermination à regarder l’infâmie dans les yeux, nous n’aurons qu’à sauter à leurs conclusions.

Profitons-en pour les remercier : l’âme qui est témoin de l’infâmie porte l’Espoir de notre Mémoire. Nous ne pouvons ni ignorer, ni oublier ces Vérités. C’est un devoir de Mémoire, pour celles et ceux tombé.es, mais aussi pour celles et ceux qui se souviennent malgré tout, au prix, bien souvent, de la santé de leur cœur. Personne ne souhaite regarder le diable dans les yeux, encore moins s’accrocher à son souvenir.

Et face à tout, nos témoins résistent.

Nous devons tout à nos témoins, eux qui sont les premiers traités de fous et envoyés au bûcher. Ils ont déjà payé pour nous ; nous n’avons qu’à reprendre leur flambeau.


La gouverne

Mais ce n’est pas que d’histoire dont je dois vous parler : les structures de gouvernance que nous connaissons aujourd’hui découlent des grands principes érigés par les marteaux et leurs héritiers. Ce point, que je tiens des travaux de recherche de plusieurs d’entre vous, fera l’objet de nombreux envois futurs.

Ce qu’il faut comprendre : le sort que nous réservons aujourd’hui aux lanceurs d’alerte témoigne de l’aberration de notre système qui ne permet aucune réconciliation entre causeurs et receveurs de douleurs. Nous reproduisons des semblants de justice, et nous ne cessons de nous taper les uns sur les autres.

Les femmes au pouvoir

Les marteaux ont effacé l’Histoire des femmes, et avec elles les façons dont elles gouvernaient. Nous le savons : notre altérité d’avec les hommes se traduit par des comportements différents, notamment au travail et aux commandes.

Ces différences prennent d’importantes proportions lorsque nous devenons mères. Dans nos conversations en personne, vous êtes nombreuses à m’avoir fait part du basculement de vos paradigmes engendré par l’arrivée, sous vos auspices, d’autres vies que la vôtre.

Les Reines ont toujours régné, avec les hommes et à leurs côtés. Il faudrait être timbré pour croire que même cantonnées à la maison (si c’était là leur plus basse aspiration) les femmes n’en auraient pas profité pour y faire leur loi. Nous étendons toujours nos tentacules.

Telles la Maman de Louise Bourgeois, nous tissons.
En silence, souvent, mais nous tissons toujours.

Les Sirènes

Je développerai, dans des missives ultérieures, l’enjeu entourant les Sirènes. À ce stade, je précise qu’elles sont celles qui abusent de leurs charmes et qu’elles sont à l’origine de la cacophonie qui entoure les discussions contemporaines sur le sort des femmes.

Si je ne peux pas tenir publiquement les propos que je vous écris, ce n’est pas tant car les marteaux me guettent que parce que les Sirènes seraient les premières à m’achever.

Elles aussi prennent plaisir à voir une femme souffrir.

Et pendant que les Sirènes sèment la zizanie, les marteaux se régalent et les Harceleurs ne savent plus où donner ni de la queue ni de la tête. Dans le Jugement de Salomon, les Sirènes sont cette femme qui laisserait l’enfant mourir plutôt que de perdre le débat. Elles ont toujours fait partie du paysage.


Les savoirs perdus

Les femmes ont toujours régné, mais les marteaux ont brûlé leurs histoires. Et pour faire tenir leurs grandes théories, ils ont imprimé à tout va non seulement leur torchon, mais aussi leurs versions altérées d’autres textes, incluant des textes sacrés. Cette affirmation est trop équivoque pour que j’en dise davantage pour l’instant.

Moins polémique, et à titre d’exemple, nous avons perdu la quasi-totalité des idées de la poétesse Sappho de l’île de Lesbos, dans ce qui est aujourd’hui la Grèce, alors qu’elle était contemporaine à Homère et considérée son égale. Mais Sappho parlait des charmes et des sentiments. Et à force de parler de charmes et de sentiments, Sappho en venait à évoquer l’affection que deux femmes peuvent être amenées à s’échanger sans un homme.

Immondice

Deux femmes qui s’aiment sans lui, c’est la plus grande marque de l’inutilité du marteau. Aucune image ne lui est plus détestable. Être inutile est sa plus grande peur (après l’idée de la chute de ses cheveux), lui qui a grandi se comparant à Jésus, perfection vers laquelle il se sait incapable de tendre.

La honte que suscite chez un tel homme le rejet qu’il perçoit d’une femme
est d’une violence sans mesure.

Hugo nous en parlait dans la figure de l’homme en soutane qu’Esméralda refuse. Et pendant qu’il effaçait Sappho de l’Histoire, le marteau n’a cessé de se convaincre qu’Achille et Patrocle n’étaient que des potes.

marteaux

Comme les Sirènes, les marteaux ont toujours été présents. Je vous ai parlé de leur torchon, n’allez pas en déduire que c’était mieux avant. Des hommes naissent marteaux depuis la nuit des temps. Ce que l’imprimerie a révolutionné pour eux, c’est l’amplitude de leur frappe. Les marteaux disposaient dorénavant de l’outil idéal pour propager leurs idées et réécrire l’Histoire.

Toute ressemblance avec des outils contemporains n’est certainement pas fortuite. 

marteau

Je n’ai croisé d’homme dont je puisse affirmer qu’il s’agissait d’un marteau qu’une fois. Soulignons-le : il y a beaucoup plus de Harceleurs que de marteaux. Le rapport est probablement de l’ordre de 1 pour 1 000. Mais la haine des marteaux est si forte et la route de leur ascension si exactement pavée à leur effigie, que peu importe la faiblesse de leur nombre, ils réussissent toujours à s’abattre sur nous dans une violence radicale.

Cet homme est entré dans ma vie à mes moments les plus sensibles. Quelques heures me séparaient de la naissance de mon enfant. L’obstétrique : milieu rêvé pour un marteau.

En effet, la haine des femmes et la honte de l’impuissance amène les marteaux à rechercher des positions de pouvoir ultime sur le corps et l’âme des femmes. Prenez bien garde au syllogisme que je ne fais pas : le rapport reste de 1 pour 1 000. Je ne dis pas que tous les hommes en position de pouvoir sur des femmes sont des marteaux. Entendez-moi bien.

Je dois souligner le fait que dans les semaines précédant l’accouchement et jusqu’à la naissance de mon enfant, plus d’une demi-douzaine de professionnels en tout genre sont allés calculer de leurs doigts l’avancement de mes travaux. Non seulement je sais comment m’insérer sans faire mal, mais je sais aussi comment un professionnel de la santé peut prendre soin de moi sans me blesser.

Ce marteau a exercé à mon égard tous les moyens de haine qu’il considérait à sa disposition.

Il m’a blessée dans ma chair et dans mon âme. Il est entré en violence dans mon corps et y a exercé toute la contrainte que son statut lui permettait de m’infliger. De ses mains, il a donc pénétré mon intimité, s’y est assis beaucoup plus longtemps que de raison et y a exercé une force machinale.

C’est la seule fois qu’un homme a traité mon corps avec autant de haine. Je m’estime chanceuse : ce n’était qu’un incident, ce n’était qu’un homme, et je suis ressortie de l’établissement accompagnée de l’âme dont j’attendais l’arrivée. Après l’incident, j’ai attendu plus de 10 heures que le marteau termine sa permanence avant de laisser un autre médecin s’approcher de moi. C’est donc sa successeure qui m’a accompagnée dans la naissance de mon enfant.

Dans les mois suivant l’incident, j’ai fait mon devoir : j’ai porté plainte, je suis repassée sur les faits, en long en large et en travers, j’ai tenté de me rappeler des détails significatifs et pertinents à un moment assez proche des faits pour ne pas en oublier la couleur, et alors que le cocktail d’hormones entourant la naissance battait encore son plein dans mon corps. Je me souviens d’avoir allaité mon enfant pendant mon unique entrevue avec la personne responsable du traitement de ma plainte.

Quelques mois plus tard, on m’annonçait fièrement : le marteau avait un historique de mauvaises manières à côté du lit, euphémisme qui n’est pas de moi. Je n’étais donc pas la première. On m’avait pourtant bien prise au sérieux : le grand chef de l’établissement où l’incident avait eu lieu ferait un suivi avec le marteau dans les mois qui viendraient, en aparté, pour s’assurer que cela ne se reproduise jamais. Pour ce qui était de ma plainte, le processus s’arrêtait là.

Si je n’étais pas rassasiée, je pouvais aller raconter ma mésaventure à l’ordre professionnel de ce grand manitou. Je préciserai ici que le marteau avait longtemps occupé le poste de responsable du service des naissances de l’établissement. Le marteau se targuait, semble-t-il, d’une liste longue comme le bras de césariennes et autres interventions de haute voltige qu’il avait exécutées, aux dires de tous, avec la plus grande des prouesses, scalpel et doigts de fée inclus.

Grâce à lui, tous ces bébés étaient nés sains et saufs.
Un vrai sauveur, donc. Peut-être même un dieu ?

Dès lors, vous comprendrez que je me suis gardée de m’infliger la troisième peine qui aurait consisté à traîner le marteau en justice. Au demeurant, je n’avais pas, pour ma part, accès à une batterie de juristes qui auraient pu aplanir mon chemin jusqu’à la fin de mon implication dans le système de réconciliation. Les contre-interrogatoires, les menaces de diffamation, les frais juridiques, la charge émotionnelle : comme une lâche, je me suis inclinée face à eux.

Après tout, c’était une pénétration juste assez violente pour que le système de justice
trouve le moyen de la rendre excusable, alors à quoi bon.

Ainsi, si je vous parlerai essentiellement de la violence psychologique et des conséquences de son impunité sur notre capacité à vivre ensemble, ce n’est pas pour ignorer la réalité des violences corporelles. Je crois pouvoir dire que j’ai désormais une assez bonne idée de ce que cela peut faire, et qu’en référence à l’agression que j’ai ressentie dans ma chair, je n’ose pas imaginer l’étendue du supplice de mes sœurs.

Lorsqu’une femme me dit non

Comme vous le savez, puisque j’ai reçu le don d’être touchée par les charmes des deux sexes, je comprends l’effet que génère le rejet d’une femme dans le cœur d’un homme Aigri. C’est précisément la même sensation que je ressens si je me sens attirée par une femme et qu’elle me dit non. La prise au ventre est très différente de celle que je ressens lorsque c’est un homme qui n’éprouve pas à mon égard une attirance réciproque.

Le rejet que je perçois de la part d’un homme me fait sentir insuffisante. Le rejet d’une femme me fait ressentir le dégout et la honte. Ce dégout et cette honte sont des relents de la diffusion à grande échelle des idées contenues dans le torchon des marteaux.

Ainsi, même pour celles d’entre nous qui vivons sur des territoires qui nous permettent d’aimer librement une autre femme, nous gardons dans le ventre des siècles de dégout et de honte ressentis par nos ancêtres. Et le dégout envers soi fait des dégâts sans pareil. Étiré sur des siècles, ce dégout est un nuage nauséabond.

Lorsque je dis non à une femme

J’ai été prise de ces relents de dégout et de honte lorsque des femmes avec lesquelles j’entretenais une relation d’une certaine intensité explicitaient leur désir à mon égard et que j’étais dans l’incapacité de répondre oui. Cette danse a été omniprésente dans les relations que j’ai entretenues avec d’autres femmes avant de quitter le foyer qui m’a vue grandir.

Dans ce foyer, il m’avait été inculqué que je ne pouvais pas entretenir une affection charnelle avec une autre femme. La figure autoritaire qui m’envoyait ce message me précisait que l’idée-même lui était nauséabonde. Cette même figure d’autorité démontrait une grande libéralité face à la question de ma sexualité avec des hommes de mon âge.

Ce n’était donc pas une question de maturité sexuelle.

Ce n’est qu’une fois que j’ai quitté ce foyer que j’ai été en mesure d’avoir ma première expérience charnelle avec une autre femme, laquelle était dénuée de dégout et de honte. J’oserais même dire : bien au contraire !

Tant et aussi longtemps que je vivais sous les règles d’une figure d’autorité pour qui l’idée de me savoir amoureuse d’une autre femme était source de dégout, j’ai éprouvé du dégout et de la honte lorsqu’une femme me signifiait un intérêt pour un échange charnel alors pourtant que je partageais son désir.

Aujourd’hui, je continue d’avoir de tels relents de dégout et de honte lorsqu’une femme me signifie son désir et que ce n’est pas réciproque. Ce dégout semble donc s’attacher soit à l’idée que cette femme imagine des choses que je ne souhaite pas imaginer, soit au fait que mon rejet génère pour elle un sentiment de honte que je ressens par empathie.

Lorsque je dis non à un homme

Il m’est arrivé, à plusieurs reprises, d’entretenir une relation que je croyais fraternelle et platonique avec un homme, jusqu’à ce que celui-ci prenne des vessies pour des lanternes. Lorsque je comprenais que notre proximité n’était pas au même niveau, je me retirais et signifiais mon non. Si cet homme acceptait mon non, il se replaçait naturellement au même niveau que moi. Nous pouvions alors continuer d’être amis, et rien d’autre.

Cependant, si cet homme refusait mon non, le rejet que je lui infligeais semblait déclencher chez lui une véritable blessure. Il persistait alors à s’imposer dans ma vie, malgré ma fuite et mes non. Je précise ici que lorsque je dis non, je le dis en utilisant toute la panoplie de non dont nous disposons.

Ce n’est pas le degré d’explicitation du non qui compte,
pas plus d’ailleurs que le rapport de pouvoir.

La dynamique que je décris m’est arrivée avec des hommes placés dans des positions d’autorité sur moi, comme avec des hommes à mon niveau et des hommes avec qui on aurait pu dire que l’essentiel de l’autorité m’appartenait.

Lorsqu’un Poète s’entiche de moi

Paradoxalement, le sentiment qui m’habite lorsque je dis non à un homme dépend complètement de ce qu’il décidera d’en faire. S’il l’accepte, je ne ressens aucune honte ni aucun dégout. Seuls les Poètes acceptent mes non.

Lorsque je dis non à un Poète, je peux sentir chez lui une déception, voire du chagrin. J’en retire une certaine tristesse à l’idée de le voir souffrir et de lui avoir fait miroiter quelque chose malgré moi. Je n’ai pas laissé qu’un homme sur le parvis.

Certains Poètes ont essayé de retenter leur chance, ce qui pourrait laisser penser qu’ils refusaient mon non. Ce n’est pas du tout le cas ! Dans leur galanterie, ces hommes revenaient avec des propositions pour me convaincre de les aimer. Je persistais à dire non, parfois non sans cacher mon exaspération, et ils finissaient par repartir penauds.

Un Poète tenace rétorque à mon non par une parade étoffée. Il me sort ses tours, essaie de me faire rire et de m’attendrir. Aucun Poète ne m’a laissée la boule au ventre.

Lorsqu’un Harceleur s’entiche de moi

Si l’homme à qui je dis non refuse de l’entendre, il adopte un comportement très différent. Là où le Poète me prie de bien vouloir reconsidérer ma décision, le Harceleur fait quant à lui mine de ne pas avoir posé la question. Si le Harceleur se permet de me toucher et que je me raidis ou m’éloigne, il continue de plus belle et me suis d’encore plus près.

La propension du Harceleur à ignorer les manifestations de mon non
est la pierre angulaire qui le distingue d’un Poète tenace et créatif.

S’il devait entendre mon non, le Harceleur aurait à faire face à la honte qui le prendrait. Puisqu’elle est le sentiment dont il est le plus difficile de s’extirper, le Harceleur maintiendra son attention sur la poursuite et le rapprochement d’avec celle qui le repousse plutôt que de laisser place à la honte.

C’est pour cela que nous devons concentrer nos efforts sur le soin de l’âme des Harceleurs : ils ne regarderont la douleur à l’origine de leur honte qu’accompagnés de leurs proches et de professionnels du soin de l’âme. Le Harceleur projette sur celle dont il s’entiche l’ensemble des souffrances qu’une autre femme lui aurait (selon lui) causées.

Il est impératif qu’une femme dont un Harceleur s’est épris
ne soit jamais laissée seule pour s’en défendre.

Malheureusement, les structures que nous déployons pour prendre en charge ces dynamiques ne font qu’isoler les protagonistes et empirer la situation. C’est un point que je détaillerai dans de nombreuses missives ultérieures et qui se basera sur les disciplines que je maîtrise tout en faisant le pont avec d’autres. Le soin de l’âme n’est certainement pas unidimensionnel.

Étrangement, lorsque je repousse un Harceleur, sa persistance déclenche dans mon ventre le même sentiment de dégout et de honte que lorsqu’une femme me dit non, ou lorsque je dis non à une femme. Cette dynamique me laisse penser que la honte et le dégout que je ressens, lorsque c’est moi qui dis non, n’est pas liée au fait d’imaginer une intimité avec une autre personne avec laquelle je ne souhaite pas être intime.

Plutôt, il me semble évident que c’est la honte et le dégout de l’autre que je ressens.

Du rejet d’une femme

Ainsi donc, j’ai la conviction que le rejet d’une femme, qu’il soit reçu par un homme ou par une femme, ne sera source de honte que pour les marteaux, les Harceleurs, et les femmes aux prises avec les relents du torchon des marteaux.

Heureusement pour moi, jusqu’à présent, seuls les hommes doux ont tendance à s’enticher de moi. Certains m’ont donc déjà fait peur, mais ils n’ont pas encore tenté d’exercer à mon encontre une violence physique. Je sais pourtant que cela n’est pas gage de sécurité.

En écrivant ces lignes, je garde ainsi la boule au ventre du dernier en date qui, même s’il porte le nom d’un nounours et projette sur moi des souffrances que je crois appartenir à sa relation à sa fille (ce qui réduit la probabilité d’un crime passionnel), a refait surface ces derniers jours par trois gestes qu’il considère probablement n’être « que des petits coucous inoffensifs ».

Je me sens choyée de n’avoir hérité d’aucun des charmes d’Esméralda. Je ne peux qu’imaginer le poids que d’autres femmes portent lorsque leur Beauté frappe celles et ceux qui les entourent.

Force

Et puisqu’il est question de la force de ces charmes, je me permets d’affirmer que les charmes des femmes sont tout bonnement sans commune mesure. Pour ne parler que de la Beauté, un bel homme fera tourner des têtes et donnera des papillons au ventre. Ce qu’une belle femme fait autour d’elle, ça n’a tout simplement rien à voir.

Puisque vous êtes nombreuses à user de vos charmes sans vous en rendre compte et à sembler surprises de mon émerveillement lorsque je vous regarde, vous pouvez être certaines que je chanterai vos louanges pour le reste de mon existence, quitte à me répéter, d’ailleurs.

Si je devais finir sénile, radoter sur ce que j’aime de vous me parait être un bien joyeux festin ! Si l’on ne me donnait plus qu’un jour à vivre, je le passerais à vous dire combien je vous aime. Je vous concocte d’ailleurs de jolis poèmes, sur vos regards et tout le reste.

Chasse

Mais s’il vous en faut quelques-uns pour passer le temps, je vous renvoie vers Hoshi : tout ce qu’elle chante, c’est en plein ça, et c’est bien pour cela que ce qu’elle fait est divin ! Vous comprendrez, cependant, que j’ai des convictions contraires aux siennes lorsqu’elle parle des capitalos dans « Elle rêve encore ». Ne vous inquiétez pas, je m’efforcerai de la convaincre.

Vous vous cachez si bien que même Hoshi ne vous voit pas !

Même si je me suis jurée de ne pas lancer de noms, je profite du joyeux détour d’apologie d’Hoshi pour vous parler de la pose qu’elle affiche sur son album au titre prophétique : « Il suffit d’y croire » (magnifique !). Ce regard, vous le connaissez : c’est le regard d’une chasseuse. C’est ce regard que les Harceleurs pensent faire lorsqu’ils ne font « que nous regarder ». Mais puisqu’ils ont le cœur brouillé par la honte, leur livraison ne ressemble pas du tout à ça. Le voilà, le mens rea.

Du rejet tout court

Les dynamiques dont je fais état m’amènent à faire le lien entre ce sentiment de honte généré par le rejet et les travaux de plusieurs d’entre vous entourant les mécanismes d’humiliation. J’entends également faire le lien avec l’infâme que décrit Voltaire dans son Traité sur la tolérance.

Ce que vous devez comprendre : les structures que nous connaissons et que nous déployons pour lutter contre le harcèlement sont en totale déconnexion avec la réalité du traitement de la honte. Si la honte est un cactus, nos structures permettent la pêche au calmar. Elles sont d’une inutilité totale face au problème et tiennent même de la farce.

Pas qu’une histoire de sexes

S’il n’y avait qu’à se méfier des réactions que génère le rejet, par une femme, des avances d’une autre femme ou d’un homme Aigri, vous me diriez : quoi de nouveau ?

Malheureusement, comme plusieurs d’entre vous le démontrez dans vos travaux, la honte a également été insufflée dans le cœur des peuples colonisés. La transmission de cette honte perdure et inclut des mécanismes d’autosabotage par lesquels les peuples colonisés, qu’ils aient ou non acquis depuis leur souveraineté, continuent de reproduire les idées qui les plaçaient en-deçà de la dignité.

C’est précisément là que tout se clarifie, et que les voies de solution semblent évidentes.

Les principes sous-tendant le colonialisme ont été développés par les mêmes marteaux qui s’attaquaient aux femmes, aux Juifs, et à tous les groupes qui osaient s’aimer et faire la fête ensemble. Ce lien rassemble des bulles pontificales, des textes de lois et des pratiques d’extermination contemporaines au torchon des marteaux. Vous comprendrez que cette connexion fera l’objet de nombreux envois subséquents, puisqu’elle se repose sur les travaux de chercheurs de nombreuses disciplines.

Encore une fois, je ne ferai que me dresser humblement sur les épaules de tous ces chercheurs qui nous ramènent les fils de notre Histoire. Leur labeur m’épargnera le supplice de regarder en face l’atrocité des pratiques et des comportements qui découlent de cette période.

Égide

Comme vous le savez, ma nature est extrêmement cristallisante pour les ténébreux. Elle l’est aussi pour les Harceleurs, qu’il convient à nouveau de distinguer des marteaux. Les Harceleurs ne sont pas ténébreux : ils ne demandent qu’à se soigner.

Mais à m’attirer toutes ces foudres, ce n’est déjà plus une cible que j’ai dans le dos, c’est le pont d’envol d’un porte-avions. Ces réactions épidermiques que ma seule présence tend à susciter m’ont permis d’apprendre les limites des régimes officiels de protection.

Ce n’est donc que sous votre égide que je me réfugierai : je ne crois en aucune autre.

Refuge

Mais à ce titre, si vous deviez vous inquiéter de mon devenir, je suis heureuse de pouvoir rapporter que j’ai trouvé refuge auprès d’un cercle dont la bienveillance ne m’inspire que du bon. Puisqu’il faut bien savoir reconnaître celles et ceux qui en sont dignes, ce cercle est l’un des rares en qui j’accorde ma pleine confiance : ce sont des balises et des phares et non des carcans que j’y trouverai. Vous êtes nombreuses à exercer vos talents dans le cadre de ce cercle et à y affûter vos fusains. Nos échanges ont déjà contribué à me faire entrevoir d’infinies possibilités !

Autrement, je vous l’ai dit, ce n’est jamais en une bannière que je crois, seulement en le cœur des âmes qui la font vivre. Protéger des noms, c’est bien là le fardeau que vous savez porter avec tant de courage. Quant à moi, il n’y a que pour la défense de vos noms que je risquerais ma vie.

Nous ne pouvons donc afficher notre Amour en plein jour.

Jeanne

Il en va ainsi de la Mémoire de Jeanne d’Arc qui est toujours accaparée en France par les héritiers de ceux qui l’ont brûlée. Les ténébreux ne se mouchent pas du coude et n’ont jamais eu honte de leur inconsistance : vomir sur les autres la honte qui leur appartient est précisément leur marque de fabrique. Dès lors, pour nous reconnaître, il ne nous suffirait pas d’invoquer une révérence à un symbole, quand bien même il s’agirait d’une des porteuses d’Espoir les plus puissantes, en l’incarnation d’une mystique qui a su diriger avec tant de bravoure et d’intelligence.

Mais puisqu’elle n’était pas née noble (et qu'elle était analphabète, ne sachant ni lire la Bible ni écrire ses idées), Jeanne d’Arc suscitait l’ultime courroux des marteaux : en plus de toutes ses insolences, la noblesse de son sang ne pouvait se résumer qu’aux chemins parcourus dans son cœur. Ce point est encore de Titiou Lecoq. Je ne serais pas étonnée de rencontrer sous peu un·e historien·ne qui aurait théorisé que de n’avoir été née au plus bas des échelles sociales de son temps, Jeanne d’Arc n’aurait probablement jamais fini au bûcher.

Mais c’en est assez avec l’indignation pour aujourd’hui !
J’ai aussi de bonnes nouvelles à vous partager !

Eau

Comme vous le savez, j’ai pris des coups, mais j’ai aussi appris les filons sur lesquels les marteaux savent tirer : ceux du droit, et ceux des affaires. C’est toujours par eux qu’ils passent. C’est ainsi que je suis progressivement devenue une détectrice redoutable des mensonges dont se gavent aujourd’hui les héritiers des marteaux.

Tels des guêpes face au sang, les marteaux n’ont aucune capacité de résistance à la tentation du pouvoir. Ils s’y agglutinent et usent des mêmes outils rudimentaires que leurs ancêtres. Les marteaux n’ont jamais eu nombre de cordes à leur arc. C’est bien pour ça qu’ils ne sont que des marteaux.

Ça tombe bien ! Vous avez toutes cheminé, dans vos cercles, vers la source du pouvoir. Ainsi donc, j’en sais assez sur les canons de vos champs d’études et d’expertise respectifs pour affirmer, sans la moindre retenue, qu’ensemble, le chant de vos trompettes a de quoi faire s’effondrer la barbarie ! Rien de moins !

Chateau

Cependant, il ne s’agit pas de renverser des empires, ni par la force, ni tout court. Au regard de l’étendue de vos privilèges, vous êtes nombreuses à démontrer la bêtise des discours qui prétendraient qu’il suffirait de se débarrasser de vous et des vôtres.

Vous comprendrez, bien évidemment, que jamais je ne souscrirai à un tel discours, moi qui vous vois, ainsi que vos filles, comme les porteuses des plus grands fardeaux de l’Humanité. Il faudrait n’avoir fait qu’une évaluation sommaire de la question des privilèges pour ne pas reconnaître que plus on en a, plus les circonstances dans lesquelles on se trouve sont difficiles.

La question du fardeau des privilèges semble donc suivre une courbe en U. Sur la gauche, nous avons les figures de Fantine et du Garçon qui dompta le vent. En face, et suivant une trajectoire exponentielle, nous avons les figures de Jasmine (qu’Aladdin réussit finalement à mériter) et d’Hippolyte (qui ne souhaitait qu’aimer Aricie).

C’est contre-intuitif pour certains, mais évident pour vous.

Bien sûr, l’Amour que je vous porte est à l’origine de cette conviction ! Puisqu’en termes de privilèges, j’ai fait le cheminement inverse de celui de Simone Weil, je me reposerai notamment sur ses travaux pour démontrer l’ineffable : les Reines sont celles qui ont la vie la plus difficile, et les Princesses sont celles qui représentent le plus grand Espoir.

Puisque les marteaux et les Sirènes vous ont fait de terribles dommages, je ne trouverai certainement pas preneur si j’essayais de vendre cette idée, mais puisque je connais les filons et le sommaire de vos canons, je démontrerai mon point avec agilité !

Ça commencera, d’ailleurs, par un des projets que je vous joins à cette missive.

Système

Il ne s’agit donc pas de faire tomber qui que ce soit. Je le répète : il s’agit de soigner le cœur des Harceleurs, de court-circuiter les marteaux et de neutraliser les Sirènes.

Nous ne respecterions aucun des critères de développement durable si nous osions prendre le risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. Rien ne se perd, tout se transforme et l’eau du bain s’éclaircit de l’intérieur, grâce à vous !

Le bébé, quant à lui, n’a rien demandé et porte déjà en lui toutes les réponses dont nous avons besoin. C’est toujours lui qui est le mieux placé pour imaginer l’Avenir. Quant à nous, notre charge revient, comme toujours, simplement à lui déblayer le chemin.

Choix

Que nous l’acceptions ou non, nous restons aux prises avec les marques du silence que nous ont imposées les marteaux. C’est notamment ce que Caroline Guiela Nguyen expose magistralement dans sa pièce Lacrima. Caroline Guiela Nguyen incarne d’ailleurs la thèse que l’une de vos Princesses défend : c’est dans le cœur des enfants des diasporas issus de l’Amour de Roméo et Juliette (ou de celui des parents d’Elsa et d’Anna de Arrendelle) que git l’Espoir de la paix.

Qui oserait leur demander de choisir leur camp ? Pour m’être fait supplier de préciser où se portait ma préférence parmi les branches de mes ancêtres, je peux témoigner du fait que c’est bel et bien cela, la question à 1 000 piasses.

Méfiance

Que l’on s’assure, donc, que nos Princesses et nos Princes sachent le nom de ceux à qui nous avons accordé notre confiance, et qu’ils sachent celui de ceux dont on se méfie. Ce n’est pas une liste à crier sur les toits, il va de soi. Mais il est impératif que vous partagiez cette liste avec vos héritières et leurs frères : ne les laissez pas apprendre seuls·es le goût de la trahison.

Vous vous méfiez pour une raison : expliquez-la à vos enfants. Si les raisons que vous leur exposez sont superflues, ils vous le diront. A contrario, si vos craintes sont fondées, cette discussion vous permettra de partager avec eux le blueprint de votre intuition.

Nous n’osons pas avoir ces discussions par crainte de jouer les langues de vipère. Il y a pourtant dans ces échanges d’innombrables opportunités de transmission (dans les deux sens, il va de soi). Si l’exercice vous dérange, je vous invite à considérer le fait de ne parler à vos enfants que d’archétypes, et de taire ainsi les noms. Vos enfants apprendront encore mieux à reconnaître ceux dont ils doivent se méfier.

Au demeurant, lorsque la pomme est tombée plus loin de l’arbre que ce qu’on pouvait espérer, si la porte de discussion sur la méfiance reste ouverte entre vous, vous évitez de courir le risque de vous montrer un jour à la bassesse des adultes du film Anora.

Amour

Je n’ai été élevée dans aucune religion. C’est à force de soigner mon âme que j’ai fini par comprendre que cette présence que je percevais était celle du Divin. Cela me permet de me targuer de n’être dans la foi qu’au milieu de tous les courants, là où ils convergent tous, puisque c’est de là dont ils émanent tous : l’Amour.

Mon rapport actuel à la foi, adossé à mon expérience d’expatriée, de descendante de guerres fratricides et de générations traumatisées, de sang complètement mélangé, d’amoureuse des femmes et des hommes, et l’ensemble des regards que je porte désormais sur la parentalité, me permettent d’affirmer, sans le moindre doute qu’une de vous ne soit un jour en mesure de me contredire, qu’il n’y a que l’Amour, l’Amour, et rien d’autre que l’Amour.

Parmi tout ça,
il y a ce qui contribue à l’Amour (la Lumière)
et ce qui l’abime (les Ténèbres).
Il n’y a aucune autre division qui vaille.

Humilité

C’est par votre humilité que je vous reconnais, et c’est de son corollaire dont vous devez vous méfier. Ce corollaire n’est pas l’arrogance, puisque vous en êtes incapables. Le pire ennemi de l’humilité, c’est la modestie. Ce n’est pas moi qui vous le dis, c’est Dr. Maya Angelou !

En 1987, quand Mavis Nicholson lui demande d’où lui vient son charisme légendaire, Maya Angelou répond : “I know what I want to achieve Mavis, and I’m not being modest. I told you before: I have no modesty. Modesty is dangerous. It’s a learned affectation, and as soon as the modest person gets slammed against the wall by life, modesty will drop off faster than a G-string from a stripper.

I hope to be humble. Humility is from within, and so that keeps you honest, and you try to be simple and so forth, so I have no modesty. And I’m centered. So, when I go onto the stage, I bring everybody on with me. Now, that’s another thing. Mavis, this is the hottest! This is the best! I bring everybody who’s ever loved me, and taught me, and supported me, onto the stage, with me, in my mind. […] I say ‘Come on!’ I bring them all! So, the audience says, ‘She has charisma’. The truth is, they can’t see all these shadows that are there. Some black, some white, some male, some female, who have dared to love me. And so, they’re all there, I say ‘let’s go!’”.

En 2013, Oprah Winfrey l’invitait à préciser un élément de l’humilité qui consiste à reconnaître que d’autres ont déjà payé pour nous et qu’il nous revient de payer à notre tour pour d’autres dont nous ne connaîtrons pas le visage. Un peu comme le fait de planter un arbre qu’on n’aura pas le temps de voir pousser, si vous voulez. Maya Angelou répond : « You've been paid for by people who never even saw your face. Your mother's mother, your father's father. And so it behooves you to prepare yourself so you can pay for someone else yet to come. Whose name you'll never know. You just keep the good thing going.”

Ainsi donc, la modestie n’est pas l’humilité. Le plus tôt cette distinction vous sera évidente, le plus vite vous vous sentirez mieux dans vos baskets. Cet ajustement de perspective pourrait même bien décupler l’empan de vos mainmises. Vous qui êtes déjà tentaculaires, imaginez l’effet !

Ne laissez pas votre propension à la modestie
vous empêcher de reconnaître votre nombre !


Honte

Que vous le vouliez ou non, vous n’avez pas de secret pour moi : il n’y a rien que vous pourriez me dévoiler que je n’embrasserais pas de la même affection que celle que je vous porte aujourd’hui. Si vous deviez avoir honte de quoi que ce soit, c’est précisément sur ce sentiment que je m’attarderais et que je déploierais toutes mes forces.

La honte n’a rien à faire dans votre corps, et encore moins dans votre âme !

Silence !

Je travaillerai mon esprit de synthèse : vous savez que ce n’est pas mon fort. Ou du moins, c’est bien parce que je suis incapable de synthétiser que je me permets de vous dire que vos travaux et vos entreprises respectifs me paraissent drôlement bien alignés !

Ça danse !

Vues d’où je suis, vous êtes un feu d’artifice. Mais puisque vous ne donnez pas dans les pétards qui font peur aux oiseaux, c’est un ballet beaucoup plus harmonieux que je vous vois danser. Il est tentaculaire et sublime. Il ferait peur aux ténébreux, s’ils étaient capables de le voir… mais comme il faut regarder avec le cœur, ils ne sont pas près de nous découvrir !

Puisque nous savons ce qu’ils ont voulu taire
aux heures les plus odieuses de leur chasse aux sorcières,
nous savons ce qu’il nous reste à faire
pour les chahuter,
mais surtout : pour nous retrouver !

Il faut n’y a qu’à

Ils ont proscrit le Shabbat : nous multiplierons les occasions de rencontres, d’échanges et de recueillement, en petits groupes. Nous trouverons refuge dans la musique et dans tout ce qui fait vibrer nos sens (ce qui inclut la bonne bouffe). Nous nous laisserons bercer par l’harmonie. Nous prendrons le temps de dire merci et la peine d’arrêter un instant le tourbillon de nos vies.

Ils ont interdit les charivaris : nous lancerons des festivals non pas seulement ambitieux mais fondamentalement nécessaires. Si le besoin est criant, si la finalité pointe vers l’Amour, si l’objet contribue à la Réconciliation, s’il est porteur d’Espoir, alors on le fait ce vacarme ! Ensemble ! Et on n’attend pas que d’autres se satisfassent d’un ROI avant d’y croire.

Ils ont voulu qu’on se méprise : nous casserons les carcans interdisciplinaires et inviterons nos jeunes à échanger leurs perspectives. Nous les écouterons et nous porterons une attention particulière à ce qui les émerveille et ce qui les révolte. C’est toujours de leur bouche que sort la Vérité. Dans nos relations à nos proches, nous distinguerons la méfiance du mépris.

Ils nous ont imposé le silence : nous retournerons à l’origine de la Loi, incluant le gros bon sens, et nous écouterons nos trippes. Lorsqu’on est entre-nous (i.e. sans la présence des ténébreux) et que le voile est nécessaire, nous le savons. Nous n’avons pas besoin d’un NDA pour distinguer ce qu’il convient de taire de ce qu’il est primordial de dire. Nous savons comment se manifeste dans nos cœurs et dans nos corps le silence nécessaire. Quand il ne l’est pas, on connait aussi son goût. Comme Carl Beam le rappelait à sa fille[2] : il faut renterrer le ruler tous les jours.

Ils ont ridiculisé le rapport à l’intuition : nous nous créerons des espaces de rêverie pour ressentir à nouveau le pouls de notre Mère Nourricière. Nous relèverons les signes et nous écouterons la vibration de nos corps. Les manifestations du Divin sont spécifiques à chacun, mais elles passent toujours par l’un ou plusieurs de nos sens. Tous les arts sont bons pour nous guider. Wajdi Mouawad[3] nous l’a dit : « L’artiste est là pour révéler le divin qui gît en chacun de nous ».

Ils ont érigé nos corps en immondice : nous nous assurerons de distinguer les marteaux des simples Harceleurs, que nous aiderons à se soigner, mais jamais seules. Nous panserons les cœurs de nos Poètes après le passage des Sirènes. Nous répéterons à nos Anges que non, nous ne mettons pas tous les hommes dans le même panier. Nous saluerons la Beauté que nous constatons chez les autres, surtout chez les femmes. Le paradigme selon lequel notre nature serait de nous jalouser : aux chiottes ! On voudra toujours la présence d’une autre femme à nos côtés, c’est elles qui font pousser des ailes ! Mises à part les Sirènes, mais ça, c’est pour un autre jour.

La liste s’étendra.
Ceci n’est que le début.
Les plaques ont déjà commencé à gronder !

Entourées

Lorsque je l’ai rencontrée, l’une de vous m’a demandé : « Qu’a-t-on fait pour te perdre ? ». La question était d’autant plus belle qu’elle était posée en plein jour. Un véritable affront à ceux qui, alors, se croyaient bien au-dessus de moi. À toi, chère Reine, et à vous toutes qui auriez dit comme elle, je vous réponds :

Je n’ai jamais été perdue, car vous avez toujours veillé sur moi.

Je ne me suis jamais sentie vraiment seule, car je connaissais vos figures avant de connaître vos noms. Maintenant que je vous ai reconnues, je ne vous quitterai jamais. Je vous emporterai dans mon cœur pour le reste de ma vie, peut-être même bien, pour la nuit des temps. 

Je vous aime.

Mektoub.

 

Invitations à l’escapade

 

Références

Puisque les ténébreux ne cesseront de croire qu’il leur suffit de briser les liens pour nous faire taire, voici une liste des invitations à l’escapade que je vous ai glissées. Glousseront bien qui glousseront les dernières, mes poules !

Où se portent nos regards : Study visually captures hard truth: Walking home at night is not the same for women, BYU University. Des chercheurs ont démontré ce qu’on s’égosillait à expliquer. Profitons-en pour nous faire entendre.

Η Ξενητειά του Έρωτα : Amalgamation Choir, live at the Library, Ksenitia tou Erota (Giorgos Kalogirou). La chanson et son interprétation sont un sommaire de la bafouille que je vous écris.

À tous ceux qui, comme moi… Conférence TEDx à l’EM Lyon par Barbara Pravi exposant de belles leçons qu’elle avait assimilées avant son passage à l’Eurovision. Imaginez-vous ça !

Chagrin antique : La calvitie est un chagrin au moins aussi vieux que l’Antiquité, comme nous le rappelle La Concordance des temps sur France Culture.

La perfection, suivie d’ine : Pourquoi lire Christine de Pizan, celle qui imaginait, au Moyen Âge, une cité sans hommes ? Sarah Delale nous le démontre sur France Culture. Sarah Delale nous parle aussi d’un livre qu’elle a écrit et qui revisite les représentations du « romantisme » dans des œuvres qu’on connait encore bien. Elle parle donc d’un livre qu’elle s’est efforcée d’écrire pour dégommer les traces des relents du torchon et autres coups des marteaux, même si cela signifiait remettre en question des messages véhiculés par des œuvres artistiques éprouvées par le temps.

The gift and power of emotional courage : Susan David nous rappelle qu’on ne peut jamais user de trop de douceur dans la façon dont on se parle à nous-mêmes.

Angelou : Une de mes plus grandes indignations réside dans le fait que Maya Angelou n’est que peu connue dans le monde francophone, alors pourtant qu’elle est si essentielle à écouter ! Que vous compreniez ou non l’anglais, vous pouvez sentir sa prestance dans n’importe quelle vidéo d’elle. Je vous joins une entrevue qu’elle a accordée en 1993, mais toute autre vidéo aurait pu faire l’affaire. Maya Angelou nous a aussi fait le don d’enregistrer sa voix lisant ses œuvres, alors si vous ne l’écoutez que pour travailler votre anglais, ruez-vous aussi sur ses livres audios !

Is she good enough? Pouvez-vous imaginer que même Michelle Obama a dû regarder en face la question qui vous taraude tellement ? Vous n’êtes pas seules, et heureusement, Michelle Obama est la première à partager ses trucs, ses astuces, et ses encouragements ! Vous pouvez écouter son entrevue avec son frère sur la chaîne de Lewis Howes, ou écouter n’importe laquelle de ses prestations publiques. Elle aussi nous fait la faveur d’enregistrer sa voix sur ses livres, alors s’il s’agit de perfectionner votre anglais, vous pouvez aussi miser sur les livres audios de Michelle Obama !

Pain : Qu’il s’agisse d’un bobo du corps ou de l’âme, personne (outre les marteaux et les Sirènes) ne dirait non à l’idée de se jeter dans les bras de Kübra Şenyaylar pour du réconfort. Kübra Şenyaylar dirige le Chœur d’Istanbul (Koro İstanbul). Plusieurs vidéos de leurs performances circulent, mais je vous ai joint celle de leur interprétation de Believer par Imagine Dragons. Ce que Kübra Şenyaylar démontre dans cette vidéo, c’est qu’il ne s’agit pas de vivre de la douleur pour avoir la foi : encore faut-il que notre douleur soit accueillie dans la tendresse par une autre âme. La puissance de la douceur de Kübra Şenyaylar se lit dans les regards qui se portent sur elle, et dans le courage qu’on la voit insuffler à ses chanteurs. C’est précisément l’effet que vous faites, mes chères Reines, aux âmes qui vous entourent. C’est bien pour ça qu’on est si nombreux à se ruer vers vous pour vous raconter tout ce qui nous préoccupe !

Inoffensifs : Lorsque Napoléon le petit et ses potes ont voulu se débarrasser de leurs opposants, ils se sont dit qu’Hugo serait inoffensif puisqu’il n’était qu’un intellectuel. L’histoire leur a donné raison. L’Exil n’a fait d’Hugo qu’un monstre encore plus sacré ! La référence est tirée d’une des milliers d’archives concernant Hugo ressuscitées par Radio France sous le titre « 2 décembre 1851 : le jour où Victor Hugo devient un proscrit ».

La muse est l’artiste : Et puisqu’on parle d’Hugo, Radio France nous fait également la joie de mettre de l’avant l’histoire d’une de ses plus grandes muses. Bien difficile de discerner l’endroit où s’arrête le génie de Victor et où commence l’influence de Juliette Drouet, que France Culture appelle « La Légende d’un siècle » (rien de moins).

The power of emotional intelligence : Esther Perel est une sommité. Si vous ne l’écoutez pas déjà, je vous joins une de ses conférences éponymes, mais bien honnêtement, j’aurais pu vous mettre n’importe laquelle de ses interventions publiques et je vous aurais fait la même faveur : écoutez-la ! Je vous en supplie, écoutez Esther Perel ! Ça va bien aller, puisqu’elle nous le dit !

Et si vous ne voulez plus travailler votre anglais, vous pouvez aussi trouver Esther Perel en français, sa langue maternelle, ou dans d’autres langues qu’elle maîtrise parfaitement et qui se comptent sur les doigts de plus d’une main… ce qui explique, en grande partie, pourquoi Esther Perel est une telle sommité. Elle le dit elle-même : quand est venu le temps de se positionner dans la maternité, elle a lu et écouté des idées venant des quatre coins du monde et a pu « aisément » identifier ce qui relevait du mythe et ce qui émanait de la Vérité. N’est-ce pas à ça que sert le fait d’apprendre une langue étrangère ?

Autoritaire : Après Kübra Şenyaylar, je vous présente, si vous ne la connaissiez pas déjà, une autre incarnation divine de l’autorité bien placée. Lina Gonzalez-Granados est d’une douceur hors du commun, et pourtant, une fois perchée sur son estrade, elle en impose ! Dans la vidéo que je vous joins, Lina Gonzalez-Granados dirige le 2022 Chicago Youth in Music Festival Orchestra.

Imaginez le trac qui a dû prendre ces adolescents avant de monter sur scène. Non seulement ils allaient être filmés, mais ils avaient en plus le poids de se retrouver sous la gouverne d’une chef d’orchestre professionnelle que les plus grandes salles s’arrachent. Qu’ils aient ou non eu le trac, ces jeunes n’avaient certainement pas envie de décevoir ! Heureusement pour eux, Lina Gonzalez-Granados sait faire ressortir les talents respectifs de ses musiciens tout en les préservant des soucis et des tracas associés à une performance en public.

Nombre de vos collègues se croient chefs d’orchestre lorsqu’ils n’agissent que comme des Jabba the Hutt. Certaines femmes osent même prétendre qu’un utérus suffit à incarner les belles paroles que je vous conte. J’affirme que ces femmes n’ont pas vu Cate Blanchett nous démontrer, par la décrépitude de Lydia Tár, qu’il arrive aussi à bien des femmes de finir par abuser de leur pouvoir. Mais vous, mes Reines, c’est précisément comme Lina Gonzalez-Granados que vous savez lever les foules ! Tout commence par la douceur, et le reste suit naturellement. Vous le savez. Je ne vous apprends rien.

Sky is the limit : Puisqu’il s’agit de laisser place aux sentiments, qui de mieux que des ultrasensibles pour imaginer l’Avenir ? Dans cette conversation réunissant Géraldyne Prévot-Gigant et Betty Jereczek sur le podcast Le Cercle des Louves, vous verrez l’étendue des idées farfelues que se partagent celles qui ont compris qu’elles pouvaient se montrer l’une à l’autre sous leur vrai visage. Assez puissant, mais je suis peut-être biaisée !

Instant poésie : Il est essentiel de ne pas confondre les Poètes. Un de nos plus grands nous a concocté 20 petits instants de poésie chargés de sagesses. C’est 20 petites invitations que Wajdi Mouawad nous offre sur France Culture et qu’on peut savourer à notre rythme. Que personne n’ose ensuite venir nous dire que les Poètes, on ne sait pas où les trouver. Ils sont si faciles à démasquer : ils pensent et parlent comme Wajdi Mouawad !

Une fois sortie, on lui cherche encore des poux : La chercheuse Fariba Adelkhah a été emprisonnée pour avoir osé effectuer son travail. Pendant un bout, elle a fait la une de certains journaux. Grâce à ceux qui n’ont cessé d’y croire, elle a pu être relâchée et rentrer à Paris. Elle aurait pu en rester là, mais puisqu’elle est Reine (elle aussi) elle a passé son temps en prison à faire son travail d’ethnologue.

Telle Germaine Tillion avant elle, Fariba Adelkhah a profité de l’occasion pour observer les âmes qui l’entouraient et reconnaître les dynamiques de pouvoir en jeu. Comme toujours, ces dynamiques n’ont rien à voir avec les titres. En plus de travailler et d’écrire, Fariba Adelkhah a consacré une grande partie de son temps en prison à étudier le Coran.

Méditer sur les sagesses d’un texte sacré : je sais que vous y trouveriez le même refuge, quel que soit le texte, tant qu’il est sacré et écrit dans une langue que vous maîtrisez, et quelles que soient vos circonstances. Mais Fariba Adelkhah ne s’est pas contentée de travailler et de méditer : elle s’est aussi permis l’insolence de publier un livre contenant les sagesses qu’elle souhaitait partager à la suite de ses mésaventures.

Vous me voyez venir : c’est inconcevable, et pourtant c’est vrai ! La publication de ce livre a suscité la colère de personnes pour qui le fait de faire preuve de bienveillance serait un signe de trahison. Fariba Adelkhah en parle très discrètement dans son Grand Oral Sciences Po-Sud-Ouest que je vous joins. Là où j’ai grandi, à cela on répondrait, avec un accent grave : « Non mais franchement ! Est-ce qu’on peut lui foutre la paix ? Non mais ! »

Festival : Jodie Foster et Rebecca Zlotowski ne manquent pas d’éloges l’une à l’égard de l’autre. Elles ont fait la tournée des plateaux télé et radio durant le Festival de Cannes 2025 pour raconter tout ce qu’elles avaient apprécié de leur collaboration et tous les Espoirs qu’elles continuaient d’avoir pour la suite. Je vous joins l’une de ces entrevues où Jodie Foster ose affirmer que « les crises spirituelles vous donnent accès à la transformation ». Saviez-vous que Jodie Foster parlait aussi bien français ? Ça vous en bouche un coin, peut-être, comme à moi quand je l’ai appris !

Wolves : Elisapie est magnifique. Essayer de la décrire pour vous inviter à l’écouter m’obligerait à passer sous silence des éléments pourtant fondamentaux de l’admiration que je lui porte. Ce sera certainement l’objet d’une autre lettre, mais en attendant je vous joins sa performance dans les studios de KEXP pour vous laisser vous faire votre propre idée. Si je n’ai pas réussi à vous convaincre, je m’y acharnerai.

La fauteuse de troubles : Parmi ceux qui se souviennent de Gisèle Halimi, nous sommes une grande majorité à n’avoir retenu que le droit qu’elle a acquis aux femmes françaises de disposer de leur corps en choisissant de poursuivre ou d’interrompre une grossesse. C’est sans savoir l’étendue de tout le dawa qu’elle a foutu !

Vous m’excuserez mon terrible français : à force d’écouter Gisèle Halimi parler, je me sens gaiment rapetisser dans mon rapport à ma langue maternelle. Puisque Gisèle Halimi maitrisait la langue avec autant d’adresse que Marguerite Yourcenar (dont je vous reparle au prochain point), je m’incline avec révérence face à elle, moi qui ne sais user des mêmes sortilèges qu’à un bien piètre niveau, en comparaison. Je le fais par le biais d’un accent, d’un terme, ou d’une tournure de phrase qui déroutent et laissent penser à ceux qui m’écoutent que j’en sais beaucoup sur ce que je raconte.

Si vous en savez peu sur Gisèle Halimi, je vous joins un carnet de France Culture. C’est France Culture, d’ailleurs, qui s’est permis d’appeler Gisèle Halimi « la fauteuse de troubles ». Je vous préviens : vous risquez de vous sentir toutes petites face à elle. Appréciez ce sentiment. Il est inspirant, pas étouffant.

Comme une fleur : Il est enfin temps de vous parler de Marguerite Yourcenar. Une sommité, elle aussi. Une première, à bien des égards. Une Reine, indubitablement. Beaucoup d’âmes ont consacré leur thèse à décrire sa grandeur. Je n’aurai donc pas la prétention d’en faire autant. Je vous invite plutôt à l’écouter parler (si vous ne la lisez pas déjà) lors d’une entrevue en plusieurs actes qu’elle a accordée en 1979 dans sa maison sur l’île des Monts Déserts, dans le Maine.

Écoutez notamment ce qu’elle rétorque lorsqu’elle se fait demander si son existence a un sens puisqu’elle n’a pas enfanté de chérubin. Marguerite Yourcenar est déconcertante. Elle est la professeure rêvée qui sait nous remettre en place sans pour autant nous taper sur les doigts. Une véritable Reine, comme vous. À un moment, on lui demande de lister les « mots importants de la vie, que parfois on ne glisse pas dans une conversation parce qu’on a peur ou qu’on ne les connait pas ». Je vous donne sa réponse, histoire de vous mettre l’eau à la bouche :

Sagesse – Bonté – Intelligence – Attention – Concentration – Modestie

Vous l’aurez reconnue ! Cette fichue modestie s’est encore infiltrée ! Le journaliste ose corriger Marguerite Yourcenar (elle qui était sur le point de faire son entrée à l’Académie française) et suggère au lieu le mot Humilité. Marguerite Yourcenar se reprend et confirme : c’est bien d’Humilité dont elle parlait. Ouf ! Nous n’aurons pas à la faire converser avec Maya Angelou pour que leurs Vérités se croisent.

Seul : Si vous n’avez pas regardé le film Interstellar, je vous le recommande et vous invite à ne pas lire la suite de ce paragraphe. Pour celles qui l’ont déjà vu, il existe un prequel sous forme de bande-dessinée, intitulé Absolute Zero. Christopher Nolan et Jonathan Nolan sont à nouveau derrière l’histoire. Le lien que je vous joins pointe vers trois planches d’Absolute Zero. Je n’en dirai pas plus et je me contenterai de vous inviter à imaginer les décisions que vous prendriez si vous deviez vous retrouver dans la même solitude que Dr. Mann. Pour une méditation encore plus impertinente : Que feriez-vous de la machine si elle était la seule à « vous tenir compagnie » ? Et qu’en feriez-vous si elle était aussi la seule à pouvoir détecter vos cachoteries ?

Comme une spirale : Le congrès de l’ACFAS est un espace de partage essentiel pour la recherche francophone. Vous êtes nombreuses à y avoir déjà participé. Je me garderai donc d’en parler plus ici. Mais l’ACFAS, ce n’est pas qu’un congrès. L’ACFAS émet aussi un magazine en consultation libre réunissant les écrits de chercheurs tous plus brillants les uns que les autres. Le travail de curateur de l’équipe éditoriale est phénoménal. J’ai choisi un article, mais j’aurais pu vous les mettre tous. Celui que j’ai choisi, par Féliz Gauthier-Mamaril, nous montre que Paul Ricœur nous implorait d’échanger nos perspectives pour faire avancer nos Savoirs.

Avec les yeux : Puisqu’il est question de perspectives, Radio-Canada a produit l’un des plus beaux cours magistraux en échanges de points de vue. Julie Landry et Bonnie Lépine-Antoine nous offrent un récit essentiel avec leur balado Voir avec des yeux autochtones. Pour pouvoir un jour se parler de cœur à cœur, peut-être est-il utile de commencer par essayer de voir avec les yeux des autres.

Pas juste à torcher les morveux : Tant qu’à saluer les travaux journalistiques essentiels, je vous renvoie vers un podcast de France Inter chapeauté par Philippe Collin. Il en a fait tant, vous me direz, laquelle choisir parmi toutes ses merveilles ? S’il n’y en a qu’une, je recommande sans hésitation Les Résistantes. C’est bien grâce à cette série (et aux belles photos d’archive disponibles dans la version papier) que m’est venue l’idée de vous envoyer ce rapport. C’est grâce à elle, surtout, que je me permets de vous faire des suggestions de riposte.

Prenez 10 heures à écouter le récit des destins croisés de Geneviève de Gaulle, Lucie Aubrac, Mila Racine, Simonne Mathieu et Renée Davelly et osez encore une fois vous demander ce que vous, à votre échelle, vous pourriez bien avoir à contribuer d’utile pour nous sortir de cette galère. Je sifflerai à votre oreille tant et aussi longtemps que ce ne sera pas acquis. Je suis tenace, vous le savez. Mais je suis douce aussi ! Ce n’est donc pas une menace, c’est une invitation !

19 ans plus tard : Comme toujours, beaucoup de récits passionnants au Festival de Cannes. Je mets l’emphase sur celui de Roschdy Zem, un habitué. On lui repasse un extrait vieux de 19 ans, lorsqu’il a gagné le prix collectif d’interprétation masculine pour son rôle dans le film Indigènes. On lui montre une séquence où il chante avec ses frères « Car nous voulons porter haut et fier. Le beau drapeau de notre France entière. Et si quelqu’un venait à y toucher. Nous serions là pour mourir à ses pieds ». Roschdy Zem explique qu’après avoir décroché ces honneurs, la bande du film a eu l’audace d’aller le faire visionner par le Président de la République française de l’époque (Jacques Chirac). Je cite Roschdy Zem : « En voyant le film, il a eu une telle émotion qu’il a décidé de débloquer les pensions qui étaient cristallisées depuis une cinquantaine d’années. Donc, on se pose souvent la question : Est-ce que le cinéma peut changer les choses ? Indigènes a changé énormément de choses, notamment pour ces soldats ».

Doula : Les juristes ont souvent tendance à se poser de grandes questions. Alua Arthur en est une qui nous taquine aujourd’hui en nous invitant à penser à la mort pour vivre une vie meilleure. Je ne volerai aucun de ses punchs. Elle a fait des conférences, des entrevues, et une foule d’autres interventions où elle nous partage ses sagesses. Sa voix est trop importante (et trop belle) pour ne pas prendre un moment pour l’écouter. Vous pouvez commencer par sa conférence TED, elle est magistrale.

Αστερομάτα : Je vous l’ai juré ! Je ne ferai jamais de politique ! Je ne donnerai jamais dans la polémique ! Et pourtant, je ne peux me retenir… je ne comprends toujours pas pourquoi Asteromata n’a pas gagné l’Eurovision 2025 ! Pourquoi ! Le vidéoclip est aussi puissant que la performance de Klavdia sur scène.

Madone bien aimée : Une des plus grandes autrices de l’Histoire de l’Humanité s’est fait dire non à répétition. Même après sa mort, c’était encore non. Mais son amoureux a tenu bon. La ténacité d’un Poète est sans nulle autre pareille ! Grâce à lui, aujourd’hui, Goliarda Sapienza n’est pas seulement lue, elle est reconnue comme une Reine. Et en plus, elle était super belle ! Radio France lui a consacré de nombreuses émissions. N’importe laquelle fera l’affaire.

Sans le dogme : Même si je me permets de la citer dans le rapport que je vous envoie, je ne peux pas assumer que la référence à Simone Weil vous ait semblée évidente. Je vous joins donc un dossier que lui consacre France Culture et les archives de l’INA. Je vous en dirai plus dans des envois subséquents. Sa pensée et son œuvre sont tout bonnement essentiels.

Ceux qui s’aimaient, on en fait quoi ? Le film Politiki Kouzina nous parle des tiraillements d’un garçon (j’aurais pu dire : d’un jeune Poète) forcé de quitter non seulement un territoire mais aussi celle qu’il aime (et qui l’aime en retour). L’extrait que je joins est d’une tristesse insoutenable. C’est à ça que ressemblent les peines de cœur qui n’ont rien de malsain. Parfois, ça fait juste mal comme ça. Souvent, c’est à cause des âneries des autres.

Le kiffe ! Juliette Binoche a eu le rôle de rêve, et elle le sait. Elle incarne Pénélope, une autre Reine dont l’Histoire n’a pas été chantée récemment, mais qu’on va s’assurer de faire connaître ! En plus, c’est Juliette Binoche qui l’incarne !

Reconnect : Une invitation poétique au retour à l’intuition. D’abord, commencer par la reconnaître. Ça tombe bien, ça passe par les sentiments ! On dit un gros merci à Hannah Fraser Moore, sa plume est magnifique.

Post Tenebras Lux, Amor Vincit Omnia : Et si la majorité de nos paradigmes entourant les naissances avaient eux aussi subi les coups des marteaux ? Si ce n’est pas la majorité, c’est au moins quelques-uns essentiels que Marimyel Isismaël nous invite à reconsidérer dans son balado Naître en Lumière. Avoir le droit de poser la question « Pourquoi ? », c’est parfois déjà avoir la réponse. Ne pas avoir le droit de la poser, en revanche, c’est toujours savoir que notre devoir est de s’en indigner.

Ο μπαμπάκουλης μου : Nectar Economakis nous offre une magnifique lettre d’amour d’un fils à son père. Puisque je ne suis pas née homme, je n’aurai jamais de perspective intéressante à partager sur la relation père-fils. Ce qu’écrit Nectar Economakis, en revanche, me donne une petite idée de ce à quoi peut ressembler une telle relation lorsqu’elle est harmonieuse.

Un piège valorisé : Le journal Les Affaires nous prévient des risques que vous êtes nombreuses à courir. Dominic Gagnon nous expose « Le paradoxe du fondateur débordé ». Changez « le fondateur » pour « la Reine » à l’entièreté de son texte et assurez-vous de vous y reconnaître, là où il se doit. Vous pourriez y découvrir certaines de vos œillères. À vous ensuite de vous assurer de couvrir vos arrières ! En étant bien accompagnées, évidemment.

Après s’être regardées seules à seules : Mylène Paquette a traversé l’Atlantique Nord à la rame et en solitaire. Elle a eu le temps et les circonstances pour refaire le monde dans sa tête et dans son cœur. Elle était déjà hors du commun avant de partir, alors vous imaginez le résultat ! Elle a écrit une lettre d’Amour à l’Océan. On s’entend qu’il faut lire ça ! On s’entend aussi qu’on veut qu’elle parle à nos gens, le plus possible ! Ses récits sont captivants, sa personne l’est aussi.

L’authenticité finit toujours par payer : Puisqu’on y va dans le captivant, Déborah Cherenfant en est une autre incarnation divine ! Dans la vidéo que je vous partage, Déborah Cherenfant revient sur les deux années qu’elle a passées à la tête de la Jeune Chambre de commerce de Montréal. Elle incarne la détermination, la bienveillance, l’intelligence et l’authenticité : celles dont vous faites preuve et qui me font chavirer !

Babylonienne : Gabriella Papadakis ne cessera jamais de nous offrir un spectacle éblouissant, tant pour nos cœurs que pour nos yeux. Dans la vidéo que je vous joins, elle incarne l’Espoir des leçons qu’on a tout à gagner à tirer des effondrements passés. À Babylone, comme ailleurs, il y a eu des Reines. Leurs histoires, on l’aura compris, ne nous sont peut-être pas parvenues, mais cela ne veut pas dire que ces femmes n’ont pas existé. Ça semble tellement gros que ça pourrait en être totalement tétanisant. C’est là que Gabriella Papadakis nous invite, dans sa douceur légendaire et accompagnée d’une équipe de tournage révolutionnaire, à nous replonger un instant dans la vie de Babylone avant l’effondrement.

Si vous ne me croyez pas, croyez Gabriella :
la douceur et l’Amour sont toujours possibles,
et toujours plus forts que le reste !

À ce titre, vous êtes-vous déjà demandé la tension que s’infligent les patineuses lorsqu’elles nous offrent leur spectacle en étant aussi délicatement vêtues ? Dans cette vidéo, Gabriella Papadakis porte un voile si léger qu’il est évident qu’il ne lui offre aucune protection ni contre le froid ni contre le tranchant de la glace. On est en plein hiver à New York, il fait un temps glacial, et cela n’arrête pas Gabriella Papadakis dans la finesse de ses mouvements. Elle termine avec une blessure au genou gauche qu’elle s’inflige dès les premières 20 secondes : glisser comme ça, ça attaque le corps. Est-ce qu’elle s’en plaint ? Non, évidemment. Est-ce une coupure trop superficielle pour qu’on la reconnaisse ? Certainement pas pour autant.

Les Anges savent à qui attribuer leur succès : Vous l’aurez compris, je parle de femmes sans pour autant nier que nous avons autour de nous des hommes remarquables et bienveillants. Je vous en mets un qui est un Poète de très haut calibre en discussion avec l’une de vous, une Reine de très haut calibre elle aussi. Dans l’espace d’échanges lumineux qu’elle a su créer dans son café, Judith Fetzer a l’impertinence de demander à Benoit Chalifoux comment il s’est sorti d’un évènement des plus traumatiques. Ce que Benoit Chalifoux répond, c’est précisément ce que je vous écris. Vous pouvez l’écouter et rester assurées qu’il n’y a pas que les femmes comme moi qui vous regardent avec autant d’admiration. Il y a aussi des millions de Benoit Chalifoux.

La plus grande Reine du show : Modern Family est une émission dont le succès commercial suffit à démontrer qu’elle a touché le cœur de nombreuses personnes. Beaucoup d’archétypes y sont montrés avec finesse, humour, et justesse. Même si je me garde de vous comparer les unes aux autres pour ne jamais susciter la moindre jalousie entre vous, je crois pouvoir me permettre malgré tout de placer Sofia Vergara et son interprétation de Gloria Delgado-Pritchett tout en haut de l’échelle (qui n’est pas pour autant une course de hamsters qu’il convient de gagner).

Dans l’extrait que je vous joins, Gloria Delgado-Pritchett balance à ses hommes une Vérité qu’ils ont bien besoin d’entendre. Puisque vous êtes nombreuses à exercer vos talents dans une langue qui ne vous a pas été inculquée en maternelle, et puisque la plupart d’entre vous n’avez pas le temps de regarder « ce genre d’émissions », je vous l’envoie avec l’Amour le plus sincère: I know how smart you sound in all your languages, in particular, the languages you use when you don’t talk.

Amoureuse jusqu’à la fin : Etty Hillesum a fait preuve de courage, d’Amour, et de bienveillance jusqu’à la fin de ses jours et alors qu’elle était confrontée aux plus grandes atrocités. Elle nous a laissé des écrits précieux que Patrick Woodhouse décrit, dans la vidéo que je vous joins, comme émanant de « one of the most remarquable stories of faith of the twentiest century ». Rien de moins. Je vous reparlerai d’elle, et pas qu’un peu.

Love is awful : Si vous n’avez pas le temps de regarder Modern Family, vous n’avez probablement pas non plus le temps de regarder Fleabag, une autre émission que je vous recommanderais pourtant chaudement. Dans l’extrait que je vous joins, on entend un prêtre tenir des propos déconcertants. Ça commence par ce titre, « Love is awful », et ça termine par ce terme, « Hope ».

Changement du périmètre investissable : Puisque j’entends vous démontrer que l’Amour et les sentiments ont leur place dans toutes les décisions que vous prenez, vous seriez nombreuses à rétorquer qu’il y a des dimensions auxquelles cette idée ne s’applique pas. Je vous entends. Je vous réponds par une table ronde de la Coface intitulée « Instabilité géopolitique : quel impact sur les choix d’investissements ? » qui vous démontrera, je l’espère, qu’un changement de paradigme ne veut pas dire de brûler tous les ponts. Bien au contraire ! Ajouter du cœur ne vous empêchera pas de continuer vos affaires, mais cela les adoucira indubitablement.

It’s always shame : Maureen McGrath vous offre 20 minutes de pure joie par lesquelles je vous souhaite de vous décomplexer d’enjeux dont vous ne pouvez parler, malheureusement, à quasiment personne. Vous n’êtes pas seules, vous n’avez rien à vous reprocher, et surtout : débarrassez-vous de cette honte que je ne saurais voir !

Plein de choses qui sont difficiles à exprimer : On pourrait m’attribuer des penchants un peu « woo-woo » à tant parler d’Amour et d’Espoir. Je l’entends et je rétorque à mes détracteurs avec une vidéo magnifique du Chœur de l’Aube chantant La Symphonie des Éclairs de Zaho de Sagazan. La transformation est déjà là, comme vous pouvez le constater. Ces enfants reçoivent une éducation quant à leurs sentiments qui est en tous points diamétralement opposée à celle que j’ai reçue. La vie est belle ! L’Espoir est là !

Ο άγγελός μου : Je vous entends déjà m’expliquer que toutes ces belles paroles ne s’appliquent pas aux grandes institutions qui nous précèdent et nous dépassent. Effectivement, il ne faudrait pas être si simpliste au point d’en oublier des Vérités qui doivent encore prendre le temps d’émerger. Puisque le but n’est que de vous envoyer des bulles d’Espoir, je vous joins l’histoire d’Églises qui savent se retrouver et dépasser ce qui les sépare, même pour un instant, à Zahlé, au Liban. Le message est très fort, et évidemment universel.

As if! Parmi les Vérités qui doivent encore prendre le temps d’émerger, certaines sont insoutenables. Les entendre déclenche une réaction de rejet tant il nous semble inconcevable qu’un tel niveau d’horreur et d’impunité ait pu avoir lieu et continue de se produire. Ce que Michèle Audette a pris la peine de regarder, c’est à nous de l’entendre. Tant que nous ne l’entendrons pas, aucune réconciliation ne sera possible. C’est aussi simple que ça, et je ne suis certainement pas simpliste. Je vous joins l’allocution que Michèle Audette a faite en 2014 devant le Unifor Canadian Council. Certaines d’entre vous n’avez peut-être pas encore le cœur à l’écouter, mais je n’ai aucun doute quant à votre capacité à faire la place aux Vérités que Michèle Audette nous a fait l’honneur de regarder en face et de synthétiser. On la remercie, et on lui dit qu’on lui est infiniment redevables.

Like you would a good friend : Une des plus grandes prouesses de Kristin Neff consiste à avoir traduit dans les données (le langage de la recherche en psycho) une évidence qu’elle a ressentie dans sa vie. Kristin Neff a démontré le pouvoir de l’Amour envoyé d’abord et avant tout vers soi-même, un Amour au moins égal à celui qu’on offrirait à une bonne amie. Pour toutes celles d’entre vous qui sombrez encore dans la modestie lorsque vous pensez faire preuve d’humilité, l’idée de vous aimer les premières avant d’aimer le monde est la plus inconcevable qui soit.

À vous, donc, je vous laisse une conférence de Kristin Neff datant de 2016, mais vous trouverez toutes ses sagesses dans les livres qu’elle a écrits et dans toutes ses autres publications. Si, avec tout ça, vous refusez encore de voir qu’en vous aimant vous-mêmes vous serez ensuite dans les meilleures conditions pour aider autour de vous (je sais bien qu’entre vous et moi, c’est vous les plus têtues !), vous pouvez vous rassurer : Kristin Neff a monté toute la recherche autour du concept. Ce n’est donc pas fou du tout !

La première : Eftihia Papagianopoulou a été la première à beaucoup de choses, notamment à être reconnue, de son vivant, comme une sommité dans son industrie. Parolière à la poésie fracassante, Eftihia Papagianopoulou a été témoin, alors qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années, de l’horreur. Comme une Reine, elle a trouvé toutes les façons de retourner ses circonstances pour en faire des messages d’Amour et d’Espoir. N’allez donc pas me reprocher de ne pas savoir que lorsqu’on est pris dans l’horreur il est difficile de s’en extirper. Je pourrais avoir l’insolence de vous répondre qu’Impossible n’est pas français, expression qu’on apprend en parallèle de la Marseillaise, mais je risquerais, en faisant ça, de mettre trop de légèreté autour d’un sujet tortueux. Au lieu, je vous dirais : difficile n’est pas insurmontable.  

Barque : Puisqu’il est question d’Espoir et de réconciliation, qui peut prendre plusieurs générations et qui nécessite souvent l’Exil mais qui est tout de même possible, je vous partage cette vidéo de Dafné Kritharas chantant U Stambolu Na Bosforu. Dans son art comme dans sa vie, Dafné Kritharas incarne précisément cet Espoir, elle qui porte le nom d’un bord et chante ici dans la langue de l’autre, en référence au conflit qu’Eftihia Papagianopoulou a vu de ses yeux. 

Loyautés : Natacha Calestrémé nous explique, en conversation avec Fabrice Midal, les mécanismes par lesquels se défaire des loyautés toxiques. On se fait toutes prendre dans les filets de ces loyautés toxiques, mais vous, mes Reines, vous avez une propension bien supérieure à la moyenne à vous y jeter le cœur en avant ! C’est toujours le même refrain : humilité vs. modestie. Puisque je ne me contenterai jamais de ne faire que vous alerter, je vous transmets cette entrevue mais vous pouvez vous servir de tout ce que Natacha Calestrémé a publié, dit, ou fait. Elle vous donne la carte et le territoire. Il ne vous reste qu’à sauter dans l’aventure !

Manage vs. Resolve : Le couple formé par Julie et John Gottman est plus qu’une sommité. Ils ont révolutionné les approches thérapeutiques concernant les dynamiques de couple. Leurs sagesses ne sont pas assez connues dans le monde francophone, alors je vous réfère à leur site web et vous invite à regarder la vidéo de 3’ dans laquelle ils exposent leur approche. Là encore, on peut se fier au sérieux de la méthode, puisque les données la confirment !

Signes : Un des plus gros reproches qu’on pourrait me faire est de ne pas inclure les sagesses de mondes que je n’ai pas côtoyés. Il est vrai que je pourrais me faire caméléon aussi longtemps que cela me chante, j’en resterais limitée par l’espace-temps que j’occupe. Ainsi donc, je ne les cite pas encore mais j’entends me reposer sur les sagesses que Marie-Pierre Dillenseger a pris le soin de rassembler et de traduire dans une langue que vous et moi comprenons.

Je vous transmets, pour l’instant, sa conférence intitulée « Être sur son chemin propre : lire les signes ». En moins d’une heure, Marie-Pierre Dillenseger vous offre un condensé de tout ce qu’elle a compris. Puisque je vous enjoins de reconnaître les marques du Divin qui vous entourent, une étape fondamentale consiste à comprendre ce qu’est un signe. Fût un temps, les gens savaient. De nos jours, cela fait partie des savoirs perdus (pour la plupart d’entre nous). Pas d’inquiétude, Marie-Pierre Dillenseger vous explique késako !

Tes calmants : Comme vous avez aimé écouter le Chœur de l’Aube chanter du Zaho de Sagazan (quelle poétesse sublime, cette Zaho de Sagazan !), je vous envoie une autre vidéo toute aussi puissante. Cet insolent Chœur de l’Aube s’est également permis de faire du Hoshi ! Dans leur interprétation d’Amour Censure, les jeunes du Chœur de l’Aube disent un paquet de sagesses qu’on ne racontait pas dans les cours de récré que j’ai fréquentées.

Entendre Hoshi chanter « maman désolée j’ai pris tes calmants, c’est pas que je voulais partir mais c’est violent » c’est déjà un uppercut. Entendre une enfant le dire, et après elle des centaines d’enfants le chanter en chœur, c’est plus puissant que toute la haine du monde réunie dans le même sac. Je vous l’ai dit : la vie est belle ! L’Espoir est là ! Les plaques ont déjà commencé à gronder !


Constellations familiales : On ne peut pas parler de mystiques sans se faire brandir la menace de la folie diagnosticable. Heureusement, certaines mystiques contemporaines ont eu l’audace d’écrire leurs idées farfelues et d’autres femmes (et hommes) reprennent le fils de leurs pensées et rappellent l’importance de leurs idées. C’est ce qu’Audrey Fella fait brillamment dans la conférence qu’elle consacre à Christiane Singer et qu’elle intitule « Une œuvre sur le fil de la merveille ». Je ne vous en dis pas plus, Audrey Fella fait tenir le tout en moins de 30’. Un exploit !

Puissants : J’ai évoqué à demi-mot le charisme de Zaho de Sagazan. Arte l’a invitée à se prononcer sur la question de la puissance des sentiments. Comme c’est du Arte, c’est super bien fait et la vidéo peut être savourée en français, en anglais, ou en allemand. Pourquoi s’en priver ?

Et même plusieurs : En vous envoyant vers Marie-Pierre Dillenseger, je vous ai promis que vous en sortiriez en comprenant ce que sont les signes. France Inter vous fait le même cadeau dans l’épisode que je vous partage, qui remonte à 2017 et s’intitule « Avons-nous tous une âme sœur ? », de feu l’émission État d’esprit (qui me manque beaucoup) animée par Noëlle Bréham. L’invitée, Sabrina Philippe, vous explique que pour savoir si c’est une âme-sœur que vous êtes en train de rencontrer, il convient de porter votre attention sur les signes qui entourent la rencontre. Ces signes s’appellent des synchronicités. Fait cocasse, puisque j’ai fait allusion à mon rapport à la foi, cet épisode a été diffusé lorsque j’étais en plein tourbillon de synchronicités entourant une rencontre significative. Heureusement pour moi, à l’époque, j’écoutais tout ce qui sortait de feu État d’esprit ! Je suis donc tombée sur cet épisode « comme une fleur » et j’ai pu comprendre une partie de ce qui se passait. C’est la première fois que j’ai senti l’existence d’un ordre supérieur, ce que j’appelle aujourd’hui le Divin. La vie est drôlement bien faite, n’est-ce pas ?

Aricie change la donne : Mon petit faible pour les femmes grecques (dont je ne me cache pas) m’a poussée à lire, lorsque je l’ai vu passer, l’article des Inrockuptibles que je vous partage. Voilà comment les Inrocks savent accrocher mon attention : en écrivant Anna Mouglalis très haut dans le titre. C’est un clic assuré ! Dans cet article, Anne-Laure Liégeois nous explique son raisonnement derrière sa mise en scène de Phèdre de Racine. Phèdre, qu’il est si difficile d’aimer, y est interprétée par Anna Mouglalis. Je vous invite à lire l’article car c’est très bien formulé, mais aussi car les Inrocks méritent qu’on leur donne des clics et car ce qu’Anne-Laure Liégeois dit du personnage d’Aricie a grandement contribué à ma drôle de théorie concernant les Princesses. J’en profite donc pour rendre à Anne-Laure Liégeois ce qui revient à Anne-Laure Liégeois : elle l’a dit bien avant moi !

Toujours la fille, après la mère : Je ne me lasserai jamais de faire circuler des bouts d’histoire touchant les Hellènes, c’est pourquoi je vous joins la bande annonce de la série The Island (en grec : To Nisi) qui se base sur un livre et sur des faits réels. Là encore, la fille cherchera toujours à comprendre ce qui tourmente sa mère (et a tourmenté sa grand-mère) et aura probablement le recul nécessaire (offert par le temps et l’Exil) pour retracer l’Histoire. Une autre confirmation de ma folle théorie sur les Princesses porteuses d’Espoir. Je suis folle, peut-être, mais si c’est le cas, Anne-Laure Liégeois l’est avec moi !

Avec une certaine passion : Une autre entrevue passionnante, gracieuseté de notre Ange Fabrice Midal, j’ai nommé la démonstration que nous fait Marie de Hennezel de notre lien à l’Invisible. Ça dure un peu plus de 30 minutes, et vous y trouverez toutes les recettes que Marie de Hennezel nous partage pour rétablir notre rapport au Divin. Le lien a été perdu, mais pas pour tout le monde !

Le cœur de l’il et la responsabilité de l’entourage : Le Cœur de l’il est une association essentielle dont le modèle devrait être répliqué à l’infini. Dans cette trousse à outils à destination de « l’entourage des personnes auteures de violence », on a un condensé de solutions concrètes pour dégommer les barrières qui nous séparent de la réconciliation.

Anatomie de la bienveillance : Emmanuel Hirsch s’y connait, et pas qu’un peu, en éthique. Je ne listerai pas ici son pédigré, vous pouvez facilement le trouver. Ce que je vous envoie d’Emmanuel Hirsch c’est son livre Anatomie de la bienveillance, Réinventer une éthique de l’hospitalité, soit la table des matières et quelques pages qu’il nous offre gratuitement. Puisqu’on est vite amenées à se demander quoi faire, son livre répond aux questions : « Comment défendre les valeurs de la bienveillance ? Comment réaffirmer notre devoir de solidarité et d’hospitalité auprès des plus fragiles ? ».

Saga : Parmi tout ce que je dois à Radio France, il y a cette saga d’Ulysse tout bonnement génialissime. De belles histoires à écouter les doigts de pied en éventails. Et chaque fois qu’il est question de Pénélope, c’est le visage de Juliette Binoche qui apparaît. Le kiffe !

Lacrima : Je ne me lasserai pas de faire l’éloge de Caroline Guiela Nguyen et de son travail magistral avec sa pièce Lacrima. Le jeu d’acteurs est également phénoménal, évidemment ! Je vous joins une entrevue dans laquelle Caroline Guiela Nguyen explique sa méthode et le fond de ses intentions en montant cette pièce. Je vous en reparlerai, à vous en casser les oreilles !

Accessoire : Lorsqu’on parle en archétypes, on risque de perdre celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans le terme accolé à l’image. Si je vous parle de Reines, je sais que certaines d’entre vous se diront qu’il n’y a rien de royal dans ce qu’elles font. J’espère que vous vous détromperez en écoutant les 2’20’’ consacrées à Mariam al-Astrulabi. Elle a donné son nom à une invention essentielle dans « son industrie » : l’astrolabe. Mais puisqu’elle était Reine, elle ne s’est probablement pas offensée quand l’histoire l’a gommée. De toutes façons, ce n’était pas pour entrer dans la postérité qu’elle faisait tout ce qu’elle faisait. Elle nous répond certainement : sans rancune !

Mains tendues : Lorsque Marina Abramovic a ouvert les yeux sur son ancien amoureux, elle n’a pu se retenir de lui tendre les mains. Si j’ai bien compris, il y avait eu, fut un temps, de l’eau dans le gaz entre eux, et pas qu’un peu ! À voir la face qu’il fait, on dirait même que l’ancien amoureux avait deux ou trois petites choses à se reprocher. Puisqu’il est souvent question de l’effet bénéfique du temps laissé pour que retombe la poussière, Marina Abramovic nous démontre à quoi ça peut ressembler.

The killing of intuition : J’ai utilisé des gros mots dans ce rapport. J’ai notamment écrit que des gens avaient fini par tuer notre rapport à l’intuition. Je vous envoie un lien vers le livre Against the gods, the remarkable story of risk, de Peter L. Bernstein, d’où je tiens cette affirmation. Je ne crois pas que la version que je vous partage en accès libre ait payé ses dus à l’auteur, donc si le livre vous intéresse, je vous recommande d’en faire l’acquisition en bonne et due forme. Pour ma part, je vous en reparlerai dans de prochaines missives. C’est évidemment un très gros sujet, peut-être même le plus difficile à digérer.

Propension à savoir dire non : Moins cristallisant mais tout aussi pertinent, je vous partage la thèse de Rachel Papirakis qui parle des auditeurs (une catégorie de gens, dans la grande famille des comptables, qui se chargent de certifier les comptes, c’est-à-dire d’affirmer qu’on peut croire les chiffres qu’on y enregistre). Selon cette thèse, les auditeurs seront plus aptes à résister aux pressions qu’ils subissent de la part de leurs clients lorsque leur rapport à l’actualisation de soi est élevé. Dit autrement, Rachel Papirakis démontre que moins il aura pensé à son rapport au Divin, moins le comptable sera capable d’envoyer péter ceux de ses clients qui lui tordent le bras. Ça paraît anodin. C’est pourtant fondamental à comprendre. Les comptables ne sont pas les seuls à qui l’on met des coups de pression.

Sortant du puits : L’Affaire Dreyfus en est une qu’on continue d’enseigner. Fort heureusement. Je vous joins un lien vers l’exposition qui lui est consacrée au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (à Paris). Pour celles qui ne pourront pas voir l’exposition en personne, le site web regorge d’archives sublimes, incluant une reproduction de La Vérité sortant du puits, par Édouard Debat-Ponsan. Si j’avais voulu faire dans le sensationnalisme, je l’aurais mise en couverture, et on s’arracherait la bafouille comme des p’tits pains !

Missing sister : La Soprano Sonia Theodoridou et six de ses sœurs ont envoyé un message en se rendant près de la statue d’une de leurs sœurs disparues. Un sujet délicat, un camouflet à la fois doux et puissant.

Juste à temps pour profiter des dernières inventions de Gutenberg ! Pour celles à qui j’ai appris l’existence du torchon des marteaux, je vous transmets une émission de France Culture qui vous en parle mieux que moi. Tout y est : je n’ai rien inventé !

Écraser : Pour rebondir sur ma référence au Traité sur la tolérance de Voltaire, je vous joins une autre compilation de France Culture qui vous explique ce qui se cache derrière l’expression « Écraser l’infâme ». Les images et les propos sont difficiles à recevoir. J’ai pour ma part fermé les yeux face à plusieurs des scènes montrées, quoique furtivement, dans cette émission. C’est bien pour ça que je ne peux que m’estimer chanceuse que d’autres aient eu le courage de garder leurs yeux ouverts face à l’infâmie. Cela me donne le privilège de pouvoir préserver mon cœur, sans pour autant oublier l’ordre que Voltaire nous a fait : Écraser l’infâme !

Scientifically the most thorough treatment of the subject on planet earth : Lorsque son fils a été pris d’ulcères, Jennifer Fraser a eu le choix entre ignorer les causes probables du problème et révolutionner son monde. Puisqu’elle est Reine, Jennifer Fraser a fait ce que toute Reine ferait si placée dans les mêmes circonstances : aller au bout du problème, quitte à se mettre à dos beaucoup de monde, et immédiatement penser à des pistes de solutions vers la réconciliation.

Dans sa générosité, Jennifer Fraser ne s’est pas contentée de régler le sort de son fils, elle nous a aussi laissé un livre d’une importance capitale : The Bullied Brain, heal your scars and restore your health. Le neuroscientifique Michael Merzenich, à qui l’on doit le concept de neuroplasticité (soit le plus grand message d’Espoir aux cœurs traumatisés) en signe la préface et résume le livre par la phrase que je cite en titre. En plus de lire son livre, vous pouvez écouter n’importe lequel des témoignages de Jennifer Fraser, comme celui qu’elle a accordé au micro d’Andy Stumpf pour l’émission Cleared Hot. C’est en anglais, mais puisque vous travaillez le vôtre, ça ne devrait pas vous arrêter !

101 : Catherine Dorion casse tous les codes. Elle se pose aussi de grandes questions quant à l’Avenir et propose, avec son équipe du tonnerre, une formule théâtrale époustouflante avec Sciences Po 101. Si l’Avenir nous appartient, alors n’est-ce pas ensemble qu’il convient de l’imaginer ? C’est dans cet ordre d’idées que Catherine Dorion a le culot de demander au public de tout faire : elle, elle n’est là que pour nous écouter. Si ce n’est pas de l’humilité merveilleusement placée, je ne sais pas ce que c’est !

Leurs lois : L’expatriation, vous êtes nombreuses à l’avoir connue, mais pour une grande partie d’entre vous, ce sont vos ancêtres qui l’ont vécue, ou l’ont subie, c’est selon. Avec ce genre de question, il y a évidemment des multitudes de points de vue. L’expatriation que j’ai connue et dont je me targue ressemble à celle que Jean-Jacques Goldman incarne dans sa chanson Là-bas. Ce que lui chante Sirima, c’est ce qu’on m’a répondu. Je vous laisse donc la vidéo de leur chanson qui a donné du courage à tant d’âmes en quête de liberté. Je vous la mets en version vidéo pour que l’on n’oublie jamais à quel point Sirima était belle. Jean-Jacques Goldman nous montre un homme prêt à tout quitter, même la plus belle et la plus douce des femmes. Qu’on se rappelle à jamais qu’un immigrant a d’abord et avant tout dû quitter un territoire et des âmes qui lui étaient chères. Qu’on se permette des jugements quant à la noblesse de ses intentions, c’est une chose, qu’on ne se rende pas compte du prix déjà payé par l’Exil, c’en est une autre.

Détecteur à sirènes : Ruby Gillman, Teenage Kraken est un film qui nous montre précisément la limite entre nous et les Sirènes. Regardez-le avec vos Princesses et vos Princes.

The world always needs one : Si vos enfants sont un peu plus jeunes, Miraculous Ladybug and Cat Noir envoie un message tout autant porteur d’Espoir.

Stuck a thousand years : Les films Moana (ou Vaiana en Europe) nous rappellent de ne jamais nous fermer à la découverte des autres. Le deuxième film vous met même à l’honneur, mes chères Reines ! Que vous êtes belles !

Truth will set you free : Puisque Disney nous dit tout ce qu’on doit savoir, le film Wish: Asha et la Bonne Étoile regorge de réponses.

Le visage de ces hommes qu’il faut reconnaître : Chez nous, on l’appelle « le méchant monsieur ». Ce n’est pas de moi. Il est cet archétype d’hommes qui s’agglutinent autour de vos filles pour accaparer une partie de leurs privilèges. Les plus éhontés, comme celui qui séduit Anna de Arendelle, vont même jusqu’à prétendre que l’ensemble desdits privilèges leur est dû. Ne vous méprenez pas : les femmes aussi font ça ! Prétendants ou prétendantes, l’enjeu reste le même. Vos filles doivent connaître la couleur d’un Amour véritable. Ça tombe bien : Disney nous en donne à la pelle !

Aussi : je sais que cet enjeu, mes Reines, vous n’aviez pas besoin de moi pour le connaître. La Main de Fatma, le Nazar boncuk (ou œil bleu), les fées qui se penchent sur le berceau des Princesses, c’est toujours le même souhait : qu’on nous foute la paix ! Ce n’est donc pas pour vous que je me permets de rappeler ici l’étendue des hordes de guêpes qui vous entourent puisqu’il s’agit d’un point que j’avance dans ma théorie concernant le poids des privilèges sur les épaules de vos filles.

L’avantage d’avoir grandi dans les circonstances que j’ai connues, c’est que je n’ai jamais eu à douter du fait qu’un intérêt qui m’était porté me concernait moi et non pas mon papa, ma maman, ni tous les autres dont je relevais et à qui j’étais redevable. Les gens n’ont jamais eu rien d’autre à tirer de moi que mes beaux yeux, mes mains agiles et mes belles paroles. Devoir douter de la sincérité d’un Amour, il est peut-être là le plus grand drame.

Lava : Voici un test redoutable pour identifier les Harceleurs. Montrez ce mini film d’amour à un homme. S’il ricane et commence à se moquer du volcan, vous savez que vous avez affaire à quelqu’un qui est resté à un niveau très primaire de rapport à l’Amour. En revanche, si cet homme se met à brailler, ou au moins fait une mine sincère de quelqu’un qui s’est attendri, alors c’est certainement à un Ange que vous avez affaire. Par contre, ne dites pas la consigne avant de faire regarder le film : si c’est à un marteau que vous le montrez, le marteau prétendra mieux que quiconque qu’il ressent les émotions que vous encouragez.

Only to be with you: Tous les artistes des films Sing 1 et Sing 2 sont attachants. Je vous mets une vidéo de Scarlett Johansson en porc-épic chantant la plus grande des Vérités. Tout ce qu’on fait, c’est pour être avec ceux qu’on aime. Un point c’est tout.

Oruguitas : La chanson Dos Oruguitas du film Encanto a rafflé tous les prix. C’est parce que tout ce qui nous fait brailler en l’écoutant est à l’origine de la magie dont a hérité la famille Madrigual. Si vous y voyez un parallèle avec des retournements de situation en mode Deus ex machina, ce n’est certainement pas le fruit du hasard.

Quiet : Je reparlerai des Princesses, mais je ne peux pas m’empêcher d’ici là de vous partager une vidéo de celle qui incarne un personnage qu’en mon jeune temps je ne pouvais imaginer qu’en deux dimensions. Naomi Scott est sublime en Jasmine. Je ne pouvais pas rêver mieux !

Glaciers are rivers of ice : J’ai fait deux références à l’une des Princesses (devenue Reine) les plus connues de notre temps. Elsa de Arrendelle n’est pas seulement magnifique, elle et sa sœur sont aussi la preuve de tout ce que j’avance. Dans l’extrait que je vous joins, Elsa a enfin compris. Elle va encore se mettre dans le pétrin juste après, mais heureusement pour elle, sa sœur est là, comme toujours.

Exploration alternative : Dans ce rapport, je me permets de faire un lien qui en surprendra plus d’un. Le film The Sea Beast le fait aussi. Je leur ai peut-être même bien piqué l’idée ! The Sea Beast imagine ce qu’aurait pu être la période d’exploration des océans qui nous a fait tant de mal, si quelqu’un avait pu remettre à leur place ceux qui étaient aux manettes et ceux qui actionnaient ces manettes. Je ne vous vole aucun punch en vous disant que c’est peut-être bien une jeune fille qui aura le culot et l’ardeur de faire ça.

Éléphante : Il n’y a pas que les jeunes filles qui sont porteuses d’Espoir. Les jeunes garçons aussi, surtout lorsqu’ils recherchent des jeunes filles. Le film L’Éléphante du magicien nous le démontre à merveille.

Too kind isn’t too loving : Si Raya avait existé à l’époque de mes VHS, j’aurais brûlé de la tape à rembobiner frénétiquement le film jusqu’au début pour le regarder encore une fois, des millions de fois. Il se peut même que j’en serais tombée si éperdument amoureuse que j’en aurais fini par perdre tous mes moyens. Heureusement, donc, que Raya et le Dernier dragon n’est entré dans ma vie que récemment. On a évité un paquet de dommages, mais pour vous et vos jeunes, je le recommande et vous mets en garde : il y a de quoi tomber raide dingue !

À en pleurer : Je vous reparlerai de l’effet que vous faites autour de vous. Je vous l’ai promis, je ne vous laisserai pas sur votre faim. Mais en attendant, je vous envoie un extrait du film Élémentaire (de Disney, encore !) dans lequel vous verrez l’effet que la flamme a sur ce pauvre petit cœur d’eau. Lui peut éteindre la flamme bien malgré lui. Elle peut le faire partir en vapeur.

Tout y est : She-Rah and the Princesses of Power, série magistrale sur Netflix. Tout y est, point à la ligne.


 


 


Car cette femme porte en son sein

l’Espoir du Monde.

C’est ainsi que Marie a répondu oui à l’Appel,

Avec le peu d’information dont elle disposait,

Et malgré tout ce qu’elle savait du sort qui lui était réservé.

Nous avons dans le cœur d’aimer le Monde,

Avant-même qu’il n’arrive,

Quel que soit son visage.

Mektoub.

 

 

 ***

Sarah Catherine Megas, pour l'audace

Savato Kiriako, pour les images et les mots

 


[1] Titiou Lecoq, Les Grandes oubliées. Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes (2022)

[2] Carl Beam, Burying the Ruler, 1989

[3] Wajdi Mouawad, interview accordée au journal Le Monde, 8 juillet 1999

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