Les blessures complémentaires s’appellent

Les blessures complémentaires s’appellent

Ce n’est pas que les opposés s’attirent.

La friction suit la lumière

Laquelle trouve l’harmonie dans la complémentarité.

M&B.O.

Il est plutôt du genre désorganisé.

Elle est on-ne-peut-plus organisée.

Il est de ceux qui aiment challenger.

Elle est de celles qui savent démontrer.

 

Lui tout seul, il fait le quéqué

Elle toute seule, elle fait sa fraiche

Y’est pogné à n’en faire qu’à sa tête, et à s’éparpiller

Elle risque de se mettre le monde à dos, à force d’être

 

Elle, i.e. « comme elle est », sans lui à ses côtés

 

Elle a « besoin » d’être aimée par un homme « comme lui »

Non pas car « les opposés s’attirent »

Mais plutôt car « les blessures complémentaires s’appellent »

 

Et qu’en l’occurrence, ou en l’espèce, dans ce cas concret

Elle est son « match parfait », niveau sens de l’organisation

Et flexibilité, notamment. Il semble fait « pour elle » et fitter

« Parfaitement » « à ses yeux », dans leur complémentarité

 

RUNforrestRUN

 Elle n’a pas peur de lui, elle sait qu’il ne la blessera jamais

Pas comme son père, pas comme les hommes qu’elle a aimés

Il est dépourvu de la capacité d’incarner l’un des pêchers

Capitaux par lesquels les hommes peuvent être amenés

 

À blesser

 

Notamment les femmes qu’ils aiment, et celles par qui ils sont aimés

La jalousie & l’envie, il sait comment y résister : il n’espère de la vie que d’en être émerveillé

« C’est comme une boîte de chocolats », comme sa mère lui a inculqué

La luxure, laquelle commence au seul fait de se laisser tenter

 

À regarder

 

Il fait du mieux qu’il peut pour la contrecarrer, même quand elle chante nue, perchée

Derrière sa guitare, comme si de rien n’était : il regarde ailleurs et la couvre pour la protéger

 

 Elle n’a pas peur de lui, elle se sait avec lui en sécurité

Il n’a quant à lui face à elle aucune gêne à être « tel qu’il est »

En-dehors de sa mère, aucune femme n’a su le traiter

Avec respect, quand il était « tel qu’il est », i.e. sans l’humilier

Aucune autre femme que sa mère, à par Jenny, celle qu’il était destiné

À aimer, quand bien-même elle le repoussait, en invoquant le fait

Qu’il était « beaucoup trop gentil pour être à même » de l’aimer

Puisque Forrest avait assez d’arbres à sa forêt pour laisser Jenny en brûler

 

Jusqu’à ce que Jenny finisse par se dire qu’elle en avait eu assez

De passer sa vie à fuir l’homme qu’elle était destinée

À aimer non pas seulement « tel qu’il était », mais « pour qui il était »

Soit l’homme qui l’aurait défendu, s’il avait su, i.e. celui qui saurait la protéger

 

JBKO & JFK 

Il a passé sa vie à savoir qu’il était le second, jusqu’à perdre son grand-frère, à la guerre

Et passer au rang du premier, en une soirée

On lui inculque depuis qu’il est né : la discipline, l’humilité, le sens du tissé-serré

En lui signifiant, comme on signifiait et martelait à son frère, le premier

Qu’il avait quelque chose à réaliser : de quoi d’important, pour sa communauté

Il a le sens du devoir tatoué : sur le cœur, sur la peau, à chaque centimètre carré

 

Il a appris les bonnes manières, mais pas à se comporter

Comme un gentleman, un vrai de vrai, avec sa bien-aimée

Les ambitions qu’on avait placées sur ses épaules, dans son cœur, dans sa tête

Avant sa naissance, et après, l’inspiraient à tâcher de se comporter

Comme « un chic type », « un bon gars », « un bon parti »

 

Et toutes les filles du quartier, de la cité, de la contrée, à quelques choses près

Rêvaient d’être sa bienheureuse, ou celle qu’il choisirait pour « la marier »

Au milieu d’un ras-de-marrée de prétendantes, par centaines de milliers.

Parmi les stratégies employées pour le propulser, on a pendant un moment caché

Le fait qu’il était fiancé, à son âme jumelle inattendue, qu’il peinait encore à cerner

 

Elle s’est dit que c’était lui assez rapidement, il a mis quant à lui plus d’un été

À comprendre qui elle était, ce qu’elle incarnait, et ce pourquoi ils étaient faits

L’un pour l’autre, i.e. lui pour elle, et elle pour lui, pour l’éternité

Il s’est engagé à l’épouser et à être lié à elle par les liens sacrés

Du mariage, en l’occurrence sous le rite chrétien catholique, in the USA

Sans mesurer pleinement la valeur des parties de la Bible concernant la fidélité

Le respect, le soutien, et d’autres valeurs à partager, entre les époux, une fois mariés

 

Dans son histoire, dans ses circonstances,

Avec l’éducation qu’il avait reçue et les ambitions qu’on avait pour lui concoctées

Être un garçon de bon parti, attirait la compagnie

Il se faisait draguer depuis qu’il était tout petit

 

Il plaisait et le savait. Il avait des tickets avec « les filles du quartier »

Depuis belle lurette, comme qui dirait, alors la Mistinguett qu’on avait dégotée

Pour qu’elle devienne sa femme, i.e. pour qu’il ait le privilège de l’épouser

Il la prenait pour acquise, avant même qu’elle ne soit à lui unie pour la vie

C’était une de ses façons de faire le quéqué, tout en tâchant d’être « dans la vie »

« Un chic type », « un bon gars », « un bon parti »

 

Heureusement pour lui, Jacqueline Bouvier était elle aussi, « un bon parti »

Avec cette nuance, par rapport à son mari, que Jacqueline s’était investie

Dans la question critique et fondamentale de savoir pourquoi aimer son mari

Par sa Curiosité Surprenante, notamment quant à la question de savoir pourquoi aimer

Son mari, ses amis, les amis de son mari, la famille de son mari, les amis de la famille de son mari

Etc.

 

Jacqueline Bouvier avait sa vie durant, au fil des années, côtoyé

Toutes sortes de courants et d’idées concernant l’Amour, le vrai

En vivant, notamment, dans des environnements jouissant d’une réputation de qualité

Quant aux questionnements existentiels, comme la question de savoir pourquoi aimer

Elle trouvait des réponses à ses questions dans toutes sortes d’œuvres d’art, en français

En anglais, en format écrit, en format chanté, en format dessiné, en format photographié

Etc.

 

Jacqueline Bouvier s’était renseignée, pas peu près, et avait fini par décréter

Qu’être une épouse exemplaire pour son mari qu’elle adorait, ça ferait sa fierté

 

En d’autres termes, il tenait au cœur de Jacqueline Bouvier d’incarner

Des valeurs d’exemplarité envers son époux, comme lui devoir fidélité

Le trouver merveilleux, même quand il fait le quéqué, toujours être de son côté

En étant la plus fervente croyante des qualités de son bien-aimé

Qu’elle se voyait on-ne-peut-plus honorée d’épouser, dans les liens sacrés

Du mariage, en l’occurrence selon les traditions de la chrétienté

Agrémentées de toutes les formes d’inspiration qu’elle avait croisées

 

Au cours de ses études, au gré de ses voyages, à l’échelle de sa vie

Jusqu’à son mari, John Fitzgerald Kennedy (JFK), aussi appelé Jack Kennedy

 

Ce qui faisait Jack & Jackie !

 

Elle était faite pour lui, pas parce qu’il était un bon parti et que les filles du quartier

Voulaient être avec lui, tombaient amoureuses de lui, rêvaient de l’épouser

Etc.

Elle était parfaitement taillée, notamment pour empêcher JFK de trop faire le quéqué

Et avoir la patience et le courage de lui pardonner, chaque fois qu’il l’a prise pour acquise

En pensant au temps long, comme à l’éternité

Soit le fil sur lequel Jacqueline Bouvier savait danser

Dans la subtilité, autour de son mari, avec qui elle partageait toute une complicité

Qu’elle savait impressionner, sans faire le quéqué, qu’elle a laissé plus d’une fois bouche-bée

En étant « telle qu’elle était », soit Jacqueline Bouvier, agrémentée du fait qu’elle était mariée

À JFK.

 

 Atlantic Horseshoe Crabs

Ils ont connu les dinosaures, ont survécu au déluge, ont fini par ramper

Et pourtant, ils n’ont jamais plus évolué, après 450 millions d’années.

 

Ils ont développé une carapace avec laquelle se protéger

Des roches, des vagues, et de tout ce qui souhaitait les manger

Ils ont appris à vivre en groupe, sans jamais trop s’éloigner

De leurs congénères, sans pour autant les considérer

Comme du monde avec qui chercher à faire communauté

Ils se tiennent avec des crabes qui leur ressemblent, sans s’appeler

Papa, maman, conjoint.e, ami.e, voisin.e : faudrait quand-même pas abuser.

 

Ils s’aiment de loin, sans jamais se soucier, ni de l’état de la carapace d’à-côté

Ni de la nature et de l’étendue des sentiments de l’hôte de la carapace d’à-côté.

Et ce, après 450 millions d’années.

Les autres carapaces et leurs contenus, ils n’en ont pas grand-chose à faire, i.e. rien à taper.

Quand vient le temps de s’accoupler, soit quand se pose la question de faire des bébés

 

Ils font comme les hommes et les femmes faisaient, juste avant le déluge : sans discerner

T’es là.

Chu là.

Faq c’est ça.

 

Ils ne changent pas leur méthode, puisqu’elle marche depuis 450 millions d’années.

Elle n’a pas l’air de se plaindre. Ils ont l’air satisfaits. Pourquoi chercher à évoluer ?

Une carapace, douze pattes, autant de pincettes, et le titre de cousin des araignées.

Que demander de plus ? Pourquoi arrêter ? Comment faire autrement, mettons : des bébés ?

 

***

Pour nuancer une expression vieille d'on-ne-sait combien d'années

En espérant contribuer à ce que des âmes jumelles se reconnaissent et s'engagent

À se recoudre l'une à l'autre, notamment dans la fidélité et dans la complémentarité

Offert gracieusement par SCM-SK 

 

 

 

 

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